
Le quotidien de Clotilde dans le bus
Nous voici dans le bus, c'est ici que commencent presque toutes les journées de Clotilde. Tous les matins, cette même cérémonie, cette même longue route qui l'emmène à l'école, qu'elle en ait le courage ou non. Car oui, il y a des jours où elle n'en a pas le courage. Pas le courage d'arriver à l'école et de supporter les regards moqueurs ou curieux, les remarques méchantes ou simplement bêtes.
Pourquoi Clotilde attire-t-elle les regards ?
Qu'a-t-elle de spécial, me demanderez-vous ? Pourquoi elle ? Qu'est-ce qu'elle a qui attire à ce point le regard ? Eh bien, rien. Elle n'est pas défigurée — bien que cela n'excuserait personne de la dévisager —, elle n'est pas excentrique, elle n'a rien qui pourrait la rendre plus remarquable que les autres. Seulement, elle ne réagit pas comme tout le monde. Elle ne se fait pas remarquer pour le plaisir d'être vue, elle ne joue pas les chefs de bande et elle n'essaie pas de s'attirer la sympathie des gens qu'elle n'aime pas, juste pour montrer qu'elle connaît une personne soi-disant « mieux » que les autres.
Une fille qui refuse de rentrer dans le rang
On croit qu'elle n'aime pas se faire des amis, mais c'est faux : elle choisit simplement ses amis d'après d'autres critères que les taux de popularité. On croit qu'elle aime se faire remarquer, mais c'est également faux. Elle n'aime simplement pas rentrer dans le rang, elle ne croit pas à tout ce qu'on peut lui apprendre, elle n'avale pas des idées toutes faites. Elle aime être différente, ne pas suivre la mode du moment. Ça lui donne l'impression d'être vraiment unique.
La peur de la différence chez les autres
C'est vrai qu'aujourd'hui, tout le monde un jour ou l'autre fait quelque chose qui ne lui tient pas à cœur, rien que pour se rapprocher un peu plus des autres. Et c'est un tort. Ce qui devrait rapprocher les gens, ce sont leurs différences. Mais au contraire, il s'opère un classement presque naturel qui amène les gens à choisir leurs amis parmi leurs « semblables ».
Clotilde arrive donc à l'école. Mais aujourd'hui, elle n'entend pas les remarques. Elle ne voit pas les grimaces — proches d'une moue de dégoût comme on en ferait devant quelque chose qui nous répugne. Elle n'entend pas les rires, elle ne remarque rien. Cela, non pas parce que les remarques ont cessé. Non, les gens ne se résoudraient jamais à réfléchir au point d'accepter les gens différents d'eux, simplement parce qu'ils ont peur de la différence. Oui, ils ont peur parce que ce qui est différent n'est pas gérable. Ils n'ont pas appris à se comporter face à quelqu'un ou quelque chose qu'ils ne reconnaissent pas dans leurs normes (désolée d'utiliser ce mot qui pour moi n'existe pas, mais je n'ai pas trouvé plus approprié). Ils sont trop intolérants pour ça.
Le jour où Clotilde a choisi de s'accepter
Si elle ne remarque personne aujourd'hui, c'est qu'elle a fait l'effort de réfléchir à la place des autres. Elle en est arrivée à la conclusion que si ces gens ne l'acceptaient pas, cela n'avait aucune importance pour elle, vu qu'elle n'avait aucune envie d'en faire ses amis — et ceci pour leur manque de réflexion. Elle se dit que ses vrais amis, eux, l'acceptent telle qu'elle est, et qu'elle n'a nul besoin de plus.
Pour la première fois de sa vie, Clotilde arrive à l'école les yeux droits devant elle, sans un regard pour ses pieds. Elle avance et regarde chacun dans les yeux, elle croise tous les regards. Elle se sent autre. Elle avance toujours. Elle renaît. C'est magique. Elle est quelqu'un et personne d'autre sur cette terre n'est elle. Elle est unique.
Clotilde décida donc de n'accorder plus aucune importance au côté négatif du regard des autres — elle ne pourrait de toute façon pas le changer. Elle arrive le visage fier et tourné vers l'avenir.
Un message pour toi : tu es unique
Toi, derrière ton écran, là ! Toi qui me lis — ce dont je te remercie —, tu es unique. Tu es toi et c'est ce que tu peux apporter de plus beau au monde : une diversité. Et en me lisant, tu me permettras d'être vivante pour toi, de faire savoir à quelqu'un sur cette terre que j'existe. Merci.
J'attends vos commentaires, soyez sincères.