
Je suis née le 9 novembre 1987 avec, en moi, un reflux gastro-œsophagien et un diverticule de Meckel qui n'ont pas été décelés. Nous sommes en 1989 : ma mère découvre jour après jour du sang dans mes couches. Mes parents, affolés puisque j'étais leur premier enfant, cherchent avec l'aide de médecins ce qui pourrait provoquer un tel saignement.
Un an plus tard, à l'âge de trois ans, j'attrape le rotavirus. Je dois rester à la maison plus d'un mois. Paradoxalement, plus aucun saignement n'apparaît, mais en revanche, la maladie se déclare différemment. Je suis soignée et l'on met un point final à ces mystérieux saignements.
Douleurs abdominales : des années d'errance médicale
En 1991, ça fait un mois que des crises de douleur envahissent mon bas-ventre. Je me roule en boule pendant un quart d'heure maximum, puis je recommence à jouer. Imaginez la difficulté pour mes parents de prouver que je faisais de telles crises. Certains médecins ont pensé que je jouais la comédie pour ne pas retourner à l'école ; d'autres, par contre, ne comprenaient pas et continuaient à chercher.
Les examens furent désagréables et douloureux. J'avais la chance d'avoir ma mère et mon père présents pour m'aider, mais à chaque fois que nous recevions une mauvaise nouvelle, c'était comme si tout ce que nous faisions ne servait à rien.
Diverticule de Meckel : le diagnostic qui a sauvé ma vie
Peu de temps après ces échecs, nous faisons la connaissance d'une jeune médecin tout juste sortie de l'école. Nous lui demandons de m'examiner et de chercher une dernière fois, car l'une des radios récemment passées montrait une masse au niveau des intestins.
Est-ce le destin ou une simple chance ? Cette jeune étudiante avait fait son mémoire sur les diverticules. Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c'est qu'elle m'a sauvé la vie. En effet, je souffrais d'un diverticule de Meckel et d'un reflux. Je fus opérée quelque temps après et je me remis vite sur pied.
Mais je crois que c'aurait été trop beau que tout se termine aussi facilement !
L'après-opération et l'hyperactivité
J'avais 4 ans et demi lors de l'intervention. Je ne comprenais pas grand-chose et, en plus de cela, je ne comprenais pas pourquoi je devais encore prendre des médicaments (ceux-ci me soignaient contre mon reflux). Suite à cela, je développe une fixation sur ma mort, qui me semblait proche mais ne l'était pas.
Trois ans plus tard, mon reflux avait disparu selon les médecins ! Mais une hyperactivité s'était développée en moi. Je me détruis encore plus la santé : je ne dors pratiquement plus et je ne mange plus. Je suis faible physiquement et moralement. Mes parents me font repasser des tests et je suis ensuite placée dans un centre pour enfants hyperactifs et autistes.
Un an plus tard, je fête mes 8 ans et ma guérison totale, tout en sachant bien que l'hyperactivité est toujours présente dans un coin de la tête et peut toujours reprendre le dessus.
Œsophagite et reflux : la rechute à l'adolescence
Nous sommes enfin débarrassés de cette épreuve, croient les voisins et la famille, mais hélas non. Nous sommes en 1999 et, à nouveau, je recommence à être malade. Cette fois, c'est différent : j'ai une sensation de brûlure au niveau de l'œsophage.
Diagnostic : une œsophagite, soit un ulcère de type 1. Je suis mise de nouveau sous des médicaments à forte dose et avec énormément d'effets secondaires. Pendant les quatre années qui vont suivre, je vais prendre de 5 à 15 cachets par jour pour faire disparaître la douleur. Je dois encore subir énormément d'examens, mais rebelote : j'ai toujours aussi mal.
Mon opération du reflux gastro-œsophagien
Ce n'est que cette année que j'ai pris mon courage à deux mains et que j'ai décidé de me faire opérer. Les seuls inconvénients : trois examens extrêmement désagréables :
- La manométrie : un tuyau enfoncé par le nez jusqu'à l'œsophage pendant 10 minutes environ.
- La pH-métrie : un tuyau enfoncé par le nez jusqu'à l'estomac à conserver pendant 24 heures avec des notes à prendre.
- L'endo : on vous fait boire un produit crayeux, un peu comme du plâtre, avec un goût infect, pendant plus ou moins 15 minutes.
Les examens passés, seul un des médecins n'était pas d'accord pour que je me fasse opérer. Pour lui, j'avais bien un reflux, mais pas assez présent (ses résultats : 48 reflux en 24 heures, d'une durée moyenne de 4 minutes — imaginez toutes les 30 minutes une brûlure qui dure 4 minutes). Mais grâce à mes antécédents et au fait que ma famille avait elle aussi été opérée, je peux suivre cette intervention et m'en sortir une bonne fois pour toutes.
Ma vie aujourd'hui : guérie et heureuse
Aujourd'hui, tout se passe bien dans ma vie : je suis soignée et de nouveau je revis. Je peux enfin pratiquer du sport, suivre une scolarité normale et avoir enfin la possibilité de me faire des amis sans leur expliquer dès le début pourquoi je suis si souvent malade.
Gardez toujours confiance en quelque chose et vous verrez que la vie vous aidera un jour. Je remercie les médecins de m'avoir entourée ainsi que les infirmières.