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Essais

Un détour en enfer

Perdus dans une tempête lors d'un voyage scolaire, des élèves affrontent une terreur absolue.

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— Vous êtes sûr que l'on ne s'est pas trompé de route ?

Le chauffeur du bus se retourna doucement vers notre professeur de français.

— Non ma p'tite dame, je n'ai fait qu'suivre les panneaux ; j'le s'rais si je m'étais trompé d'chemin !

Puis se retournant vers nous, il lança :

— Allez, asseyez-vous. J'ai vérifié la carte, on devrait bientôt arriver.

Et le moteur redémarra. Le bus sortit de l'aire de repos pour reprendre l'autoroute. Cela faisait déjà 4 heures que nous roulions, et nous n'étions toujours pas arrivés. La pluie commença à tomber, puis ce fut la neige.

Nous avions voulu faire un voyage de classe, et après bien des difficultés, nous y étions arrivés : une semaine aux ski, juste avant les vacances de Noël. Notre classe de 5° n'était pas si nombreuse, et nous avions tous pu partir.

La neige tombait de plus en plus fort, et les rafales de vent n'arrangeaient rien. Le bus tanguait à certains moments. Nous roulâmes une heure au moins au milieu de la tempête, avant que le chauffeur ne se décide à faire une nouvelle pause : c'est à ce moment-là qu'il nous avoua qu'il ne savait pas où l'on était. On avait quitté l'autoroute, sans même nous en rendre compte, et l'on se trouvait désormais sur une petite route de campagne que la neige couvrait à perte de vue. Pas un arbre, pas une maison. Un désert de neige, au milieu d'une tempête.

Les professeurs (deux seulement : anglais et français), pour ne pas céder à la panique générale, cherchaient des solutions à notre problème : ils essayèrent le GPS du bus, mais impossible. Nous étions coupés du reste du monde.

— Faut pas vous en faire comme ça ! Je suis sûr que si on roule un peu sur cette route, nous allons finir par arriver quelque part ! s'exclama le chauffeur, sans avoir vraiment l'air d'y penser.

De toute façon, nous étions bien quelque part ; mais l'on sentait dans l'intonation de sa voix qu'il n'était pas rassuré.

Et le bus reprit son chemin à travers la campagne. Au bout d'une demi-heure, le paysage était toujours aussi désolant, mais le chauffeur continuait de rouler sous les flocons.

Des filles se mirent alors à paniquer, en disant que nous ne serions jamais arrivés avant la nuit. C'était vrai, il était déjà 19h30, et nous n'avions toujours pas rencontré une forme de vie.

— On y arrivera bien un jour ou l'autre à Chamonix ! cria quelqu'un du fond du car.

— Ouais, mais même si on n'y arrive jamais, nos vacances ne seront pas perdues ! Nous n'avons qu'à sortir dehors pour être dans la neige !

Quelques rires fusèrent, mais la plupart ne voulaient pas en arriver à ce point-là. Chacun essayait de faire passer le temps comme il le pouvait, mais lorsque la nuit fut totale, nous fûmes tous horrifiés. Tous. Car la nuit était d'un noir profond, et la route était tellement enneigée qu'elle en était devenue impraticable. Nous dûmes alors passer notre première nuit dans le bus, malgré l'inconfort, le chauffage qui ne fonctionnait pas très bien et le fait que nous n'avions quasiment rien à manger.

Une découverte macabre

Le lendemain matin, parut en première page du quotidien "Le Fartose" l'affaire de la disparition de 26 personnes, dont 23 enfants.

« En effet, on aurait retrouvé le bus qui les transportait pour Chamonix, dans une forêt proche de la petite ville de Salem. Seulement 10 corps furent retrouvés, dans des états si effroyables qu'ils étaient méconnaissables. Un tel acte de barbarisme a obligé les médias à censurer les images de cette affaire. »

Malheureusement, un flot de photos circule déjà sur Internet, montrant le corps mutilé d'un jeune garçon, par terre pas loin d'un bus couvert de traces de sang séché et de lambeaux de peau en putréfaction, levant son seul bras en l'air en direction de l'objectif. Tout autour de lui, des morceaux de jambes, une tête, des doigts... font le festin de quelques oiseaux charognards et de centaines de mouches.

L'affaire est toujours en cours, et le pays entier est mobilisé pour étudier cette affaire si dramatique...

La fuite éperdue

Je cours à travers les arbres. Des ronces m'écorchent les jambes, mais la peur de ce qu'il y a derrière moi me donne des ailes. C'est horrible ! Ce que j'ai vu est épouvantable... Ils me poursuivent... Ils vont... Ils vont plus vite que moi... Je sens leur souffle glacé dans mon cou... Je vais... Je vais... NOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNN PAS MOI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

FIN.

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dwige
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