
Bob avait été convié à une soirée d'anniversaire par une fille dont il avait fait la connaissance quelques jours plus tôt. Après une journée bien remplie, cette jeune femme pleine de charme l'appela pour lui annoncer qu'une de ses amies venait le chercher dans quinze minutes sur les marches du théâtre. En effet, il ne pouvait prendre sa voiture : il était juste au niveau argent et on ne sait jamais comment on risque de finir dans une soirée pareille. Trente minutes plus tard, la fameuse amie se pointait au lieu de rendez-vous prévu. Marion était son prénom, ou quelque chose comme ça. Bob remarqua assez rapidement que son sens de l'orientation n'était pas des plus développé. Bref, après cinquante minutes de route au lieu de quinze, ils arrivèrent à la fameuse soirée. À cette fête, Bob ne connaissait donc que deux personnes : Marion et Lady G., celle qui l'avait invité.
Une soirée marquée par l'ennui et l'attente
Le début de soirée était plutôt normal, tout le monde s'observait car peu se connaissaient. Ceux qui étaient venus en bande se remémoraient les bons moments passés ensemble et les autres, Bob y compris, hochaient la tête de façon significative avec un sourire forcé. Au bout du troisième verre et de la huitième cigarette, il osa regarder l'heure : une heure, une malheureuse heure s'était écoulée, rien que ça. Son cerveau devenait fou : trop de prénoms, trop d'histoires sans importance, et pas une vision de Lady G... Bob se décida à rouler un joint, la convivialité que cela apporte pouvait lui permettre de se fondre dans la masse. Au tiers du joint, il le fit tourner de façon à ce qu'on ne le prenne pas pour un radin qui roule pour sa gueule.
Soudain, Lady G. et sa voix ensorceleuse se posèrent près de lui et ils commencèrent une conversation avec Sir M. Ils parlèrent musique, écriture. Sir O. s'installa de son autre côté et éplucha son herbe. Il se préparait une douille tant bien que mal, assez grosse. Bob avait déjà rencontré ce mec deux jours auparavant : il lui avait semblé cool et avec un bon fond. Une conversation s'engagea lorsqu'il emprunta son feu et sortit consommer sa douille. À peine l'effet pouvait-il se faire sentir qu'il enchaîna une seconde, puis une troisième. Lorsque Bob voulut reprendre la conversation, il comprit que c'était vain : Sir O. était « fracass ».
Une quête nocturne inattendue
Il fallait donc à Bob trouver un autre compère, vu que Sir M. lui aussi somnolait sur un coin de la table. Les heures n'avançaient pas : ça en faisait trois qu'il se trouvait ici et le mauvais goût musical l'écœurait. Encore quelques verres et beaucoup de cigarettes passaient, un sourire intéressé ici et là, un service rendu, une bière qu'on passe de main en main, une feuille qu'on dépanne sans voir la couleur du joint. Lady G., naturellement, se trouvait occupée : elle retrouvait des potes. Bob ne pouvait lui en vouloir. Il lui suffisait de lui faire un petit sourire, de lui souffler un murmure pour revigorer Bob et lui donner l'envie de rester. Il ne se faisait pas vraiment tard, vers deux heures du matin, mais Bob commençait à saturer.
Un texto le réveilla de son état contemplatif. Une de ses amies — et d'ailleurs ex-petite amie — se trouvait dans une embrouille d'argent avec un pote d'un pote d'une connaissance qui lui avait emprunté une cinquantaine d'euros et refusait de les rendre. Sans hésiter, Bob se proposa pour aller récupérer la somme avec elle. Seulement, il n'avait pas sa voiture et donc il ne pouvait pas se casser comme ça. Sa copine était OK pour venir le chercher, mais les explications se compliquaient lorsqu'il fallait quitter les routes nationales. Il décida donc, un peu gêné, de déranger Lady G. pour lui demander des explications. Avec une grande générosité certainement innée, elle lui proposa de trouver quelqu'un qui puisse et qui veuille bien l'emmener sur un parking facile à trouver.
Trente secondes plus tard, Lady G. revint avec un mec, un des seuls à ne pas avoir bu ou fumé. Son prénom, Bob ne le connaissait pas, il l'appellera Fueguo. Ce nom lui correspondait bien, car il en avait une et en était fier. Lady G., toujours aussi généreuse et sympathique, quitta sa propre soirée pour venir avec eux. Après environ trente minutes d'attente et une discussion cette fois-ci construite et intéressante, l'amie de Bob, Lady V., arrivait. Elle aussi avait quitté une soirée d'anniversaire quelque peu inintéressante. Ils roulèrent en direction du centre-ville, fumèrent un joint et discutèrent bien. À peine arrivés dans la rue où logeait le mec réticent à donner l'argent, ils le virent sur le trottoir. Ils s'arrêtèrent et, sans mot dire, le mec sortit les cinquante euros et ils repartirent tranquillement.
Retour au calme et réflexions sur la soirée
C'était l'anniversaire de Lady V. et, évidemment, Bob n'avait pas de cadeau. Ils allèrent chez Bob pour se poser un peu. La copine de Bob avait reçu un narguilé pour son anniversaire par une de ses amies : il revenait à Bob l'honneur de l'inaugurer. Son narguilé n'était pas un truc de compétition, mais il faisait l'affaire. Ils s'installèrent devant la télé et regardèrent un concert peu intéressant mais divertissant. Lady V. ne tarda pas à rentrer chez elle. Dans un dernier sursaut de volonté, Bob se roula un joint avant de se coucher, le sourire aux lèvres. Avant de partir dans son sommeil, Bob n'aspirait qu'à une chose : ne pas retrouver cette soirée cartésienne dans ses rêves, il voulait bien dormir...
Cependant, malgré un ennui certain durant cette soirée, Bob était satisfait d'avoir vu Lady G. et serait très heureux de la revoir pour mieux la connaître, et pourquoi pas nouer quelque chose. Bob doit avouer que les soirées cartésiennes peuvent être dures et longues. Seulement, elles apportent du vécu important pour l'ouverture d'esprit et la compréhension des autres, étape cruciale dans la connaissance de soi.