Cuisine étudiante : 10 recettes canon à moins de 5€ pour survivre en coloc
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Cuisine étudiante : 10 recettes canon à moins de 5€ pour survivre en coloc

Finis les pâtes au ketchup ! Avec 5€ et quelques astuces, vous pouvez préparer des repas savoureux : du gratin dauphinois au riz cantonais. Découvrez 10 recettes canon, l'équipement minimal indispensable et l'organisation du batch cooking en coloc...

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On le connait tous ce moment de découragement absolu devant le frigo grand ouvert. Il est 19h30, la longue journée de cours ou de stage vient enfin de s'achever, et là, face à vous, le néant. Ou presque : trois bières tièdes datant de la dernière soirée, une tomate qui a visiblement vu des jours meilleurs et un reste de fromage sec qui ressemble à un caillou. La tentation est immense de sortir le téléphone pour commander un burger calorique ou une pizza industrielle, mais votre compte en banque, lui, n'est pas du même avis. Pas de panique : Gourmandise, ou la cuisine pour les nuls existe précisément pour transformer ce désespoir culinaire en véritable opportunité de se régaler sans exploser le budget.

La cuisine en colocation, c'est un sport de combat. Entre les emplois du temps décalés, les kitchenettes minuscules et l'équipement souvent sommaire, on comprend vite pourquoi tant d'étudiants finissent par se rabattre sur les plats surgelés sans saveur ou les sempiternelles pâtes au beurre. Pourtant, avec quelques astuces malignes et un budget ridiculement bas de 5€, il est parfaitement possible de préparer des repas savoureux, équilibrés et surtout conviviaux pour toute la maison. Oubliez la malbouffe, voici comment faire de votre cuisine un allié et non une corvée.

Vue de dessus d'une petite cuisine étudiante exiguë avec plan de travail encombré : une poêle contenant un repas simple, quelques ingrédients de base (oignons, pommes de terre, œufs), et un téléphone posé à côté, éclairage naturel de fin de journée par une fenêtre

Adieu pâtes au ketchup : changer la donne en cuisine pour 5€

Le syndrome de la kitchenette : entre survie et résignation

Reconnaissons-le honnêtement : la cuisine étudiante, c'est souvent un terrain miné. Vous ouvrez le placard, et le spectacle est accablant. Trois paquets de pâtes entamés dont on ignore la date d'ouverture, du riz qui semble là depuis la précédente décennie, et ces fameuses sauces tomates industrielles qui traînent au fond depuis la rentrée. Le frigo n'est guère plus glorieux : un restant de jambon séché, des condiments assortis et, si vous avez de la chance, peut-être un ou deux légumes oubliés qui commencent à flétrir tristement dans le bac.

Cette situation n'est pas une fatalité personnelle, mais le reflet d'une réalité structurelle bien connue. Les kitchenettes de cités universitaires et des appartements étudiants ont été conçues pour le strict minimum : une plaque électrique capricieuse qui chauffe par à-coups, un micro-ondes dont la puissance s'érode avec le temps, et un espace de rangement si restreint qu'il est optimisé pour personne en particulier. Ajoutez à cela des emplois du temps chargés entre cours magistraux, travaux dirigés, révisions intensives et peut-être un job étudiant à mi-temps, et vous comprendrez pourquoi la motivation culinaire s'évapore aussi vite que l'eau d'une casserole oubliée sur le feu vif.

La fatigue post-cours joue un rôle déterminant dans cette dynamique de résignation. Après six heures d'amphi intensif ou une journée de stage éprouvante, l'envie de passer trente minutes derrière les fourneaux s'effondre drastiquement. Le cerveau, en manque d'énergie rapide et de motivation, cherche la solution de moindre effort. Les pâtes au ketchup deviennent alors le symbole de cette résignation alimentaire, un aveu d'impuissance face aux contraintes du quotidien étudiant.

Briser le cercle vicieux des repas automatiques

Le problème majeur avec les repas automatiques — pâtes répétitives à l'infini, plats surgelés industriels sans âme, sandwichs avalés en vitesse devant un écran — ne réside pas uniquement dans la qualité nutritionnelle, bien que ce soit un point crucial. C'est aussi une question de moral et de qualité de vie globale. Manger devient une corvée utilitaire, un passage obligé dépourvu de tout plaisir ou de sens. On s'alimente pour survivre, sans vraiment se nourrir, et progressivement, on perd le goût de cuisiner, de découvrir de nouvelles saveurs, de partager un moment.

Pourtant, il existe une alternative concrète et accessible à ce cercle vicieux, et elle commence par un simple changement de perspective. Plutôt que de voir la cuisine comme une contrainte supplémentaire qui s'ajoute à votre liste de tâches déjà interminable, pourquoi ne pas l'envisager comme une pause bienveillante dans une journée survoltée ? Ce temps passé derrière les fourneaux peut devenir un moment de décompression, une activité presque méditative qui permet de déconnecter des stress universitaires tout en créant quelque chose de concret et de satisfaisant.

La bonne nouvelle, c'est que briser ce cycle ne nécessite ni un équipement coûteux ni des compétences de chef étoilé. Avec un budget de 5€ — soit le prix de deux cafés en centre-ville — vous pouvez préparer des repas qui changent littéralement la donne. Pas des plats gastronomiques dignes d'un guide Michelin, mais des préparations savoureuses, équilibrées et surtout bien plus gratifiantes que ces éternelles pâtes au ketchup qui hantent vos soirées.

Le pouvoir d'un petit budget bien utilisé

La clé de cette transformation réside dans l'art d'optimiser chaque centime dépensé. Contrairement aux idées reçues qui ont la vie dure, manger bon marché ne signifie pas obligatoirement mal manger. Les cultures du monde entier ont développé des traditions culinaires fabuleuses à partir d'ingrédients modestes et peu onéreux. Pensez aux plats de légumineuses méditerranéens, aux ragoûts paysans français robustes, aux currys végétariens indiens épicés ou aux sautés asiatiques. Toutes ces cuisines partagent un point commun essentiel : elles transforment des produits simples et accessibles en expériences gustatives mémorables.

Pour l'étudiant ou le jeune actif en colocation, cette philosophie prend tout son sens. Un kilo de lentilles sèches coûte environ 1,50€ en grande surface et permet de préparer l'équivalent de huit à dix repas complets et nourrissants. Ajoutez quelques légumes de saison achetés sur le marché à la fermeture, un oignon, un peu d'ail et des épices basiques, et vous obtenez un dal indien réconfortant ou un ragoût français satisfaisant. Le même investissement financier dans des plats surgelés ou des commandes de livraison ne couvrirait qu'une fraction infime de ces repas, avec une qualité nutritionnelle et gustative nettement inférieure.

La trousse de survie du débutant : ingrédients stars et équipement minimal

Les 5 alliés prix mini qui sauvent tous les repas

Avant de se lancer dans la confection des recettes, il est crucial de faire les courses intelligemment. Certains ingrédients méritent une place de choix dans votre placard, car ils offrent le meilleur rapport qualité-prix-polyvalence possible. Ces bases constituent les piliers d'une cuisine économique qui vous sortiront de toutes les situations, même les plus désespérées en fin de mois.

Gros plan en vue de dessus des cinq ingrédients essentiels disposés en cercle sur une table en bois : pommes de terre terreuse, riz blanc dans un bol en verre, trois œufs bruns, deux oignons dorés, et plusieurs gousses d'ail, éclairage chaud naturel

Les pommes de terre sont probablement l'aliment le plus sous-estimé de la cuisine étudiante. À moins d'un euro le kilo en période de récolte, elles se déclinent en une infinité de plats : gratins, frites maison, purées onctueuses, salades composées, soupes veloutées ou simplement rôties au four avec un peu d'huile d'olive. Elles se conservent plusieurs semaines dans un endroit frais et sec, ce qui évite le gaspillage incessant. Leur atout majeur ? Elles calent véritablement l'estomac et peuvent servir d'accompagnement, de plat principal ou de base pour une quiche rustique.

Le riz blanc basique ou complet coûte environ 1,50€ le kilo et permet de réaliser des dizaines de plats différents. Riz cantonais salvateur, risottos simplifiés, accompagnements de currys ou de ragoûts, bowls végétariens healthy : les possibilités sont infinies. Cuit à l'avance en grande quantité et conservé au frigo, il se transforme en base parfaite pour les recettes sautées du lendemain, ce qui en fait un allié de taille pour les organisateurs.

Les œufs constituent la protéine animale la plus abordable du marché. À moins de 2€ la boîte de six, ils enrichissent n'importe quel plat : omelettes gourmandes, quiches rapides, cakes salés, ou simplement pochés sur un lit de légumes sautés. Leur date de péremption généreuse permet de les stocker sans stress, et leur polyvalence culinaire en fait l'allié numéro un de la cuisine de débrouille. On peut les manger au petit-déjeuner, au déjeuner ou au dîner sans jamais s'en lasser.

Les oignons et l'ail sont les véritables moteurs de saveur de votre cuisine. Pour quelques centimes d'euros, ils transforment un plat fade et sans intérêt en création savoureuse et complexe. À conserver dans un endroit sec et aéré, ils accompagnent littéralement toutes vos préparations et apportent cette touche de goût incomparable qui fait la différence entre un repas triste et un plat réconfortant qui réchauffe le cœur.

S'équiter sans se ruiner : ce dont on a vraiment besoin

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les influenceurs culinaires sur les réseaux sociaux, vous n'avez pas besoin d'une cuisine équipée comme un restaurant étoilé pour bien manger. En colocation, l'espace est compté et le budget est souvent serré. Voici l'équipement strictement indispensable pour réaliser toutes les recettes de cet article sans encombrer la pièce.

Une bonne poêle antiadhésive de 28 cm fera 90% du travail. Elle permet de cuire les œufs, saisir les viandes, faire revenir les légumes sautés et même cuire certains pains ou pizzas maison. Investissez dans une qualité correcte qui durera plusieurs années plutôt que dans du premier prix à changer tous les six mois car le revêtement s'écaille. C'est probablement votre meilleur investissement culinaire sur le long terme.

Une casserole de taille moyenne, idéalement avec un couvercle, complétera votre duo de base pour les pâtes, le riz, les soupes et les sauces. Là encore, privilégiez la qualité à la quantité. Une seule casserole en inox ou en fonte légère suffit si elle est bien choisie et qu'elle diffuse bien la chaleur.

Un plat allant au four vous ouvrira les portes des gratins dauphinois, des quiches et des autres préparations réconfortantes. Si votre colocation ne dispose pas de four, pas de panique : la poêle peut remplacer le four pour de nombreuses recettes, notamment les pizzas et certaines tartes. La cuisine à la poêle est tout à fait possible pour la plupart des préparations, il faut juste savoir s'adapter.

Un couteau qui coupe vraiment change littéralement la vie en cuisine. Inutile d'acheter un bloc complet de quinze lames, un seul bon couteau de chef ou un couteau d'office bien aiguisé suffit pour émincer, couper et préparer tous vos ingrédients. Vos doigts vous remercieront d'avoir investi dans une lame qui tranche proprement sans forcer, ce qui rend la tâche beaucoup plus agréable et rapide.

L'astuce des courses groupées en coloc

Une stratégie souvent négligée par les étudiants consiste à mutualiser les achats avec ses colocataires. Plutôt que d'acheter individuellement de petites quantités à prix unitaire élevé, regroupez-vous pour acheter en gros. Un sac de 5 kg de riz revient nettement moins cher au kilo qu'un paquet de 500 g. Même logique pour les pâtes, l'huile, les conserves ou les légumes de saison sur le marché.

Cette approche présente un double avantage : elle réduit significativement le coût par repas et elle incite à cuisiner ensemble. Quand on a investi collectivement dans les ingrédients, la motivation à les utiliser intelligemment augmente proportionnellement. C'est ainsi que des colocations transforment progressivement leurs habitudes alimentaires, passant de la commande individuelle au repas partagé économiquement avantageux.

10 recettes canon pour survivre en coloc

Voici le cœur de votre stratégie de survie. Dix recettes infaillibles, testées en condition réelle de kitchenette, qui ne nécessitent que des ingrédients de base et un budget minimal.

1. Le Gratin Dauphinois : le monument à 0,60€

Le roi indiscutable des plats familiaux économiques. Avec un kilo de pommes de terre (environ 1€), un demi-litre de lait (0,60€), de l'ail, du sel, du poivre et un peu de muscade, vous nourrissez quatre personnes à se régaler. Si vous souhaitez le rendre plus gourmand, ajoutez un peu de fromage râpé. Le secret réside dans la cuisson lente et douce : enfournez à 180°C pendant au moins 45 minutes pour obtenir une texture fondante à souhait. C'est le plat réconfort par excellence, parfait pour les soirées d'hiver.

Plat de gratin dauphinois doré et crémeux sortant du four, surface avec croisillons dorés, vu en plongée avec une cuillère en train de servir une portion, vapeur s'échappant, lumière chaleureuse de fin d'après-midi

2. La Quiche Légumes de Saison : l'astuce anti-gaspi

La quiche est l'amie de la fin de mois difficile. Utilisez une pâte à toute farine (ou achetez une pâte brisée toute prête pour gagner du temps) et battez 4 à 6 œufs avec de la crème fraîche ou du lait. Pour la garniture, ouvrez le frigo : cette courgette un peu flétrie ? Les restes de brocolis ? Les deux derniers champignons ? Tout y passe ! Une fois les légumes revenus à la poêle avec un oignon, versez-les dans le moule, ajoutez le mélange liquide aux œufs, et enfournez 30 minutes.

3. Le Riz Cantonais au Jambon : le reste sublimé

Le riz cantonais est la recette ultime pour utiliser le riz cuit de la veille. Dans une poêle chaude avec un filet d'huile, faites revenir un oignon haché et des dés de jambon (ou de restes de poulet). Ajoutez ensuite votre riz froid. Creusez un puits au centre et cassez un œuf, mélangez vivement pour que l'œuf cuise en morceaux. Terminez avec des petits pois surgelés et un filet de sauce soja. C'est prêt en moins de 10 minutes et ça change totalement du riz nature.

4. L'Omelette Pomme de Terre : l'arme fatale

Oubliez l'omelette classique simple. Pour un repas qui cale vraiment, tranchez deux pommes de terre en fines lamelles et faites-les revenir à la poêle avec de l'huile d'olive jusqu'à ce qu'elles soient tendres et dorées. Ajoutez un oignon émincé si vous en avez. Dans un bol, battez 3 ou 4 œufs avec du sel et du poivre. Versez sur les pommes de terre et laissez cuire doucement. Servez avec une salade verte pour un dîner complet à moins de 1,50€ le plat.

5. Le Hachis Parmentier Veggie : la viande sans se ruiner

Le hachis Parmentier est souvent perçu comme un plat à base de viande, mais il est encore plus économique ( et tout aussi bon) avec des lentilles. Préparez votre purée de pommes de terre maison avec un peu de lait. Pour la viande, faites revenir un oignon avec des carottes en dés, et ajoutez une boîte de lentilles vertes (ou des lentilles déjà cuites). Nappez de sauce tomate ou un peu de bouillon, et couvrez de purée. Un peu de fromage râpé sur le dessus et 20 minutes au four suffisent pour un régal complet.

Assiette blanche avec une part généreuse de hachis parmentier végétarien, purée de pommes de terre dorée sur le dessus avec des traces de fourchette, légumes colorés en dessous, cuillère posée à côté, nappe à carreaux rouge et blanc

6. Les Lasagnes au Thon : la surprise financière

Les lasagnes à la bolognaise sont classiques, mais leur version au thon est bien plus économique et très appréciée. Mélangez une ou deux boîtes de thon égoutté avec une sauce tomate maison (ou en bocal) et quelques légumes en dés (poivrons, épinards). Alternez couches de pâtes à lasagnes, de sauce thon, et de béchamel simplifiée (beurre, farine, lait). C'est un plat qui se partage généreusement et réchauffe très bien le lendemain.

7. Le Cake au Thon et Olives : le compagnon de semaine

Le cake salé est la solution idéale pour les déjeuners sur le pouce ou les dîners flemmards. Dans un saladier, mélangez 200g de farine, un sachet de levure, 3 œufs, 10cl d'huile, et 10cl de lait. Ajoutez ensuite les "garnitures" : une boîte de thon, des olives vertes, des dés de poivron, du fromage râpé... Tout ce qui traîne ! Versez dans un moule et enfournez 40 minutes. Dégustez tiède avec une salade ou froid le lendemain au déjeuner.

8. La Soupe de Légumes "Tout-Reste"

La soupe est le repas le moins cher qui existe, pour peu que l'on sache l'habiller. Prenez tous les légumes qui commencent à s'abîmer dans le bac à légumes : oignons, carottes, poireaux, navets, courgettes. Épluchez, coupez en gros morceaux et faites revenir dans un peu d'huile. Couvrez d'eau, ajoutez un bouillon de cube (ou des épices) et laissez cuire 30 minutes. Une fois les légumes tendres, mixez le tout. Servez avec du fromage râpé ou des croûtons de pain rassis.

9. Les Pâtes à la Sauce Crème et Champignons

Oubliez la sauce tomate basique. Pour un effet "grande cuisine" à deux balles, faites revenir des champignons de Paris (ou des champignons en conserve si le budget est vraiment serré) dans une poêle avec un peu d'ail. Une fois dorés, ajoutez de la crème liquide (ou un mélange de lait et maïzena) et laissez mijoter 5 minutes. Ajoutez du fromage râpé pour une texture filante. Versez sur des pâtes cuites et parsemez d'herbes fraîches si vous en avez. C'est un plat réconfortant au possible.

10. La Pizza à la Poêle : le Four Impossible

Pas de four ? Pas de problème. La pizza à la poêle est une révélation pour les étudiants en kitchenette. Étalez une pâte à pizza (faite maison ou du commerce) dans une grande poêle huilée et chaude. Garnissez-la avec de la sauce tomate, du fromage râpé, et ce que vous avez sous la main (jambon, thon, légumes). Couvrez et laissez cuire à feu moyen-doux 10 à 15 minutes, jusqu'à ce que la pâte soit dorée et le fromage fondu. C'est croustillant, rapide, et cela permet d'économiser le prix de la livraison.

Pizza ronde dans une poêle antiadhésive noire, garnie de tomates, fromage fondu et herbes, vue de dessus avec main tenant la poignée de la poêle, bord croustillant visible, surface texturée

L'art du batch cooking entre colocataires : organiser son dimanche

Cuisiner en grande quantité pour économiser du temps

Le batch cooking ou cuisson en lots n'est pas une simple tendance Instagram réservée aux parents hyper-organisés. C'est une véritable stratégie de survie pour les étudiants et jeunes actifs débordés par le rythme effréné de la semaine. Le principe est simple et redoutablement efficace : consacrer deux heures le dimanche à préparer les bases de repas pour toute la semaine à venir. Cette méthode permet de maîtriser parfaitement son budget courses tout en évitant les commandes de dernière minute ruineuses.

Pourquoi le dimanche ? Parce que c'est généralement le jour où l'on dispose de plus de temps et d'énergie mentale. En préparant à l'avance, vous éliminez la question existentielle du « qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » qui hante chaque fin de journée de semaine harassante. Fini la tentation de commander parce que vous n'avez ni le temps ni la motivation de cuisiner après une longue journée épuisante de cours ou de travail.

Concrètement, le batch cooking consiste à préparer en grande quantité les éléments qui prendront du temps en semaine. Cuire deux kilos de riz ou de pâtes d'un coup, éplucher et couper les légumes pour plusieurs jours, préparer des sauces maison, assembler des plats complets prêts à être réchauffés. Le tout se conserve au réfrigérateur pour deux ou trois jours ou au congélateur pour plus de durée, prêt à être dégusté en quelques minutes seulement.

L'économie n'est pas seulement temporelle, elle est aussi financière. En achetant vos ingrédients en plus grande quantité, vous bénéficiez souvent de tarifs dégressifs ou des promotions "multipacks". Les légumes de saison en vrac coûtent moins cher que les barquettes toutes préparées et emballées. La viande achetée en gros et congelée par portions individuelles revient moins cher que les petites barquettes du quotidien. C'est mathématique : le batch cooking fait baisser significativement votre budget alimentation global.

La répartition des tâches : qui épluche, qui lave ?

La véritable magie du batch cooking en colocation, c'est sa dimension collective et sociale. Plutôt que de cuisiner seul dans son coin en râlant, pourquoi ne pas transformer ce moment en activité partagée ? Chacun apporte ses compétences et ses ingrédients, et tout le monde en profite. C'est l'occasion idéale de souder les liens entre colocataires autour d'un objectif commun : bien manger sans se ruiner.

Instaurez un rituel du dimanche après-midi. Pendant que l'un épluche les légumes en discutant de sa semaine, l'autre gère les cuissons et surveille les plats au four, et le troisième range et nettoie au fur et à mesure. Non seulement le travail avance deux fois plus vite, mais c'est aussi l'occasion de passer un moment convivial et détendu entre colocataires. Mettez de la musique, partagez vos recettes préférées, faites de ce moment un rituel de vie commune qui transforme la corvée en plaisir partagé.

Quatre jeunes adultes autour d'une petite table de cuisine, riant et préparant ensemble, légumes coupés en dés sur planches à découper, plusieurs contenants en plastique transparent remplis de repas préparés sur le plan de travail, ambiance conviviale de dimanche après-midi, lumière naturelle

Prenons l'exemple concret de la quiche aux légumes de saison. Cette recette unique peut nourrir quatre personnes pour moins de 5€ au total si chacun contribue intelligemment. L'un apporte les œufs frais du marché, l'autre apporte les légumes de saison qui traînent, le troisième apporte un peu de fromage râpé et le dernier la pâte (ou les ingrédients pour la faire maison facilement). En une heure de préparation collective et conviviale, vous obtenez un repas complet et chaud pour le dimanche soir, plus des parts à conserver pour les déjeuners de la semaine.

L'organisation du frigo et des conservations

Une fois les repas préparés, l'organisation du stockage devient cruciale pour éviter le gaspillage. Investissez dans des boîtes hermétiques de différentes tailles qui s'empilent facilement. Étiquetez chaque contenant avec son contenu et sa date de préparation. Cette discipline anodine permet de visualiser rapidement ce qui reste disponible et d'éviter les oublis au fond du frigo qui finissent à la poubelle.

Le congélateur devient votre meilleur allié pour les préparations qui ne seront pas consommées dans les trois jours. Les soupes, les sauces bolognaise, les portions individuelles de lasagnes ou de hachis Parmentier se congèlent admirablement bien. Préparez des portions individuelles dans des sacs de congélation ou des barquettes réutilisables. Ainsi, chacun peut piocher selon ses besoins sans décongeler l'intégralité d'un plat familial.

Conclusion : transformer sa cuisine en véritable atout coloc

L'épicerie solidaire : l'option à ne pas négliger

Malgré toutes les astuces de débrouille et les recettes économiques du monde, il arrive que la fin du mois soit particulièrement rude et que le budget alimentation tombe à zéro. Dans ce cas, il ne faut surtout pas avoir honte et se laisser aller à ne rien manger. Il existe des structures d'aide et de solidarité spécifiquement conçues pour accompagner les étudiants en difficulté.

En France, les Restos du Cœur proposent des distributions de denrées alimentaires saines et variées. De nombreuses épiceries solidaires ont vu le jour ces dernières années dans les grandes villes universitaires, permettant d'accéder à des produits frais à prix symboliques en échange de quelques heures de bénévolat ou d'une adhésion modeste. N'oubliez pas non plus les dispositifs mis en place par le CROUS, comme les repas solidaires à 1€ ou les distributions d'aides alimentaires. Demander de l'aide est un acte de responsabilité envers soi-même pour pouvoir continuer à étudier et vivre correctement, et non un signe de faiblesse.

Cuisiner ensemble, c'est vivre ensemble

Au-delà de l'aspect purement budgétaire, la cuisine en colocation est un puissant vecteur de lien social. Transformer la préparation du repas d'une corvée solitaire en une activité collective change radicalement l'ambiance de l'appartement. C'est l'occasion de se raconter sa journée, de rire ensemble, de créer des souvenirs, et surtout de régler les éternelles disputes sur la vaisselle en rendant le moment agréable pour tout le monde.

Quand chacun participe, même modeste, à l'effort commun, le sentiment d'appartenance au logement se renforce. On passe d'un groupement d'individus qui se croisent dans le couloir à une véritable équipe qui s'entraide. Les recettes présentées ici ne sont que des outils pour atteindre cet objectif. En les adaptant, en les partageant et en les améliorant ensemble, vous ferez bien plus que économiser de l'argent : vous créerez une maison où il fait bon vivre, même avec un budget étudiant.

En résumé, survivre en colocation avec 5€ n'est pas un mythe, c'est une réalité accessible à tous. Cela demande un peu d'organisation, de la créativité et l'envie de prendre soin de soi et des autres. Alors, la prochaine fois que vous vous retrouverez face à ce frigo vide, ne désespérez pas. Sortez l'oignon, les pommes de terre et les œufs, et commencez à cuisiner votre prochaine bonne surprise.

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Quentin Dubot @life-hacker

Je suis le roi de la débrouille. Tu veux économiser sur ton abonnement téléphone ? J'ai un hack. Ton appart est mal rangé ? J'ai un système. Originaire de Clermont-Ferrand, je travaille comme assistant administratif mais ma vraie vocation, c'est d'optimiser la vie des gens. Mes guides sont ultra-pratiques, étape par étape, avec toutes les astuces que j'ai testées moi-même. Le bon plan, c'est ma religion.

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