Pile de DVDs usés avec des rayures visibles sur la surface, posés à côté d'un ordinateur portable ouvert sur un écran sombre, lumière douce de bureau
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Convertir un DVD en DivX ou Xvid : guide complet 2026

Préservez vos DVDs avec le codec Xvid : cadre légal, choix entre DivX et Xvid, réglages à 1500 kbps, et tutoriels VLC ou DVDFab pour un fichier .avi parfait.

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Entre les catalogues de streaming qui se vident sans crier gare et les disques physiques qui vieillissent mal, la conversion de DVDs en fichiers numériques reste une démarche bien plus pertinente qu'elle n'y paraît. Le codec DivX, et son alter ego open-source Xvid, permettent de réduire un film de plusieurs gigaoctets à un fichier compact de 700 Mo tout en conservant une qualité d'image remarquable. Ce guide détaille chaque étape du processus, du choix du codec aux réglages de débit, en passant par le cadre légal français et la sélection des outils adaptés à votre situation.

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Pourquoi ripper un DVD en DivX en 2026 alors que le streaming règne

L'argument le plus fréquent contre le rip de DVD est simple : à l'ère de Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video, pourquoi s'embêter avec des disques physiques ? La réponse tient en un mot : la pérennité. Les plateformes de streaming ne sont pas des bibliothèques. Ce sont des loueurs de droits de diffusion qui négocient des licences temporaires. Un film disponible aujourd'hui peut disparaître demain, et aucune notification ne vous préviendra de son départ. Le format DivX n'a rien d'un outil de piratage : il s'agit d'un format d'archivage personnel qui vous redonne le contrôle sur votre propre collection.

Des films qui disparaissent des plateformes sans prévenir

Les cas de retraits de catalogues sont légion. Des séries cultes comme The Office ou des films majeurs ont quitté des plateformes suite à des conflits de droits entre studios. Lorsqu'un titre quitte le streaming, il ne reste souvent aucun moyen légal de le visionner si l'on ne possède pas le support physique. C'est ici que le rip en DivX prend tout son sens. Le codec DivX parvient à compresser la vidéo à environ 10 % de la taille originale du DVD sans perte de qualité perceptible par l'œil humain. Un film qui occupe 7 à 8 Go sur un disque se retrouve dans un fichier de 700 Mo à 1 Go, facilement stockable sur un disque dur, un NAS ou une clé USB. Pour aller plus loin sur ce format, vous pouvez consulter notre page Tout sur le DivX.

Le DVD rayé : quand la copie privée devient une nécessité matérielle

Le support DVD est intrinsèquement fragile. Une rayure sur la face lisible, un délaminage de la couche réfléchissante, ou simplement l'usure liée aux multiples lectures dans un lecteur mécanique suffisent à rendre un disque illisible. Contrairement à une idée reçue, les DVDs ne durent pas éternellement. Le polycarbonate se dégrade avec le temps, et les disques gravés soi-même sont encore plus vulnérables que les pressages commerciaux. Créer une copie numérique de son DVD original est un acte de préservation matérielle. D'autant que l'article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle français autorise précisément cette sauvegarde, sous certaines conditions que nous détaillerons plus loin dans cet article.

De Jérôme Rota au MPEG-4 : le codec qui a fait trembler Hollywood

Comprendre d'où vient le DivX, c'est comprendre pourquoi ce format a marqué l'histoire de la vidéo numérique. Contrairement au MP3 qui a eu une trajectoire relativement linéaire, le DivX est né dans la contestation et la dérision, porté par un développeur français dont le travail a bouleversé les habitudes de consommation vidéo bien avant l'apparition de YouTube ou de Netflix. Le codec a ouvert la voie au partage vidéo en ligne en démontrant qu'un film de qualité DVD pouvait tenir sur un simple CD-R de 700 Mo.

Un nom né d'une blague sur un échec commercial

L'histoire du nom DivX est un des anecdotes les plus savoureuses de l'histoire de la technologie. À la fin des années 1990, le détaillant américain Circuit City a lancé un système appelé DIVX (Digital Video Express). Le concept : vendre des DVDs à bas prix mais limités à 48 heures de lecture, le consommateur devant payer un supplément pour chaque visionnage ultérieur. Ce système de location verrouillée a été un fiasco retentissant, les consommateurs refusant un modèle qui les privait de la propriété de leur achat. Jérôme Rota, un développeur français basé à Montpellier, a alors récupéré ce nom par pure dérision pour baptiser son codec de compression vidéo ouvert et gratuit. Le symbole était fort : un format libre prenait le nom d'un système fermé qui avait échoué.

La technologie derrière la compression : estimation de mouvement et quantification

Sur le plan technique, le DivX repose sur le standard MPEG-4 Part 2 (aussi appelé MPEG-4 ASP pour Advanced Simple Profile). Il s'agit d'un codec à compression avec perte, ce qui signifie qu'une partie des informations visuelles est éliminée de manière irréversible pour réduire la taille du fichier. Les deux techniques clés sont l'estimation de mouvement et la quantification. L'estimation de mouvement analyse les images successives et ne stocke que les différences entre elles plutôt que chaque image complète. La quantification réduit la précision des coefficients de fréquence spatiale, sacrifiant les détails les moins visibles. Le résultat est spectaculaire : les fichiers VOB bruts d'un DVD, qui pèsent plusieurs gigaoctets, sont transformés en fichiers AVI compacts. Pour replacer cette histoire dans son contexte, notre article Bienvenue dans le monde du DivX ! retrace cette époque en détail.

DivX ou Xvid : lequel de ces deux codecs frères choisir pour votre rip

Maintenant que l'histoire est posée, il faut trancher sur une question pratique incontournable avant de lancer la moindre conversion : DivX ou Xvid ? Ces deux codecs partagent le même standard MPEG-4 et produisent tous les deux des fichiers au format .avi, lisibles sur la quasi-totalité des appareils grand public. Mais ils diffèrent sur des points qui ont une importance réelle pour l'archivage de qualité.

Xvid, le clone open-source qui a surpassé son modèle

Le DivX originel était open-source, mais ses créateurs ont rapidement bifurqué vers un modèle propriétaire avec la version 4. Une partie de la communauté de développeurs a alors repris le code ouvert de la version 3 et a créé Xvid (DivX écrit à l'envers). Xvid est un encodeur entièrement open-source, distribué sous licence GPL. Au fil des années, la communauté Xvid a optimisé le code au point de surpasser le codec propriétaire dont il est issu. Le résultat est sans appel : Xvid offre une meilleure qualité vidéo à débit équivalent, avec des artefacts de compression moins visibles, notamment dans les scènes complexes ou les gradients de couleur. La contrepartie est une vitesse de compression légèrement inférieure à celle du DivX propriétaire, mais cet inconvénient est négligeable avec le matériel actuel.

Pourquoi Xvid est le choix par défaut en 2026 pour l'archivage

En 2026, la recommandation est claire : privilégiez Xvid pour vos rips de DVD personnels. Les raisons sont multiples. D'abord, le rapport qualité/taille est objectivement meilleur qu'avec DivX. Ensuite, Xvid est reconnu nativement par la quasi-totalité des lecteurs multimédias, des téléviseurs, des lecteurs DVD de salon compatibles DivX et des systèmes d'exploitation, sans nécessiter l'installation d'un codec propriétaire tiers. Enfin, le caractère open-source garantit une pérennité du format : il n'y a aucun risque qu'une entreprise décide un jour de retirer le codec du marché. Pour approfondir les bases pratiques, notre guide Le divx facile peut vous aider à vous familiariser avec l'écosystème.

Les fichiers .avi : une compatibilité qui reste universelle

Un point souvent sous-estimé : le choix du conteneur. DivX et Xvid utilisent majoritairement le conteneur AVI, un format vieux de plus de trente ans mais qui reste l'un des plus universellement supportés. Un fichier .avi contenant une piste vidéo Xvid et une piste audio AC3 sera lisible sur un PC sous Windows, Mac ou Linux, sur un lecteur DVD de salon, sur une box internet, et même sur certains téléviseurs via clé USB. Cette large compatibilité est un atout majeur pour l'archivage personnel, car elle garantit que vos fichiers resteront lisibles pendant des années, indépendamment de l'évolution des logiciels.

Article L. 122-5 du CPI : ce que la loi française autorise pour votre DVD

Avant de passer à la pratique, il est indispensable de clarifier le cadre légal. La conversion d'un DVD en DivX n'est pas une zone grise en France : elle est encadrée par l'article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle (CPI), qui définit les exceptions au droit d'auteur. Cet article autorise la copie privée, mais sous des conditions strictes et cumulatives que tout utilisateur doit connaître avant de ripper ses disques.

Les trois conditions cumulatives de la copie privée en France

La loi française pose trois conditions qui doivent être simultanément remplies pour que votre copie soit légale. Premièrement, vous devez posséder le DVD original et légitime. Cela exclut de fait les DVDs empruntés, loués ou téléchargés illégalement. Deuxièmement, la copie doit être réservée à un usage strictement personnel. Cela signifie que vous pouvez visionner le fichier sur votre ordinateur, votre tablette ou votre téléviseur à domicile, mais que vous ne pouvez en aucun cas le partager sur internet, le mettre sur un site de streaming, ou le diffuser publiquement. Troisièmement, la copie ne peut être distribuée à des tiers, même gratuitement. Donner une copie de votre rip à un ami, même s'il possède le même DVD original, est techniquement en dehors du cadre de la copie privée.

Le piège du DRM : où la loi ne vous protège plus

C'est ici que les choses se compliquent. La grande majorité des DVDs commerciaux sont protégés par des systèmes de verrouillage : le CSS (Content Scramble System), l'APS (Analog Protection System), et diverses formes de DRM (Digital Rights Management). Or, l'article L. 122-5 du CPI autorise la copie privée, mais la loi française interdit par ailleurs le contournement des mesures techniques de protection. Il existe donc une tension juridique réelle : pour faire une copie privée légale de votre DVD, vous devez techniquement contourner une protection que la loi vous interdit de contourner. C'est cette contradiction qui explique l'existence de logiciels spécialisés, souvent développés à l'étranger, et qui rend le rip de DVDs commerciaux plus complexe que celui de DVDs non protégés.

1500 kbps à 720x576 : le réglage exact pour un film PAL de 2 heures sur 700 Mo

C'est le cœur technique de l'article. Vous savez quel codec choisir et dans quel cadre légal vous situer. Il faut maintenant configurer votre conversion pour obtenir le meilleur équilibre entre qualité et taille de fichier. Les réglages qui suivent sont le fruit de années de pratique et restent valables en 2026, même si les ordinateurs sont bien plus puissants qu'au début des années 2000.

PAL contre NTSC : adapter la résolution selon la zone de votre DVD

La première chose à vérifier est la norme de votre DVD. L'Europe, la France incluse, utilise la norme PAL, avec une résolution de 720x576 pixels et une cadence de 25 images par seconde. L'Amérique du Nord et le Japon utilisent la norme NTSC, avec une résolution de 720x480 pixels et une cadence d'environ 30 images par seconde (29,97 fps exactement). Cette différence a un impact direct sur le débit nécessaire : le PAL ayant plus de pixels par image, il nécessite un débit légèrement plus élevé pour atteindre la même qualité perçue. Dans la pratique, pour un rip en DivX/Xvid, on conserve la résolution native du DVD sans la redimensionner, car le codec gère très bien ces résolutions.

1000, 1500 ou 2000 kbps : quel débit pour quel type de film

Le débit binaire (bitrate) est le paramètre le plus important de votre conversion. Il détermine directement la taille du fichier et la qualité de l'image. Voici les recommandations pour un film PAL de 2 heures à la résolution native de 720x576. Pour un film standard, un débit de 1500 kbps est le point d'équilibre idéal : le fichier final pèsera entre 700 Mo et 1 Go, et la qualité sera quasi indiscernable du DVD original sur un écran standard. Pour les films d'action avec beaucoup de mouvements rapides, d'explosions et de cuts fréquents, montez à 2000 kbps pour éviter les artefacts de compression (les fameux blocs carrés qui apparaissent dans les scènes complexes). Pour les documentaires, les comédies dialoguées ou les films où l'espace de stockage est critique, 1000 kbps suffisent largement : l'image sera légèrement moins détaillée mais parfaitement acceptable. Pour les films courts de 90 à 110 minutes au format 16:9, on peut atteindre une qualité remarquable en restant sur 700 Mo avec un débit autour de 1400 à 1800 kbps.

Conserver le son surround 5.1 : choisir AC3 plutôt que MP3

C'est un point crucial et trop souvent négligé par les débutants. Le DVD original contient une piste audio Dolby Digital (AC3) en surround 5.1, avec six canaux distincts. Beaucoup de tutoriels recommandent par défaut d'encoder le son en MP3 stéréo pour économiser de l'espace. C'est une erreur si vous visionnez vos films sur un système home cinéma ou une soundbar. La solution est de sélectionner le codec AC3 en mode « Audio Copy » (copie directe) dans les paramètres de votre logiciel de conversion. Cette option copie la piste audio originale du DVD sans la ré-encoder, conservant ainsi l'intégralité du son surround 5.1. La piste AC3 d'un film occupe généralement entre 384 et 448 kbps, ce qui est tout à fait compatible avec un fichier cible de 700 Mo à 1 Go.

Convertir un DVD en DivX avec VLC : le tuto gratuit étape par étape

VLC media player est installé sur des millions d'ordinateurs dans le monde, et beaucoup de ses utilisateurs ignorent qu'il possède une fonction de conversion vidéo intégrée. Pour les DVDs non protégés, VLC est suffisant et entièrement gratuit. Voici comment l'utiliser pour convertir un DVD en DivX, en sachant que cette méthode a une limite importante que nous aborderons ensuite.

Les 6 étapes pour lancer la conversion dans VLC

Le processus est simple mais demande de suivre les étapes dans l'ordre. Commencez par insérer votre DVD dans le lecteur optique de votre ordinateur. Lancez VLC. Dans la barre de menu, cliquez sur Média, puis sur Convertir/Enregistrer. Dans la fenêtre qui s'ouvre, cochez l'option Disque, puis cochez DVD et vérifiez que le lecteur de disque correct est sélectionné. Cliquez sur le bouton Convertir/Enregistrer en bas de la fenêtre. Dans l'écran suivant, choisissez votre profil de conversion et votre fichier de destination, puis lancez l'encodage en cliquant sur Démarrer. La conversion prend généralement entre 30 minutes et 2 heures selon la puissance de votre machine.

Où se trouve le profil « Video for DivX compatible player » dans VLC

C'est souvent ici que les utilisateurs se perdent. Après avoir cliqué sur Convertir/Enregistrer, vous arrivez sur un écran avec un menu déroulant appelé Profil. Cliquez sur ce menu pour faire apparaître la liste des profils disponibles. Cherchez l'entrée nommée « Video for DivX compatible player ». Si elle n'apparaît pas, vous devrez peut-être créer un profil personnalisé en cliquant sur le bouton avec l'icône d'outil à côté du menu déroulant, puis en configurant manuellement le codec vidéo (MPEG-4), le codec audio (MP3 ou AC3), et le conteneur (AVI). Cette interface de VLC est notoirement peu intuitive, ce qui explique pourquoi beaucoup d'utilisateurs préfèrent des outils dédiés.

La limite franche de VLC : impossible de contourner le CSS ou le DRM

Il faut être honnête : VLC ne convient que pour les DVDs non protégés, ce qui représente une infime minorité des disques commerciaux. Si votre DVD est protégé par le CSS ou un autre système DRM, VLC affichera un message d'erreur lors de la tentative de lecture du disque, ou pire, il produira un fichier corrompu de quelques mégaoctets contenant une image noire ou déformée. Cette limitation n'est pas un bug : c'est un choix délibéré des développeurs de VLC, qui ne souhaitent pas intégrer d'outils de contournement de DRM dans un logiciel distribué sous licence GPL. Si VLC échoue, il faut passer à des solutions spécialisées.

CSS, APS et DRM : quand VLC abandonne et qu'il faut passer à DVDFab ou AnyMP4

C'est le passage obligé pour la grande majorité des DVDs commerciaux que vous possédez légitimement. Les logiciels présentés ici intègrent des modules de décryptage capables de supprimer les protections CSS, APS et DRM lors de l'analyse du disque. Ces outils sont payants, mais ce sont les seuls à gérer correctement les DVDs protégés dans un workflow de conversion vers DivX ou Xvid.

DVDFab 13 : décryptage automatique de CSS, APS et DRM en un clic

DVDFab 13 est probablement la solution la plus aboutie pour cette tâche. Son module Ripper intègre un moteur de décryptage qui identifie et supprime automatiquement les protections lors du chargement du disque. Le processus est le suivant : installez DVDFab 13 et sélectionnez le module Ripper dans le menu principal. Insérez votre DVD dans le lecteur optique : le logiciel charge et analyse automatiquement le disque, en supprimant les protections CSS, APS et DRM en arrière-plan. Dans l'onglet de personnalisation, sélectionnez Format puis Vidéo puis AVI. Dans les paramètres avancés, choisissez le codec vidéo Xvid, ajustez le débit à 1500 kbps, et sélectionnez AC3 en Audio Copy pour conserver le son surround. Sélectionnez les titres, chapitres, pistes audio et sous-titres souhaités, puis lancez la conversion. DVDFab inclut aussi un éditeur intégré pour rogner l'image, ajuster la luminosité et le contraste, ou ajouter un filigrane.

AnyMP4 et VideoByte : deux alternatives avec éditeur vidéo intégré

AnyMP4 DVD Ripper et VideoByte BD-DVD Ripper sont deux alternatives crédibles qui suivent un workflow similaire. AnyMP4 propose une interface claire avec un bouton « Charger Disque » pour importer le DVD, des réglages de paramètres vidéo accessibles en un clic, et un éditeur intégré permettant de couper des séquences, d'ajuster les effets visuels (luminosité, contraste, saturation) ou de positionner un filigrane. VideoByte BD-DVD Ripper fonctionne sur le même principe avec un bouton « Load DVD », un sélecteur de format sous l'onglet « Video » pour choisir DivX ou Xvid, et des paramètres ajustables via un bouton « Settings ». Les deux logiciels offrent des versions d'essai gratuites limitées, ce qui permet de tester la compatibilité avec vos DVDs avant d'investir.

HandBrake : l'option open-source qui refuse le DRM

HandBrake mérite une mention car c'est l'un des convertisseurs vidéo open-source les plus populaires et les plus respectés. Développé par des bénévoles sous licence GNU GPL v2, HandBrake est gratuit, performant, et gère un très large éventail de formats. Cependant, les développeurs de HandBrake sont très clairs sur leur site : le logiciel ne traite que les sources DVD ou Blu-ray qui ne contiennent aucun type de protection contre la copie. Si votre DVD est dépourvu de DRM (certains DVDs indépendants, de production amateur, ou personnels le sont), HandBrake est une excellente option. Mais pour un DVD commercial classique, il ne pourra rien faire.

AcidRip et dvd::rip : l'héritage Linux pour les utilisateurs avancés

Le monde Linux n'est pas en reste quand il s'agit de ripper des DVDs. Deux outils historiques continuent d'être utilisés par les administrateurs système et les utilisateurs avancés qui préfèrent travailler en ligne de commande ou avec des interfaces minimalistes. Ces logiciels datent d'une époque où le rip de DVD sous Linux était un exercice de patience et de compétence technique, et ils conservent aujourd'hui une capacité de contrôle fin que les outils graphiques modernes peinent à égaler.

AcidRip : ripper en Xvid et X264 directement depuis MEncoder

AcidRip est une interface graphique écrite en Gtk2 et Perl qui sert de front-end à MPlayer et MEncoder, deux outils emblématiques de l'écosystème multimédia Linux. Disponible dans les dépôts de nombreuses distributions comme Ubuntu, AcidRip permet de ripper un DVD sans passer par plusieurs programmes. Son interface, bien que spartiate, offre un contrôle complet sur les paramètres d'encodage : choix du codec vidéo (Xvid, X264, lavc), mode d'encodage en une, deux ou trois passes pour optimiser la qualité, et configuration détaillée du format audio. L'encodage en deux passes est particulièrement intéressant pour l'archivage : la première passe analyse la complexité de la vidéo pour répartir le débit de manière optimale, et la seconde passe effectue l'encodage proprement dit en utilisant cette carte de complexité. Le résultat est un fichier dont la qualité est constante du début à la fin, sans les baisses de qualité que l'on observe parfois en encodage à débit constant.

dvd::rip : transformer tout votre réseau local en ferme d'encodage

dvd::rip est un autre outil historique, mais il possède une fonctionnalité unique qui le distingue de tous les autres logiciels présentés dans cet article : la gestion de cluster. dvd::rip se base sur l'outil Transcode et permet de répartir l'encodage d'un DVD sur plusieurs ordinateurs de votre réseau local. Si vous avez trois ou quatre PCs sous Linux à disposition, dvd::rip peut les transformer en une ferme d'encodage parallèle, chaque machine traitant une portion différente du film. Pour les longs films ou les encodages en deux passes à haut débit, le gain de temps peut être considérable. dvd::rip gère également la conversion vers DivX, Xvid et d'autres codecs, avec une interface en Perl/Tk qui reste fonctionnelle malgré son âge.

Du DVD physiquement rayé au fichier .avi sur votre lecteur salon

Vous avez maintenant tous les éléments pour transformer vos DVDs en fichiers DivX ou Xvid de qualité. Le parcours de décision est simple. Si votre DVD n'est pas protégé par un DRM, VLC suffit et ne coûte rien. Si votre DVD est protégé (ce qui sera le cas de la très grande majorité de vos disques commerciaux), un logiciel spécialisé comme DVDFab, AnyMP4 ou VideoByte est indispensable pour décrypter les protections avant la conversion. Si vous êtes un utilisateur Linux avancé, AcidRip et dvd::rip offrent un contrôle granulaire qui n'a pas d'équivalent dans les outils grand public. Dans tous les cas, les paramètres recommandés restent les mêmes : codec Xvid, débit de 1500 kbps pour un film standard PAL, résolution native de 720x576, et piste audio AC3 en copie directe pour conserver le surround 5.1. Une fois votre fichier .avi obtenu, il vous suffira de le transférer sur une clé USB pour le lire sur votre lecteur salon. Pour les détails de cette dernière étape, notre guide sur la lecture de DivX sur un lecteur DVD et notre article sur le premier lecteur DVD de salon compatible DivX vous accompagneront.

Conclusion

Convertir un DVD en DivX ou Xvid en 2026 reste une démarche parfaitement rationnelle pour quiconque souhaite préserver sa collection physique face à la volatilité des catalogues de streaming et à la fragilité des disques. Le choix du codec se résume à une préférence claire pour Xvid, open-source et plus performant en rapport qualité/taille. Le cadre légal français, via l'article L. 122-5 du CPI, autorise cette copie privée sous trois conditions cumulatives : possession de l'original, usage strictement personnel, et absence de redistribution. La tension avec le contournement des DRM reste le point juridique délicat, qui justifie le recours à des logiciels spécialisés comme DVDFab ou AnyMP4 pour les DVDs commerciaux protégés. Avec les réglages appropriés, notamment un débit de 1500 kbps et une piste audio AC3, le résultat est un fichier .avi compact de 700 Mo à 1 Go qui conserve l'essentiel de la qualité DVD originale, prêt à être lu sur n'importe quel appareil compatible pendant des décennies.

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Questions fréquentes

Pourquoi préférer Xvid à DivX en 2026 ?

Xvid offre un meilleur rapport qualité/taille que DivX à débit équivalent, avec moins d'artefacts de compression. De plus, son caractère open-source garantit une pérennité totale du format sans risque de retrait par une entreprise.

Quel débit choisir pour un film PAL de 2 heures ?

Un débit de 1500 kbps est l'idéal pour un film standard, permettant d'obtenir un fichier de 700 Mo à 1 Go avec une qualité proche du DVD. Pour les films d'action, montez à 2000 kbps pour éviter les blocs carrés.

Pourquoi conserver l'audio en AC3 plutôt qu'en MP3 ?

Copier la piste audio AC3 en mode direct permet de conserver le son surround 5.1 d'origine du DVD. L'encoder en MP3 stéréo détruirait cette spatialisation, ce qui est dommageable pour une lecture sur home cinéma.

VLC peut-il ripper un DVD commercial protégé ?

Non, VLC ne parvient pas à contourner les protections CSS ou DRM des DVDs commerciaux et produira un fichier corrompu. Il faut utiliser un logiciel spécialisé comme DVDFab ou AnyMP4 pour décrypter le disque au préalable.

La copie privée de DVD est-elle légale en France ?

Oui, l'article L. 122-5 du CPI l'autorise sous trois conditions : posséder l'original, réserver la copie à un usage strictement personnel, et ne pas la distribuer. Cependant, le contournement des DRM reste juridiquement problématique.

Sources

  1. Comment convertir un DVD en Divx pour Win et Mac avec les ... · leawo.org
  2. anymp4.fr · anymp4.fr
  3. coconut.co · coconut.co
  4. Acidrip : ripper vos dvds facilement · doc.ubuntu-fr.org
  5. dvdfab.fr · dvdfab.fr
life-hacker
Quentin Dubot @life-hacker

Je suis le roi de la débrouille. Tu veux économiser sur ton abonnement téléphone ? J'ai un hack. Ton appart est mal rangé ? J'ai un système. Originaire de Clermont-Ferrand, je travaille comme assistant administratif mais ma vraie vocation, c'est d'optimiser la vie des gens. Mes guides sont ultra-pratiques, étape par étape, avec toutes les astuces que j'ai testées moi-même. Le bon plan, c'est ma religion.

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