
La sonnerie de l'horloge retentit. Il est cinq heures de l'après-midi, les oiseaux chantent, certains se battent, les enfants chahutent dehors et profitent de ce jour ensoleillé pour jouer au football. Mais pourquoi faut-il qu'ils jouent juste en face de chez moi ? Ce n'est pas possible d'avoir le calme ici, vraiment pas possible ! Tout le monde s'est réuni dans le salon pour regarder un film. Ils ont branché le téléviseur à la mini-chaîne pour amplifier le son. Et moi qui comptais m'avancer dans mes révisions, je crois qu'une fois de plus, c'est raté.

Soudainement, un bourdonnement envahit ma tête. Les sons qui m'entouraient semblaient diminuer au fur et à mesure que les secondes passaient. La lumière devint discrète pour laisser sa place aux ténèbres. Un grand bruit envahit la maison. Je sors de ma chambre pour voir ce qu'il se passe. La raison de ce bruit, c'est qu'il n'y a plus d'électricité. Il n'y a plus de quoi s'occuper dans le salon alors la dispute éclate. Avec ce bourdonnement continu dans ma tête, ça n'arrange rien. Les sons montent dans les aigus, mes oreilles résonnent, j'ai l'impression que ma tête va exploser !
Je ne comprendrai jamais les enfants et leur envie de s'amuser tout le temps. On dirait qu'ils ne font que ça, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Je me dirige vers la fenêtre pour les observer. Il y en a un qui poursuit un autre à vélo pour récupérer quelque chose que le premier enfant lui aurait volé. Les autres enfants continuent à jouer au football dans ma rue.
C'est à ce moment-là qu'un des gamins tire. Le ballon a changé de direction et arrive tout droit sur moi. Il va percuter ma fenêtre ! Je reste figée en espérant qu'il tombe avant. Je sais que je devrais bouger, mais je ne sais pas pourquoi je n'y arrive pas. Je reste là à espérer que rien ne se passe. Mais trop tard, le ballon va casser la fenêtre, il faut que je bouge !
Je sursaute et, avant même que je puisse me déplacer, j'ai perdu le ballon des yeux. Il a littéralement disparu ! Mais apparemment, personne ne s'en est aperçu sauf moi. On dirait que les enfants continuent à jouer... mais sans ballon. Là, les enfants disparaissent un à un.
Je me retourne pour alerter ma famille, mais personne n'a l'air de m'entendre. Je tente de crier, de faire des signes, mais en vain. Et là, le phénomène se reproduit de nouveau. Les membres de ma famille se volatilisent un par un. J'ai l'impression de faire un cauchemar. Je voudrais me réveiller, mais malheureusement pour moi, ce n'est pas un cauchemar. Le silence envahit la maison, il n'y a plus aucun bruit dehors, de même qu'à l'intérieur. Le bourdonnement a décidé de quitter ma boîte crânienne.

C'est le silence complet. Je n'y comprends strictement rien. J'essaye de trouver quelqu'un aux alentours, mais je semble être la seule dans les parages. Je reviens dans le salon pour m'asseoir et essayer de comprendre ce qu'il m'arrive. Il y a probablement un raisonnement logique à cette situation. Les solutions envisageables sont nombreuses, certes, mais cette situation est plus qu'intrigante. Mon pouls s'accélère. Je suis là, seule dans le salon, assise et essayant de comprendre ce qu'il m'arrive. Mais je n'y arrive pas. La frustration et la peur prennent le dessus.
Quand tout à coup, un léger bruit attire mon attention vers le plafond. Il fait trop sombre, je n'y vois rien. Je crois que mes oreilles me jouent des tours. Quelques minutes plus tard, j'entends de nouveaux bruits venant du plafond. Mais cette fois-ci, le bruit se fait plus intense. Je ne suis plus seule, non.
Je lève doucement la tête et j'aperçois au-dessus de moi la chose que je souhaitais le moins voir en ce moment. Elle est là, dans le coin de la pièce, en train de tisser sa toile... Elle lance ses fils partout dans la pièce... Ma gorge se resserre. Je ne peux pas rester dans la même pièce qu'elle ; je me lève pour aller rejoindre ma chambre.
C'est très étrange, je n'avais jamais vu ça... Du brouillard dans la maison... Une fois arrivée dans ma chambre, ma grande surprise : l'espèce qui me dégoûte tant semblait également avoir envahi ma chambre. Cette dernière était devenue infranchissable, ou plutôt, je ne voulais plus y entrer tellement j'étais horrifiée par ce que je voyais.
Il y avait là des dizaines, des vingtaines — je ne sais trop combien — d'arachnides qui tissaient leur demeure dans mon refuge. Mes yeux aussi avaient l'air de me jouer des tours. Les invités indésirables grandissaient à vue d'œil. Elles avaient l'air de plus en plus nombreuses. En temps normal, elles se seraient attaquées entre elles. Mais là, elles avaient l'air de m'observer.
Je me disais que bientôt elles atteindraient ma taille... Il fallait que je fuie, que je les fuie. Je reculais doucement, mais la première d'entre elles avançait en même temps que je reculais, alors je me suis arrêtée, tétanisée... Elles se sont toutes regroupées au centre de la pièce et j'étais observée par chacune d'entre elles.
Une seule chose me vint à l'esprit : m'enfuir le plus rapidement possible, être loin d'elles. Je me suis alors précipitée pour refermer la porte de mon antre. Je tentais de fermer la porte de la chambre avec la clé qui se trouvait dans la serrure, mais la porte tremblait trop pour être fermée. Les arachnides furieuses s'acharnaient contre celle-ci. Avec le peu de force qu'il me restait, j'essayais de la garder fermée.
Enfin ! Je suis parvenue à la fermer ! Je reculais doucement tout en surveillant ce qui se passait en face de moi. Pendant mon absence, toute la maison avait été ornée de toiles et une odeur nauséabonde s'était installée... J'étais seule parmi elles. Elles étaient là, des milliers, des millions... J'étais envahie... Des cris étranges, j'entendais des cris étranges et je me sentais menacée par eux. Je me dirigeais vers le salon et les bruits devenaient plus intenses... Des ombres apparaissent devant moi... J'aurais tant voulu que quelqu'un soit là avec moi...