
Je vais vous ouvrir mon cœur pour vous raconter la plus terrible expérience qui me soit arrivée.
Je sais que de nombreux articles parlent du viol et je trouve ça très bien d'en parler, car malheureusement pour nous tous, le viol est un acte courant et beaucoup trop répandu de nos jours.
Mon histoire : une rencontre banale qui a tout changé
Voilà, il y a un peu plus d'un an, j'étais alors en seconde, dans un lycée privé sous contrat. J'avais une vie totalement banale et tout se passait bien pour moi, jusqu'à ce que je rencontre un garçon de mon lycée.
On se connaissait à peine, mais il est venu me parler et on a fait connaissance. Jusque-là, aucun problème, c'était normal, et je le trouvais plutôt sympa ! Mais je me suis trompée et je ne me doutais pas du tout de ce qui allait m'arriver.
Le jour où tout a basculé
Dans mon lycée, il y avait un internat, et ce garçon y était inscrit. Il m'a donné rendez-vous un jour, dans sa chambre, pour que l'on discute soi-disant. Je ne pense pas être une fille naïve, je ne me suis pas du tout méfiée.
Quand je suis rentrée dans sa chambre, il y avait du monde, mais il les a fait sortir car il voulait me parler seul à seul. Là, j'ai commencé à avoir un peu peur car il a fermé la porte à clé. Mais je me suis dit sur le moment que c'était pour pas que les autres viennent écouter.
On a discuté normalement, mais d'un seul coup, il a changé de comportement envers moi et il m'a mise sur le lit. À ce moment-là, je paniquais réellement, et ce que je n'arrive toujours pas à comprendre, c'est que j'aurais pu lui mettre un coup... Et je pense que ça l'aurait calmé, mais je n'ai rien fait de tout ça, ce qui n'est pas dans ma nature.
Je me suis à peine débattue, mais je pleurais et je répétais NON... NON... NON... Mais rien n'y fit, il continuait, et je me suis sentie impuissante devant sa force. Je ne pouvais plus bouger sous son poids et le plus étrange, c'est que je me suis vue d'en haut, au-dessus de mon corps. Je regardais, et je ne pouvais rien faire. Cette sensation d'impuissance, c'était vraiment horrible.
Après ça, il a ouvert la porte et je suis sortie, en pleurant toutes les larmes de mon corps. Je venais d'être dépucelée contre mon gré, moi qui rêvais d'une première fois romantique, avec quelqu'un que j'aurais aimé. Ce rêve ne pourra maintenant jamais se réaliser.
Ma vie venait de basculer malgré moi. Je me sentais honteuse, perdue, ne sachant quoi faire ni à qui en parler. La première personne à qui je me suis confiée, c'était une très bonne copine de classe, qui m'a emmenée directement acheter la pilule du lendemain. Car évidemment, il ne s'était pas protégé. J'ai eu très peur à un moment, me disant que je pouvais avoir le SIDA, cette maladie qui tue tant de personnes dans le monde.
Le silence et la reconstruction après un viol
Je n'ai pas pu en parler à quelqu'un d'autre, et durant toute mon année scolaire, je croisais ce garçon, qui me regardait en souriant, et qui a gâché ma vie.
Je ne faisais plus rien en cours, je n'écoutais plus, mais j'ai redressé la pente doucement, et seule. Je suis passée en première et j'ai changé de lycée. Mes parents ont cru que je changeais pour une option, mais c'était pour m'éloigner de lui, pour essayer d'oublier.
Mais je me suis vite rendu compte qu'une chose pareille ne s'oublie pas, elle reste omniprésente, chaque jour, chaque minute. Ce sentiment d'avoir été salie me hante toujours.
Parler à sa mère : un tournant vers la guérison
Mais j'ai fait un grand pas vers l'avant car durant une dispute avec ma mère, je lui ai tout dit. Et sur le moment elle ne m'a pas crue, je me suis sentie tomber dans un gouffre. Moi qui gardais ce terrible fardeau depuis un an, j'ai enfin réussi à lui dire et elle ne me croyait pas.
Ma mère est une personne formidable, car en réalité, elle ne voulait pas admettre qu'il m'était arrivé une telle chose. Mais elle m'a crue, car elle avait bien vu que depuis un an je ne croyais plus en rien, et que pour moi la vie n'avait plus de couleur. Elle m'a alors prise dans ses bras et m'a dit que je serai toujours son bébé, et qu'elle ne voulait plus que personne ne me fasse du mal.
Elle a voulu savoir qui est le coupable mais ça a été au-dessus de mes forces de lui dire, car rien qu'à l'idée d'aller raconter mon histoire à la police je ne le supportais pas. C'est tellement dur d'en parler ! Je sais que si je ne porte pas plainte il pourra recommencer, mais pour le moment je ne m'en sens pas la force.
Retrouver le goût à la vie
J'ai repris goût à la vie, j'ai eu beaucoup de petits copains, que je quittais à chaque fois, sans doute une vengeance, mais je me suis aperçue que je ne devais pas faire payer ça aux autres.
À présent j'ai un petit copain et tout se passe bien. Le seul problème, c'est que j'ai terriblement peur de coucher avec lui, mais d'un côté je me dis que je dois affronter mes peurs, mais c'est dur.
Message aux victimes : vous n'êtes pas coupables
Maintenant je voudrais dire à tous ceux qui ont vécu ça, qu'ils ne doivent pas s'en vouloir. Ce n'est pas leur faute, nous ne sommes pas coupables. Il faut absolument en parler, et pour ceux qui ont plus de courage que moi, aller au commissariat pour que tous ceux qui commettent ce genre de CRIME soient punis.
Je ne sais pas si mon article vous aura intéressé, mais il fallait que j'en parle et que je le raconte, car à présent je n'ai plus honte !