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Essais

Un ptit frère... Comme c'est meûgnon !

Quand mon père de 56 ans a annoncé qu'il faisait un quatrième enfant, j'ai envisagé toutes les solutions pour éviter cette catastrophe. Récit d'une guerre fraternelle qui s'est mal terminée...

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Ah, l'amour ! Même passé 56 ans, quand le temps commence vraiment ses ravages (doux euphémisme pour désigner la lente mais inexorable décrépitude), votre père, tout ridé et dont le dernier cheveu est tombé il y a plusieurs décennies, a réussi à trouver une femme... Une femme jeune de surcroît et, hélas !, encore capable de mettre au monde de merveilleux enfants geignards, édentés et tout frippés...

Quand on m'a annoncé la nouvelle, je n'y ai pas cru... C'était pas possible : mon père, non content d'avoir déjà aidé à la surpopulation terrienne en contribuant à la naissance de 3 rejetons, continuait son œuvre destructrice avec un projet de formation d'un quatrième petit lui-même... Consciente du rôle prépondérant que je pouvais jouer pour éviter à la société l'arrivée d'une énième petite chose dépendante, baveuse, visqueuse et puante, j'ai envisagé toutes les possibilités pour supprimer la « chose » hurlante qui commençait à gesticuler dans sa bulle de placenta...

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Opération destruction du petit frère

Tout d'abord, j'ai présenté à mon père tous les intérêts qu'il trouverait à abandonner son futur fils (économies et possibilité d'abandonner la mère du même coup, ce qui lui permettrait de retrouver une encore plus jeune femme grâce à l'argent économisé)... Même s'il était trop tard pour l'avortement, l'erreur était encore réparable... Une famille courageuse serait peut-être intéressée (je n'ai pas pu cacher mes doutes à ce sujet)... Mais, à défaut d'obtenir l'éradication définitive de l'avorton, je n'ai réussi qu'à gagner le discrédit familial...

Alors, quand le « truc » est né, je n'avais plus qu'une solution : effectuer moi-même le sale boulot... À tous ceux qui me jugent inhumaine, je proposerai l'expérience des longues nuits passées à entendre hurler le petit (et des douloureux matins où il a fallu se lever pour aller au lycée, les sœurs sinistrées par l'arrivée d'un frère ne bénéficiant hélas pas de congé maladie psychique), des longues heures à respirer des émanations probablement toxiques, sans compter celles où il a fallu apprendre à réaliser cette prouesse technique qui consiste à défaire une couche sans s'enduire les doigts des défécations de la chose.

J'ai d'abord pensé à l'étouffer dans ses propres couches (vu l'odeur qui en émanait, il serait mort sur le coup) mais un bébé le visage recouvert de ses propres excréments n'évoque pas forcément la mort naturelle ou le suicide...

Alors j'ai résolu de le noyer dans les toilettes... Ben oui, ça arrive à tous les bébés lors de leur exploration de la maison de tomber dans la cuvette... Le truc, c'est que ce petit idiot n'a pas du tout compris que l'heure était dramatique et il s'est mis à crier de joie (que ce soit de récrimination ou de bonheur, il passe son temps à hurler... Envie d'aller à la Star Academy, peut-être ?) ce qui a alerté sa mère chérie (la seule personne à qui il fait le privilège de ne pas vomir dessus)...

Voilà pourquoi la rédaction de cet article s'est achevée à l'Hôpital Psychiatrique des Hurlements... Finalement, j'étais pas si mal chez moi...

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punky.streak
Streak Punky @punky.streak
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