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Essais

Un viol, un abus, un petit garçon de 6 ans, et maintenant... ?

Un témoignage brut sur un abus sexuel subi à 7 ans : troubles, questions sur la sexualité et lent chemin vers la reconstruction. Un récit poignant pour briser le silence.

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Prise de conscience et souvenir d'enfance

Un soir de fatigue, pas un soir de débauche, juste une prise de conscience en lisant des sujets intéressants sur un forum.

Ce n'est ici en aucun cas un appel au secours, ni une lettre de plainte, juste un témoignage de haine et de destruction provoquée par un homme. Il devait avoir la cinquantaine, moi j'en étais à peu près à mon septième anniversaire. Un vieux à l'apparence inoffensive qui donne des bonbons en haut de la rue. Un homme en qui moi, petit innocent aveugle et souriant à la vie, offre ma confiance comme n'importe quel enfant à n'importe quel adulte.

On le surnomme Dédé, il est gentil et donne des bonbons à nous, les gosses qui passons des heures sur nos vélos dans la rue, dans le 7ème de Marseille.

L'agression sexuelle d'un enfant

Voilà que mon frère aîné et notre voisin partent et que je me retrouve seul devant lui, devant sa porte. Bien que le tout soit assez flou, je me souviens de son intérieur. Il m'indique d'aller voir dans le jardin ses tomates et me voici en train de descendre l'escalier. La chaleur marseillaise est torride et je me cache sous l'escalier, une dinette de fille, étrange.

Il arrive et là je ne sais plus bien, il me regarde et je ne sais pas comment ni pourquoi, on se roule une pelle, moi à 7 ans, lui à 60. Il tourne sa langue, je trouve ça bizarre, je ne comprends pas. Il continue, je n'ai aucun souvenir de plaisir. Il me demande ensuite si je l'aime. Je lui réponds positivement comme je l'aurais fait avec le premier venu : il est gentil et donne des bonbons. Pourquoi ne pas l'aimer ? Un enfant connaît-il l'Amour ?

« Alors si tu m'aimes, montre-moi ton zizi. » Je remonte l'escalier pour sortir, je ne capte rien. La porte est fermée, il me rassure, tout est flou, je ne me rappelle de rien au moment où j'écris. Je finis par lui montrer ma chose, à mon âge ce n'était pas ce que c'est aujourd'hui. Il la goûte et continue. Je ne comprends toujours pas quel plaisir il a eu à faire ça. Moi, je ne me souviens pas non plus avoir ressenti quelque chose. Il fait chaud et je trouve ça presque sale. Rien de plus heureusement. Rentré chez moi, je me passe la zigounette sous le robinet, je trouve ça crade.

Troubles et reconstruction après l'abus

Vient ensuite plusieurs années de trou noir. D'envie de pleurer tous les matins. De ne pas comprendre les gens, de n'avoir que des copines qui ne le sont pas. On se moque de moi. Je ne pourrais dire l'âge auquel, un matin, j'ai tout raconté à maman, j'ai pleuré, et je ne me souviens plus de sa réaction. Trou noir des dates, des années, du temps qui s'est écoulé ; juste cette piteuse envie de pleurer qui me prenait tous les matins, puis le fait de l'avoir raconté, d'avoir été le bouc-émissaire d'un collège, de n'avoir aucun ami.

En quatrième, je commence à écrire des textes, des impressions, des sentiments. Un journal ? Presque, juste un espace dans lequel je me défoule, je me lâche, aucun rapport cela dit avec ma mésaventure. Fin de troisième, un nouveau monde, les gens me parlent, ils ne m'insultent pas. En seconde, je commence à me rendre compte que des gens peuvent être gentils, peuvent rigoler ; premier fou rire, premier délire, première clope.

Deuxième seconde, ma vie s'ouvre et je découvre les joies de la défonce, de l'alcool, du pétard, de choses qui changent. Première, je change, je me transforme, je parle, je découvre les mecs, les filles, le choix. Je me rends compte que je ne suis pas laid, que je peux rigoler. Je commence à en parler. Ma vie serait sous forme de schéma un contraste : avant c'était fermé, fini, aujourd'hui le monde s'ouvre. Je ne sais pas si vous visualisez. Enfin bref, j'écris beaucoup depuis la quatrième, de tout : des poèmes, des textes, des trucs tordus.

Témoignage : le bilan et les questions d'aujourd'hui

Aujourd'hui, j'en parle, je me sens mieux, j'ai d'énormes doutes sur tout. Sur ma sexualité ? En premier lieu oui. Je bois et fume trop. Juste pour ne pas penser à la merde qui m'est arrivée. Et peut-être que je ne suis qu'un ado en crise, mais je pense que cet homme n'est pas inconnu à mes tourments. Le peu qu'il m'a fait, ben je pense que ça m'a troublé.

On me répète ces derniers temps que je n'y suis pour rien, que j'ai été violé. Que je devrais aller voir un psy. Jusqu'à très récemment, tout était de ma faute : je lui avais dit que oui je l'aimais et que ceci explique cela.

Que pense l'opinion publique ? Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Cela a-t-il des effets sur mes états et mes réflexions ?

Je vous ai présenté ici un micro-résumé. Des centaines de détails importants ne sont pas ici mais je ne suis pas stable aujourd'hui, mes parents me le disent. Je ne bosse pas sérieusement, je fume trop, je picole, j'essaye des trucs et je suis vierge. Bizarre hein ? J'ai essayé avec une fille mais ça n'a pas marché et je me refuse de faire ça pour la première fois avec un mec. Bien entendu, les préliminaires et tout ça je connais, mais aucune pénétration pour parler crûment, même si cela fut très très très proche avec certains, je ne peux pas ; je suis convaincu qu'il faut que je commence avec une fille. Étrange hein ? Et chiant aussi !

Alors boire ou fumer, éviter, se retenir !

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cypri20
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