
Mythologie nordique et fantasy : un lien fascinant
Quand j'appris que je me trouvais dans un monde du nom de Midgard, je ne pus m'empêcher de penser à la série des Final Fantasy, saga de jeux vidéo. En effet, depuis le collège, je me passionnais pour ce jeu, depuis son septième volet qui m'avait fait découvrir des mondes fabuleux. Or, c'est justement dans Final Fantasy VII qu'apparaissait Midgard. Comme je l'ai déjà évoqué, il s'agit, dans la mythologie nordique, du monde où vivent les hommes. Dans Final Fantasy VII (FFVII), Midgard est la plus grande ville de la planète, dirigée par la plus puissante société humaine, la Shinra. Celle-ci puise toute l'énergie nécessaire à sa domination et à l'entretien de la capitale dans la terre même, ce qui affaiblit terriblement celle-ci.
Un groupe de héros que nous dirigeons, Avalanche, tente pendant tout le jeu de contrer les plans de cette organisation pour sauver la planète qui souffre (et qui envoie elle-même des « Armes » — des monstres chargés de la protéger), tout en tentant de détruire Sephiroth, un « homme » créé biologiquement par cette même Shinra mais qui a échappé à son contrôle et veut détruire la planète pour se venger après s'être rendu compte qu'il n'était pas un vrai humain. L'histoire et toutes les subtilités du jeu sont trop difficiles à expliquer en quelques lignes. Je ne vais donc pas en parler davantage.
Je trouvais que le parallèle était intéressant : la ville de Midgard représente l'homme en général, dans son désir de contrôle et d'évolution technologique, au détriment des valeurs qui voudraient sauvegarder la nature. Je reviendrai sur la saga des Final Fantasy au fil du dossier, car Midgard n'est pas la seule évocation de la mythologie scandinave dans cette série.
Les elfes : divinités de la fécondité et esprits de la nature
En dehors des hommes, des dieux, des elfes, des géants et des nains apparaissent principalement dans la mythologie nordique. Les elfes sont à l'origine considérés comme des divinités de la fécondité et sont associés à la terre. Ce sont des esprits liés aux forces régnant au sein de la nature, couramment associés aux phénomènes atmosphériques. On leur attribue une apparence très proche de celle des hommes. Habitants des forêts et des sources, demeurant invisibles aux yeux du commun des mortels, ils possèdent une influence sur la fertilité et sont communément craints. Certains les appelaient aussi alfes ou alfars.
C'est ainsi qu'on retrouve les Svart-alfars dans la trilogie de Guy Gavriel Kay, la Tapisserie de Fionavar. Il s'agit d'êtres lumineux, très proches des elfes de Tolkien que nous verrons ensuite. On peut remarquer le désir de l'auteur de se rapprocher de la mythologie scandinave par le fait qu'il utilise les noms alfar et svart, ce dernier étant tiré de Svartalfheim, domaine des elfes noirs. Car les elfes se séparent progressivement en deux groupes distincts : les elfes blancs ou clairs, et les elfes noirs ou sombres.
Les elfes blancs et noirs dans la mythologie nordique
Les premiers vivent à Alfheim, au même niveau qu'Asgard, le domaine des dieux avec lesquels ils entretiennent des relations cordiales. Ce sont des esprits aériens et lumineux, décrits comme des êtres gracieux et bienveillants. Ils fuient la compagnie des hommes, mais l'on raconte qu'ils viennent parfois danser au clair de lune au cœur des forêts. Ces elfes sont dotés d'une grande intelligence. On leur attribue également une beauté exceptionnelle et parfois des dons de magie.
Les seconds sont les pensionnaires de Svartalfheim, qui se trouve au même niveau que Midgard. Ce second groupe s'affirme comme la totale antithèse du premier. Habitant les profondeurs de la terre, les elfes sombres n'ont rien de charmant. Ils craignent la lumière du soleil et sont pourvus de physiques disgracieux. Ils sont également couramment considérés comme des êtres malveillants. Dans les récits mythologiques, ces elfes se confondent parfois avec les représentants du peuple des nains. On leur attribue alors les mêmes qualités de forgerons.
Les elfes dans la littérature et la fantasy
C'est la figure de l'elfe blanc, bienveillant, qui se diffuse au fil du temps, surtout à partir du Moyen Âge. Le plus célèbre de tous est Obéron, le roi des elfes. Il apparaît pour la première fois au XIIIe siècle dans la chanson de geste intitulée Huon de Bordeaux (vers 1260). On le retrouve ensuite chez Chaucer, puis dans le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, mais aussi dans l' Obéron (1826) de Carl Maria von Weber.
D'autres auteurs reprennent ce nom à des fins différentes. Ainsi Roger Zelazny, dans le cycle des Princes d'Ambre, fait de lui le père de tous lesdits princes. Si dans cette série littéraire il n'y a pas d'elfes, les princes ne sont pas des hommes (ils ont une force surhumaine, pratiquent parfois la magie, vivent très longtemps...), ce qui les rapproche des caractéristiques classiques des elfes.
Mais l'auteur qui a le mieux diffusé cette image des elfes est Tolkien grâce à son œuvre The Lord of The Rings (le Seigneur des Anneaux). Très inspiré par la mythologie scandinave, il utilise la figure des elfes blancs vivant dans les forêts, proches de la nature, lumineux, beaux, physiquement proches des hommes. Legolas, un elfe sylvestre, fait partie de la communauté de l'anneau qui doit détruire l'Anneau unique afin qu'il ne revienne pas aux mains de Sauron. Cette communauté retrouve d'autres elfes sur son chemin, tels que Galadriel, reine de la Lothlorien, ou Elrond, roi des hauts-elfes, ainsi que sa fille Arwen, résidents de Fondcombe. Leurs habitats sont lumineux, comme l'est Alfheim.
La différence entre les elfes de Tolkien et ceux de la mythologie scandinave est que, même s'ils apprécient peu les hommes dans le Seigneur des Anneaux, ils les aident, alors que ceux de la mythologie fuient leur compagnie.
Après avoir été à Asgard, je pus faire une courte escale dans le domaine des elfes blancs. Du peu que je vis, tout était lumière : l'eau brillait, les feuilles luisaient, la forêt était lumineuse, et ces êtres presque parfaits circulaient pleins de majesté pour vaquer à leurs occupations quotidiennes.
Les nains : forgerons et gardiens de trésors
Le voyage vers Asgard était très long, et malgré les explications de Thorolf, tout cela devenait un tantinet agaçant. Nous mangions peu, peu de gens nous croisaient. Les forces m'auraient très certainement quittées depuis longtemps sans un breuvage spécial que me donnait mon guide. D'après ses dires, nous ne passâmes pas loin de Nidavellir, la patrie des nains.
Issus de très anciens mythes nordiques, les nains sont des personnages habitant sous terre. Cette particularité leur vaut d'une part d'être assimilés aux esprits des morts, d'autre part d'être associés à l'ensemble des richesses renfermées dans le sous-sol, notamment les richesses minières. Les nains, qui demeurent à l'abri des profondeurs terrestres car ils craignent la lumière du jour (capable de les changer en pierre), sont pour cette raison connus comme de valeureux gardiens de trésors.
Spécialisés dans l'art de l'orfèvrerie et de la forge – ils façonnent des objets en or la plupart du temps –, les nains sont couramment sollicités par les dieux, qui ont recours à leurs talents d'artisans pour créer toutes sortes d'objets merveilleux tels que Mjöllnir (le marteau du dieu Thor), la lance Gungnir et l'anneau Draupnir d'Odin, mais également divers anneaux et colliers comme celui de Freyja. Gleipnir, la seule chaîne capable de retenir le loup Fenrir, est aussi l'œuvre de leurs mains.
Andvari, qui lance une malédiction sur un anneau qui lui est extorqué par Loki, compte parmi les nains les plus célèbres des légendes nordiques. En effet, certains nains maudissaient des trésors, en particulier si on les obligeait à les forger ou à s'en défaire. Par exemple, deux nains obligés de forger une épée magique l'ensorcelèrent de sorte qu'il était impossible de la tirer sans provoquer la mort. Il convient de noter que dans certaines croyances, la figure des nains se confond avec celle des elfes sombres ou noirs qui vivent eux aussi sous terre.
Les nains dans les contes et la fantasy
À l'origine, les nains avaient une taille équivalente à celle des hommes, mais ils deviennent peu à peu des êtres dotés d'une taille réduite. Ils demeurent associés à l'univers souterrain et apparaissent dans certains récits populaires relatifs à la mine et aux mineurs. Le conte Blanche-Neige des frères Grimm reprend ce thème. Les sept nains décrits par l'auteur consacrent en effet leur vie à creuser des galeries dans les montagnes afin de dénicher des pierres précieuses et de l'or.
Ils apparaissent à nouveau dans le dessin animé réalisé par Walt Disney en 1937, Blanche-Neige et les sept nains, cette fois dotés des prénoms Atchoum, Prof, Timide, Joyeux, Simplet, Dormeur et Grincheux. On retrouve de même l'image des nains forgerons dans des récits de fantasy déjà cités comme la Tapisserie de Fionavar ou le Seigneur des Anneaux.
Il faut d'ailleurs noter que Guy Gavriel Kay s'est autant inspiré de Tolkien que de la mythologie directement. Le second fait des nains les forgerons des meilleures armes et armures, telles que la cotte de mythril que portent Bilbon puis Frodon. Ils vivent aussi dans des cités souterraines comme les Mines de la Moria que « visite » la communauté de l'anneau durant son périple.
À l'image de Grincheux dans Blanche-Neige et les sept nains, ces êtres des profondeurs sont justement grincheux dans le Seigneur des Anneaux, mais aussi courageux et bagarreurs, comme nous le démontre Gimli fils de Gloïn, lui aussi membre de la communauté. À noter aussi que le magicien du Seigneur des Anneaux, Gandalf le gris puis le blanc, est aussi un personnage tirant ses origines de la mythologie nordique. En effet, Gandalf était le nom d'un magicien nain.
Les géants et les trolls : ennemis des dieux
Enfin nous arrivâmes à proximité du Bifrost, le pont reliant le monde dans lequel je me trouvais au monde où se trouvait Asgard, objectif de notre actuel voyage. Plus nous approchions, plus Thorolf semblait méfiant. En effet, il m'apprit que la région n'était pas sûre à cause des géants. Ceux-ci, ennemis des dieux scandinaves, tentaient souvent de passer le pont en arc-en-ciel afin d'envahir le monde des dieux, ce qui, bien évidemment, n'enchantait pas particulièrement ces derniers.
Les géants dans la mythologie nordique
Les géants, ces êtres immenses, sont généralement hostiles. Ils représentent la plupart du temps les forces du Chaos et du Mal contre l'influence desquelles les dieux doivent lutter pour maintenir l'ordre de leur univers. Mais il ne faut pas généraliser : si les dieux devaient surtout veiller à se protéger des géants, il arrivait cependant que certains d'entre eux ne soient pas ennemis.
C'est ainsi que les dieux ont souvent eu pour maîtresses ou pour femmes des géantes. Freyr était marié à Gerda, fille d'un géant, et Njord, comme nous l'avons vu précédemment, était marié à Skadi. Même Odin, descendant d'un géant, avait plusieurs géantes pour maîtresses. Mais ces arrangements dieux-géants étaient tout de même assez marginaux, et comme nous le verrons plus tard, Thor et son marteau n'étaient jamais loin lorsqu'apparaissaient des géants. En général, ça se finissait assez mal pour ces derniers.
Parmi les géants les plus célèbres, on trouve Hrungnir, qui provoqua Thor en duel (comme quoi la folie et les envies suicidaires ne sont pas le propre de l'homme), et Thiassi qui déroba les pommes de la jeunesse. Certains géants étaient secourables, mais en l'occurrence il s'agissait plutôt de géantes, comme Grid qui prêta à Thor son bâton et sa ceinture de force alors qu'il était désarmé.
Les géants se retrouvent aussi dans la mythologie grecque, où ils sont également ennemis des dieux. On en rencontre ensuite dans de nombreux contes, parfois transformés en ogres comme dans le Petit Poucet. Là encore ils représentent le mal, car leur grande taille les rend effrayants et les rapproche de la destruction.
Les trolls dans la mythologie et la littérature
Parmi les géants on trouve aussi les trolls, dont l'apparence est proche de celle des hommes. Au fil du temps, leur taille devient beaucoup plus modeste et ils sont décrits comme plus petits qu'un homme. Connus pour leur physique disgracieux, les trolls vivent dans la nature, privilégiant le cœur des forêts et les profondeurs des cavernes. Craignant les rayons du soleil, qui ont la propriété de les transformer en pierre, ils recherchent l'obscurité. Aussi certaines croyances font-elles d'eux des créatures nocturnes.
On retrouve cette caractéristique dans Bilbo le Hobbit de Tolkien, où Gandalf réussit à occuper les trolls. Le temps pour eux de prendre une décision (car en général ils sont stupides), le soleil se lève et ils se transforment en pierre. On les retrouve donc dans l'œuvre de J.R.R. Tolkien sous différentes formes (troll des cavernes dans les mines de la Moria, ou portiers de la Porte Noire du Mordor), mais aussi dans Peer Gynt de l'auteur norvégien Henrik Ibsen.
Le Bifrost : pont vers Asgard
Enfin nous arrivâmes à destination, sans être véritablement inquiétés par qui ou quoi que ce soit. Il faut dire que la stature de Thorolf était un gage de sûreté. Ainsi, en face de nous apparut peu à peu le Bifrost que je devais traverser. Il s'agissait d'un arc-en-ciel de trois couleurs. Autant dire que pour moi qui avais vu nombre de vrais arcs-en-ciel, il n'en était pas vraiment un.
Également appelé Asbru, « pont des Ases » – car il est emprunté chaque jour par les Ases qui se rendent à la source divine Urd, qui jaillit sous l'une des racines du frêne sacré Yggdrasill, où ils tiennent conseil – il a entre autres la particularité d'empêcher quiconque de l'emprunter sans y être autorisé. En effet, un feu ardent y brûle. Il est gardé par le dieu Heimdall, « l'Ase blanc » né de l'union d'Odin et de neuf vagues. De sa demeure, Himinbiorg, située dans le ciel à la tête du pont Bifrost, Heimdall guette la venue des géants de la montagne, ennemis des dieux qu'il avertit au son de sa corne Giallarhorn.
En m'approchant de lui, j'eus la désagréable impression d'être à découvert, comme si je me retrouvais à nu.
– Pourriez-vous demander à vos cheveux de pousser en silence, s'il vous plaît, me demanda-t-il avant toute chose.
La question était un peu étrange, mais j'en déduisis qu'il s'agissait d'une pratique locale que de demander à des cheveux d'être discrets. Mais en fait il n'en était rien. Thorolf m'expliqua qu'Heimdall avait une vigilance sans faille. Ainsi ce dieu était capable d'entendre l'herbe pousser, la laine croître sur le dos des moutons – ce à quoi j'ajoutai « et mes cheveux allonger » sans que cela tire le moindre sourire du visage de Thorolf, mon gai compagnon – et voyait aussi bien de nuit que de jour. J'hésitai de fait à respirer, car après tout je n'étais pas chez moi et je ne devais pas froisser mes hôtes.
La traversée de ce pont fut fort agréable quoique légèrement brûlante, et il m'était difficile d'imaginer que « [...] tout solide qu'il est, Bifrost s'effondrera quand les fils de Muspell arriveront à cheval et l'emprunteront. Leurs chevaux devront alors traverser à la nage de grands fleuves, et ainsi pourront-ils poursuivre leur route » comme l'écrivit Snorri Sturluson dans L'Edda. En effet, sa texture semblait le rendre inébranlable.
Il me serait impossible de vous décrire précisément la manière dont on passait d'un monde à un autre, car tout cela est autant étrange qu'indescriptible, comme l'est la citadelle d'Asgard (qui n'est en aucun cas la race d'extra-terrestres dans Stargate mais la cité des dieux Ases, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, ce qui permet au lecteur de savoir présentement s'il suit tout ce que je raconte ou non).
Thor : dieu du tonnerre et protecteur des hommes
Le premier de ces joyeux lurons de dieux que je vis fut Thor. Armé de son marteau, le dieu du tonnerre protégeait le monde. Son attribut le plus célèbre était sa force prodigieuse qui surpassait celle de toutes les autres créatures. Physiquement, il en imposait : il était énorme, avait une chevelure, une barbe, des sourcils roux et de farouches yeux rouges et brillants. Son principal souci était de détruire les géants, menace constante pour le monde des dieux et des hommes.
D'ailleurs Thor les provoquait avec l'intention de les anéantir, hésitant rarement à brandir son marteau quand il en rencontrait un. Un dieu qui serait menacé pouvait l'appeler et le voir apparaître immédiatement. En l'occurrence, devant moi, il caressait son marteau avec précaution, ce qui me fit penser pendant un instant que j'avais affaire à un dieu doux et sympathique. Mais quand quelqu'un annonça calmement : « des géants se promènent à proximité du Bifrost », les yeux du dieu s'injectèrent de sang et avant que je pusse dire « ouf », il enjambait le pont de feu et son marteau tranchait dans le vif. Deux minutes plus tard il était de retour, un grand sourire aux lèvres, comme s'il venait de se soulager d'un énorme poids.
Thorolf, lui, ne réagissait toujours pas. Sa mollesse était affligeante et j'étais au combien heureux de me retrouver en compagnie de nouvelles têtes. Comme il était tard, je demandai à pouvoir me rendre dans mes appartements, ce qui étonna le seul dieu qui avait daigné me recevoir (merci la convivialité). Thor n'imaginait pas qu'on puisse aller dormir sans avoir mangé (pour son cas je pense que les mots « dévorer à pleines dents » seraient mieux appropriés). En temps normal moi-même je me serais demandé ce qui m'arrivait de ne pas déjeuner. Mais j'étais vraiment trop fatigué pour faire autre chose. Alors le dieu me proposa de l'accompagner dès le lendemain dans une de ses missions qu'il ne voulut pas me révéler dès le soir. Tout ce que je pus en tirer est que cela nous mènerait à pêcher.
Thor et la pêche au serpent cosmique Jormungand
Je fus ainsi réveillé de bon matin par le dieu lui-même. Il me fit revêtir un vrai costume viking, et me proposa (ou m'ordonna, selon comment on prend les choses) de le suivre prestement. Nous traversâmes le Bifrost seuls puis Thorolf nous rejoignit de l'autre côté du pont. Après qu'Heimdall m'eut fait part de son agacement quant au boucan provoqué par ma barbe naissante (je n'avais pas pensé à apporter un rasoir, ce qui aurait été stupide puisque je ne m'attendais pas à me retrouver là-bas), nous parcourûmes quelques kilomètres dans Midgard, puis nous entrâmes à Jotunheim.
Quelques géants se pavanaient dans les parages, mais plus pour très longtemps. En effet, comme si sa vie en dépendait, Thor se rua sur chacun d'eux, les écrasant tous avec rage grâce à (ou à cause de) son marteau Mjöllnir. Avec un petit peu d'imagination, on aurait presque pu le voir baver de plaisir devant un tel « loisir ». Thor était décidément un très étrange personnage.
L'idée qu'il pût même être quelque peu dérangé m'effleura l'esprit lorsque, au tournant d'un vallon, nous nous retrouvâmes nez à nez avec un beau moulin. Non pas que voir un moulin me fît penser que Thor était fou, mais l'observer se ruer sur lui en hurlant, frappant, et détruisant complètement le pauvre édifice peut tout de même induire quelques graves questions. Les quelques moulins qui se dressaient sur notre passage connurent la même fin funeste.
Pour changer, j'interrogeai Thorolf du regard, et pour la première fois je le vis sourire.
– Je sais ce que vous devez vous dire. Mais il s'agit en réalité d'un malentendu.
Il m'expliqua alors que Thor s'était rendu dans mon époque (ne me demandez pas comment, je n'en ai aucune idée) afin de détruire un géant très fameux du nom de Shaquille O'Neal. Avant de se mettre au travail, il avait consulté internet au sujet des géants et était tombé sur l'œuvre de Cervantès, Don Quichotte. Sans chercher à lire cette histoire, il décida alors d'aller à sa rencontre (ne me demandez pas non plus comment il pouvait rencontrer des personnages fictifs, je n'ai pas enquêté là-dessus). Thorolf m'apprit comment le dieu était revenu avec une manie systématique de détruire les moulins qu'il semblait considérer comme une sorte de géant.
Intéressé par l'issue de l'histoire avec le géant Shaquille O'Neal (basketteur des Miami Heat, 2,16 mètres, 147 kilos), je demandai plus de précisions à Thorolf qui m'expliqua qu'il avait décidé de confier le travail à un certain Kobe Bryant (basketteur des Los Angeles Lakers, ancien club de O'Neal, et qui déteste ce dernier) parce qu'il trouvait que deux mètres seize étaient trop modestes pour qu'il ait l'honneur de tâter de son marteau. À ce jour, le géant est toujours vivant.
Thor contre le serpent Jormungand
Après cette parenthèse qui n'apporte rien au récit du dossier, nous marchâmes encore et encore, et arrivés devant la maison d'un géant, en bord de mer, Thor se transforma en jeune homme. Il me fit signe de le suivre alors que Thorolf, lui, resta en retrait. Le dieu frappa à la porte et un géant du nom d'Hymir ouvrit. Nous profitâmes de l'hospitalité de notre hôte pour y passer la nuit.
Le lendemain, quand nous sortîmes de la maison, le géant Hymir était en train de se préparer à aller pêcher. Thor proposa que nous l'accompagnions. Le géant se moqua de nous, disant que nous étions trop jeunes et trop petits pour l'aider. Là il fallut que j'use de tout mon calme pour empêcher mon dieu de compagnon d'écrabouiller (le mot est certes familier mais tout à fait adapté à la situation) notre hôte. Il se rappela alors qu'il avait quelque chose à accomplir, ce qui le calma. Après avoir quelque peu insisté, le géant accepta que nous l'accompagnions. Cependant nous devions apporter notre propre appât.
C'est ainsi que je me retrouvai avec Thor, tranchant le cou (je me maudis encore) du plus gros bœuf du troupeau d'Hymir. Il profita que nous fussions seuls pour m'expliquer ce qu'il comptait faire :
– Mon ennemi juré, Jormungand, vit dans la mer, pas très loin d'ici. Il s'agit du serpent cosmique lové autour du monde au fond de l'océan. J'ai décidé d'en finir avec lui, c'est pour cela que je tiens absolument à aller pêcher.
Comme Hymir s'apprêtait à embarquer, nous le rejoignîmes immédiatement. Le propriétaire de la barque nous prévint alors qu'il nous faudrait ramer. Ce n'était pas une bonne nouvelle pour moi, qui n'avais aucune force. Mais Thor me fit un petit clin d'œil et prit lui-même les commandes de la barque, s'emparant des rames. Et c'est avec vigueur qu'il les mania, n'économisant jamais ses efforts.
Après quelque temps de navigation, le géant pêcheur annonça que nous étions au bon endroit pour commencer notre travail. Mais pour Thor, nous n'étions pas assez loin. Alors il continua à ramer, et Hymir commença à s'inquiéter. Quelque temps plus tard, notre hôte nous prévint que nous étions si loin qu'il était dangereux de poursuivre. En effet, nous avions apparemment toutes les chances de tomber sur le serpent cosmique. Thor répondit à peine aimablement qu'il continuait.
Quand Thor pensa que nous étions assez loin, il posa les rames et fixa la tête du bœuf au bout d'une ligne, puis la lança. Le géant tremblait. Amusé devant la réaction d'un être plus grand que moi, je tentai un petit « bouh » qui faillit le faire passer par-dessus bord. Le regard sévère de Thor m'incita à ne plus recommencer.
Tout à coup la ligne remua et l'eau s'agita. L'excitation de Thor ne laissait plus aucun doute. Quelque chose d'énorme venait de refermer sa bouche sur l'appât. Thor dut faire appel à toutes ses forces pour résister aux secousses que donnait le monstre. Mais il tira si fort que ses pieds passèrent au travers du fond du bateau. De fait, il se retrouva à marcher sur l'eau. Hymir et moi nous trouvions dans un coin pas encore immergé, mais ce trou posait quelques problèmes techniques, notamment au sujet du voyage retour.
Que verrions-nous au bout de la ligne ? Kraken ? Le serpent cosmique ? Un sous-marin russe ? Un saumon ? Je fus déçu de voir le serpent cosmique émerger. Avec la même folie que celle qui l'habitait quand il voyait des géants, Thor brandit son marteau pour porter un coup mortel à Jormungand. Mais Hymir, pris de panique, coupa la ligne. Le serpent replongea au fond des mers, et Thor lui lança son marteau. Mais il semblait être trop tard. Le dieu détourna son regard de l'eau pour le poser sur le géant, qui devint encore plus pâle. Alors Thor le fit passer par-dessus bord, furieux. Comme la barque coulait, celui-ci me prit pour me porter jusqu'au rivage, qu'il rejoignit en marchant. Nous retrouvâmes alors Thorolf, et nous retournâmes à Asgard, profitant d'une escale pour massacrer quelques géants.
Le vol du marteau de Thor
Quelques jours plus tard, Thor se réveilla en fureur. Je vis d'ailleurs avec étonnement que j'étais le seul qui, semblait-il, avait été dérangé par ce boucan. Sortant de mes appartements, je me retrouvais nez à nez avec Thor.
– Nom de **, l'espèce de ****, jura-t-il.
– Que se passe-t-il ? demandai-je effrayé.
– On m'a usurpé mon marteau !!! Mon cher marteau.
Un instant je crus qu'il allait pleurer, mais au moment où une larme allait couler sur son visage, il l'essuya et fit irruption dans la salle d'à côté. Il réveilla Loki, personnage assez mystérieux dont je parlerai plus tard, afin de lui apprendre la nouvelle. Aussitôt ce dernier se leva et nous entraîna Thor et moi dans la chambre de la déesse Freyja. Là Thor lui demanda :
– Nous prêteriez-vous votre apparence, la forme d'un faucon, pour chercher mon marteau ?
– Avec plaisir, répondit-elle. Quand bien même elle serait d'or ou d'argent je vous la prêterais si cela peut vous aider à retrouver Mjöllnir.
C'est ainsi qu'elle prêta cette apparence à Loki. Thor insista pour que j'accompagne ce nouvel oiseau, et je fus transformé en petit aigle. Après quelques essais fort difficiles, je réussis enfin à prendre mon envol et pus suivre Loki. Finalement je le vis se poser près d'un géant. Le personnage en question était Thrym, seigneur des géants, et Loki engagea la conversation :
– As-tu caché le marteau de Thor ? lui demanda-t-il.
– Je l'ai dissimulé à huit lieues sous terre, répondit Thrym, et je jure que personne ne le retrouvera si Freyja ne devient pas ma femme.
À notre retour, Loki et Thor annoncèrent à Freyja qu'elle devait se préparer à épouser Thrym. Comme ils s'y attendaient, elle refusa, furieuse.
– Réunion au sommet !!!!! glapit alors Thor.
Les dieux se rendirent près du puits d'Urd, où ils tenaient conseil tous les jours. Ils étaient tous inquiets, car tant que les géants détiendraient Mjöllnir, les dieux seraient sans défense. Odin demanda à Freyja pourquoi elle refusait d'épouser Thrym.
– Regardez papa ! s'exclama-t-elle en désignant Njord. Il a été forcé de se marier avec Skadi, et résultat, les deux le vivent mal et ne se voient plus !
– Nous avons besoin de mon marteau ! martela le dieu du tonnerre. Fais des efforts Freyja !
– Je ne me marierai pas avec une de ces choses hideuses !
– Si tu ne nous aides pas, Asgard tombera, et ce sera la fin des dieux ! Ce sera Ragnarök !
Sur ce elle quitta le lieu du conseil.
– Je ne vois qu'une seule chose à faire mes amis, soupira Odin le sage. Il nous faut réfléchir chacun de notre côté jusqu'à notre assemblée de demain midi.
Je suivis Thor qui s'en alla parler à Heimdall près du Bifrost. Le dieu gardien suggéra alors que Thor prenne la place de Freyja, la fiancée, et qu'on l'envoie à Thrym. Cette suggestion mit Thor en colère et me mit dans un état de fou rire assez extraordinaire. Heureusement Loki arriva à ce moment-là et rappela le sort réservé à Asgard si Mjöllnir n'était pas retrouvé. C'est en bougonnant que Thor accepta de se ridiculiser.
On vêtit Thor en femme, plus précisément en mariée, la poitrine couverte de bijoux et la tête couverte d'un voile pour cacher la barbe. Le collier de Brising que portait Freyja fut mis autour de son cou. C'est ainsi que Loki et moi-même l'accompagnâmes en tant que demoiselles d'honneur.
À notre arrivée, Thrym, réjoui par l'arrivée de « Freyja », fit préparer un énorme banquet. Thor s'installa directement à table, évitant soigneusement les tentatives câlines de Thrym. Il engloutit un bœuf entier, huit saumons, et toutes les friandises destinées aux femmes, avant d'arroser le tout avec trois cornes d'hydromel.
– Je n'ai jamais vu une jeune fille autant manger et boire que Freyja ! s'étonna le géant.
Loki se devait de réagir vite :
– Voilà huit nuits que Freyja n'a rien mangé ni bu, tant elle était impatiente d'arriver en terre des géants.
La réponse eut un effet contraire : le seigneur des géants fut si heureux qu'il leva le voile pour embrasser « Freyja ». Il se recula, révulsé :
– Pourquoi Freyja a-t-elle des yeux si rouges et si perçants ??
Une nouvelle fois Loki intervint :
– Freyja n'a pas dormi de huit nuits tant elle était pressée d'arriver ici !
Cette réplique rassura Thrym, qui voulut alors procéder à la noce. Il ordonna qu'on apportât Mjöllnir pour bénir son couple. Comme le voulait la tradition, le marteau fut posé sur les genoux de « la » mariée. Thor saisit alors son cher marteau et, arrachant son voile, se rua sur les géants. Il commença par massacrer Thrym, puis fit leur sort à tous ceux présents. Après que Thor eut fini de s'amuser, nous rentrâmes à Asgard, Mjöllnir pouvant de nouveau défendre la cité des dieux.
Freyja : déesse de l'amour et de la fécondité
La déesse Freyja pouvait être satisfaite du dénouement de la précédente situation. Elle était puissante, ardente, belle, et la plus haute déesse des Vanir ou Vanes. Divinité majeure de la fécondité, elle était aussi déesse de l'érotisme et experte dans l'art de la magie. Elle accueillait les morts : parcourant les champs de bataille dans son char tiré par des chats, elle ramassait la moitié des soldats tués tandis qu'Odin prenait les autres. Les hommes qui s'éteignaient dans leur lit se rendaient chez Hel, la fille de Loki. Les guerriers que Freyja choisissait allaient à Sessrummir (palais des nombreux sièges), et elle recevait aussi les femmes, tout comme la déesse Gefjon.
Elle apparaît dans de nombreux mythes où elle est décrite à la fois comme désirable et sujet désirant. D'ailleurs les géants la convoitaient beaucoup et cherchaient systématiquement à l'enlever quand ils attaquaient Asgard. Elle était aussi accusée de passer la nuit à poursuivre les hommes et d'avoir eu pour amants tous les elfes et dieux, dont son propre frère. Autant dire qu'elle était l'antithèse d'Athéna, la déesse grecque connue pour sa virginité.
Le collier de Freyja et les trésors des dieux
Freyja voulut un jour me présenter les nains et tout ce qu'ils avaient fabriqué pour les dieux. Odin avait sa lance, Gungnir, que nul ne pouvait arrêter avant qu'elle ait trouvé sa cible, et un anneau d'or, Draupnir, qui générait huit anneaux de même poids et de même valeur toutes les neuf nuits. D'ailleurs ce chiffre neuf était central dans la mythologie scandinave : Heimdall avait neuf mères, Aegir neuf filles, Hermod passa neuf nuits à chercher Balder, Freyr attendit sa fiancée Gerda pendant neuf nuits.
Freyr avait un Drakkar, Skidbladnir, toujours poussé par des vents favorables quand il hissait les voiles, mais qu'on pouvait ranger dans sa poche. Il avait aussi un sanglier doré qui parcourait les cieux et les océans plus vite que n'importe quel cheval et dont les soies illuminaient la nuit. Mais le trésor le plus sacré appartenait à Thor : Mjöllnir, qui pouvait bénir des objets si on le levait.
Après avoir visité les cités souterraines des nains, nous tombâmes sur quatre d'entre eux occupés à fabriquer un superbe collier en or. Freyja fut saisie de désir. Elle communiqua son envie aux nains, qui ne voulurent pas le vendre. Après s'être réunis, ils donnèrent leur prix :
– Nous avons déjà tout ce que nous voulons. La seule chose que nous désirons, Freyja, c'est vous. Passez une nuit entière avec chacun de nous et nous vous céderons notre collier.
Son désir du collier étant un feu ardent, elle accepta le marché. Et c'est avec une grande peine que je vis passer les quatre nuits. Comme elle avait tenu parole, ils lui donnèrent le collier, qui devint l'un de ses plus chers trésors.
Elle me fit jurer de ne rien dire. Le nom de Freyja est repris dans le jeu Final Fantasy IX, mais il s'agit d'une héroïne à forme de souris, armée d'une grande lance, sans grand rapport avec la déesse.
Odin : le dieu suprême des Scandinaves
Arrivé dans le royaume des dieux, il est temps de vous présenter Odin. Il était le roi des dieux, aussi puissant que terrifiant. Il était le dieu des rois, des nobles et des poètes, mais aussi dieu de la guerre, de la magie et de la sagesse. Il se métamorphosait et ses pouvoirs magiques en faisaient un ennemi redoutable. Il était devenu borgne en donnant un œil pour boire la boisson de la connaissance au puits de Mimir. On l'invoquait pour solliciter la victoire mais, comme il aimait les conflits, on l'accusait souvent d'accorder des triomphes injustes.
Ce dieu n'avait pas besoin de manger. Il lui suffisait de boire du vin. Il donnait toute sa nourriture à ses deux loups, Geri et Freki, toujours assis à ses pieds. Il avait aussi deux corbeaux, Hugin et Munin (pensée et mémoire) qui survolaient chaque jour le monde pour lui en rapporter les nouvelles. L'animal le plus important pour Odin était Sleipnir, son cheval merveilleux, engendré par Loki. Doté de huit jambes, il était le plus rapide des chevaux.
Odin, dieu de la poésie et de l'inspiration
Odin avait aussi un côté artistique. Il était le dieu de la poésie, ce qui explique sa place prépondérante dans les sources poétiques. Il ne parlait qu'en vers et lui appartenait de distribuer le don d'écriture et l'inspiration. Odin fournissait le précieux hydromel de l'inspiration poétique aux dieux et aux hommes.
Cette boisson fut inventée par les nains à partir du sang de Kvasir, être créé par les dieux en symbole de paix après l'affrontement entre Vanes et Ases. Kvasir était si sage qu'il avait réponse à tout. Il fut tué par deux nains qui mélangèrent son sang à du miel, fabriquant ainsi un breuvage dont la consommation conférait la capacité d'écrire des poèmes. Plus tard, un géant du nom de Suttung enleva l'hydromel. Odin, par son astuce, s'appropria la boisson en séduisant Gunnlod, la fille du géant. Elle accepta qu'il en boive trois gorgées, mais il avala tout et s'enfuit, changé en aigle, pour rejoindre Asgard où il régurgita le liquide.
Le Walhalla et les Walkyries
Son palais était Walhalla. Les nobles et les héros morts au combat rejoignaient ce magnifique palais. Ils prenaient place parmi les Einherjar, héros morts formant l'armée personnelle du dieu, et y coulaient des jours heureux à banqueter et guerroyer en attendant la fin du monde. Walhalla était un palais immense aux nombreuses portes ; ses chevrons étaient taillés dans les hampes des lances, et ses tuiles dans les boucliers.
Les guerriers dévoraient la chair du sanglier Saerihimnir que chaque jour le cuisinier Andhrimnir faisait cuire. Il y avait toujours assez de viande pour nourrir tous les Einherjar, et chaque matin le sanglier entier pouvait être à nouveau cuisiné. La boisson était l'hydromel inépuisable, produit par la chèvre Heidrun.
Les Walkyries, vierges guerrières, servaient Odin et accordaient la victoire selon ses vœux, puis ramenaient leur part de morts au Walhalla. Leur chef était Brünhild. Elle apparaît dans la Volsunga Saga islandaise et dans le Nibelungenlied, poème épique allemand. Dans l'Anneau du Nibelung de Wagner, elle est une médiatrice entre les dieux et les hommes.
L'héritage de Wagner : l'Anneau du Nibelung
La légende des Walkyries fut reprise par le compositeur allemand Richard Wagner dans son opéra la Walkyrie (Die Walküre) en 1870. Cet opéra fait partie de la Tétralogie ou l'Anneau du Nibelung.
Le Ring est un cycle : il s'ouvre lorsque le nain Alberich vole l'or du Rhin pour en forger, au prix du renoncement à l'amour, un anneau, source de toute-puissance ; il se referme quand les filles du Rhin reprennent l'anneau dans les cendres mêlées de Siegfried et Brünhild. Ce vol rompt l'équilibre de la nature. Un désir analogue conduit le dieu Wotan à s'emparer du trésor et de l'anneau d'Alberich. Mais Alberich maudit l'anneau, qui attirera la mort sur ceux qui le tiennent.
Cette œuvre complexe a suscité bien des interprétations. L'unité de cette vaste construction est assurée par la narration et par un réseau de leitmotive. La Chevauchée des Walkyries est d'ailleurs restée très célèbre.
La symbolique de l'anneau dans la mythologie et la fantasy
La symbolique de l'anneau est très importante dans la mythologie scandinave, et est reprise dans l'œuvre de Wagner, mais aussi dans le Seigneur des Anneaux. L'anneau d'Odin, qui en crée huit tous les neuf jours, est très certainement ce qui a influencé Tolkien dans la création de son anneau unique :
Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels, destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous, Un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
La figure d'Odin est aussi reprise dans les jeux Final Fantasy. Il est un dieu que l'on peut invoquer dans certains opus de la série, et son attaque est parfois fatale.