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Essais

Violence et alcool

Témoignage bouleversant : lors d'une sortie, j'ai découvert un ado de 13 ans en coma éthylique, victime de violences paternelles. Une histoire qui prouve que l'alcoolisme cache souvent des souffrances plus profondes.

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La vie n'est pas facile et parsemée d'embûches. L'adolescence est vécue différemment selon les individus. Certains la traversent sereinement, mais pour d'autres, cette période est très difficile.

Personnellement, je ne vis pas cette période difficilement, mais il y a quatre jours, j'ai réalisé que certains la vivaient très mal pour différentes raisons...

Une sortie entre amis qui tourne mal

Je suis en première dans un petit lycée de province. Mon histoire se déroule dans le jardin public, à trois minutes de l'établissement. Les bacs blancs de français se terminaient pour moi et, après un bon mois de révisions, je décidai de faire un tour avec des copains dans ce fameux jardin public.

On était six : cinq garçons et une fille (je garderai les noms pour moi par principe). La coutume des internes quand le beau temps revient, c'est d'aller boire une bière en ville, au bar, ou d'acheter des packs aux commerces du coin — vous voyez le chiffre d'affaires des commerçants depuis la création du lycée ! Nous décidâmes de le faire : un pack de six, une par personne, rien de dangereux ! (Personnellement, je ne bois pas et ce jour-là non plus.)

Arrivés sur les lieux, nous nous installâmes sur un banc. Chacun ouvrit sa bière et but normalement. Un copain prit la mienne... Tout semblait tranquille, jusqu'au moment où, entre une haie et un mur, il y eut du bruit. Cet endroit est réputé pour être une cachette pour beaucoup de jeunes qui s'y cachent pour boire et fumer...

Découverte d'un ado en détresse : coma éthylique

On vit apparaître des personnes que je connaissais. Certains de mes copains allèrent les rejoindre. Ces personnes me semblaient ivres. Ils rigolaient et se moquaient de quelqu'un. Curieux comme je suis, je demandai à un copain de m'expliquer. Il me répondit qu'il y avait un jeune complètement bourré ! Je me rendis dans cet espace pour découvrir quelque chose d'horrible...

Ce groupe était de sortie depuis le début de l'après-midi. Ils étaient avec une bouteille de deux litres de whisky-Coca qu'ils avaient mélangés eux-mêmes. Je découvris tout de suite la raison des ricanements. Dans ce groupe, un enfant de treize ans les accompagnait. Il avait bu un quart d'une bouteille de whisky pur et avait tapé dans celle coupée au Coca. Il était tellement ivre qu'il ne pouvait tenir debout.

Au début, j'ai été choqué par l'ivresse de ce jeune et je repartis sur mon banc. On cria qu'il venait de vomir (vu ce qu'il avait bu, ça ne m'étonnait pas !). Je refis le déplacement. Il était allongé, là, devant moi, la tête dans son vomi. Ça me fit remonter l'estomac et je faillis vomir.

Alcool et violence familiale : un ado en danger

J'ai demandé à une personne si elle le connaissait. Il me répondit qu'il l'avait vu plusieurs fois dans le parc. Il me confia qu'il était au collège et qu'il fumait du cannabis dès le matin, qu'il était toujours en état second ! J'étais surpris qu'un jeune de son âge touche déjà à l'alcool et à la drogue. Il me dit que son père était très violent et que sa mère était partie en Allemagne. Je me sentais de plus en plus mal pour lui.

Il devait rentrer chez son père à six heures. Il était déjà six heures vingt, et il était loin d'être dans son état normal. Il commençait à se poser le problème de son retour chez lui... Voilà qu'on le changea de position : on le mit sur une grosse pierre. Il y resta deux minutes, puis s'écroula par terre dans des bouts de verre, de bouteilles de bière cassées.

Par chance, il ne s'était pas coupé, mais on le changea de position. Il se mit à vomir des choses bizarres, que je n'avais jamais vues. La panique me prit et je dis à toutes les personnes qui étaient avec moi que je comptais appeler les pompiers car il risquait de s'étrangler !

Appel aux secours et révélations sur les violences paternelles

Certains étaient de mon avis, d'autres non car ils avaient peur : eux aussi avaient bu. Je pris mon courage à deux mains, leur demandai de partir et de le laisser avec moi. Je leur dis que j'allais prendre la responsabilité devant les pompiers. Ils s'exécutèrent, sauf deux. Ils le prirent pour le mettre sur un banc de façon qu'il ne s'étrangle pas en vomissant.

On hésitait encore à les appeler car le gamin me demandait de ne pas le faire, sinon son père allait le battre. Je fus très surpris par cette phrase et je me doutais qu'il y avait un problème plus grave que je ne le croyais. Le temps se rafraîchissait, il était en sueur et une personne mit son blouson sur lui pour le réchauffer. Cette personne prit la décision d'appeler les pompiers et le fit !

L'enfant se débattit car il voulait partir et avait peur de son père. Après avoir appelé, son copain et lui partirent car eux aussi avaient bu une bière et avaient peur de la police ! Je mis mon blouson à la place de celui qui venait de partir et, en le mettant, j'ai poussé son T-shirt. Et là, j'ai découvert deux trous d'un à deux centimètres de diamètre dans le dos. Ces blessures ressemblaient à des brûlures.

Sur le coup, je lui ai demandé des explications. Il m'a sorti que c'était une chute de vélo. Jamais une chute de vélo n'aurait pu faire une blessure pareille ! Ensuite, j'ai appris qu'il avait mal à une épaule. Elle était cassée et, avec les copains, on a bien pensé à des brutalités de la part de son père.

Intervention des pompiers et signalement de la maltraitance

Cinq minutes plus tard, toujours pas de pompiers. Quand je l'ai vu vomir du sang, j'ai pris mon téléphone et je les ai rappelés pour leur demander de se dépêcher. Quand il a entendu la sonnerie du camion de pompier, il a essayé de s'enfuir, mais nous l'avons retenu en le plaquant dans l'herbe. Il avait tellement peur qu'il a failli mettre un coup de poing à une fille qui nous aidait.

Les pompiers sont arrivés et l'ont pris en charge. Je me sentais un peu soulagé : enfin des adultes ! Nous avons insisté sur les problèmes de famille qu'il vivait. Le maire est arrivé et nous lui avons tout expliqué en détail. Avec une de ses assistantes, ils ont osé aller voir le père du garçon.

Cette histoire m'a choqué sur les problèmes que peuvent vivre beaucoup de jeunes et la solitude qu'ils peuvent ressentir... À l'hôpital, j'aurais espéré qu'ils le gardent pour s'occuper de lui, mais le lendemain, son père est venu le chercher. J'étais dépité. J'ai eu l'impression que l'effort pour l'aider n'avait servi à rien ! Mais je me suis mis en contact avec l'assistante sociale du lycée et elle s'occupe de lui.

Conclusion : l'alcool, symptôme de souffrances profondes

Des procédures sont mises en place : ce garçon va être mis en protection contre son père. Vous voyez, un seul élément peut changer une vie.

Je veux insister auprès de vous : l'alcool ne permet en aucun cas d'oublier, et il me l'a confié ! Si vous voyez une personne en danger, aidez-la ! Souvent, un problème de drogue ou d'alcoolisme peut cacher des problèmes plus graves. Je me sens bien de l'avoir aidé et je reste à sa disposition s'il a besoin de moi !

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el rose
el rose @el rose
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