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Essais

Une mort

Assassinée à 15 ans, une adolescente s'élève vers l'inconnu avec humour et curiosité. Entre anges et paradis, elle découvre un au-delà aussi inattendu que poétique.

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La vie quitte mon corps lentement. Le poignard reste fiché dans mon cœur, mais je m'en moque à présent. Il a autant d'importance pour moi que le sang qui coule sur mon ventre. Mes yeux se voilent de blanc et soudain, je ne suis plus là.

Remarquez, je ne suis pas loin. Au-dessus de mon cadavre, exactement. Mais vous ne pouvez pas me voir. Moi non plus, du reste. Je suis invisible. Le mot « cadavre » me fait frissonner, mais c'est ainsi qu'il faut désigner mon corps sans vie. Nous ne nous attarderons pas sur ce passage qui me rappelle les pires films d'horreur que j'ai pu voir. Pas beaucoup, certes : quand on est assassinée à 15 ans, on n'a pas beaucoup vu de films d'horreur.

Je monte. Je suis en train de chercher le paradis. Il est à noter que je n'ai jamais cru en Dieu, mais maintenant que je suis invisible et que je vole, ça se discute. À noter aussi que le paradis que je cherche n'existe peut-être pas, car je ne vois toujours rien. Avis partagés... Sceptique, comme toujours. Ne pas confondre avec les antiseptiques. Ah, qu'est-ce que je suis drôle ! Quand on n'a que soi comme public, on peut se permettre de faire de l'humour ! On peut rire de tout, pas avec n'importe qui, mais avec soi-même ? Question intéressante, à creuser quand j'en aurai le temps. En l'occurrence, j'ai le temps. Mais pas l'envie. Il faut les deux, vous l'avouerez.

Voilà que j'aperçois quelque chose. Une forme qui vient vers moi. Qui vole vers moi, pour être plus précise. Elle me parle. Elle m'appelle. Mais comment fait-elle pour connaître mon prénom, celle-là ? Elle est vraiment bizarre avec ses deux ailes blanches et sa petite auréole sur la tête. Tiens, ça me fait penser à ma propre transparence. D'ailleurs, ma transparence n'est plus. J'ai maintenant des ailes blanches et une auréole, moi aussi. L'ange — puisque c'en est sûrement une — me fait signe de la suivre. Je la suis. Nous volons pendant des heures, au-dessus de la Terre, en dessous des nuages que nous traversons parfois. C'est beau. Je n'aurais jamais pensé dire ça de ce monde, mais c'est beau. Puis j'aperçois une autre forme blanche. Plus grande. Beaucoup plus grande. Le paradis. L'ange y entre, je la suis... Et pour le reste, je n'ai pas le droit de le dire. À vous d'imaginer.

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liz13
liz13 @liz13
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