
15 décembre 2096. À l'aube d'un nouveau siècle, des hommes explorent notre espace. Vide de vie. Vide de végétation. Le néant. Certains trouvent à redire, affirmant que cette quête est entièrement vaine, mais ces hommes continuent d'essayer d'agrandir cet espace confiné qui était alors le leur.
Parmi eux, Jack Wade. Il a 25 ans et est américain. Il venait d'obtenir sa licence d'anglais et avait un grand avenir devant lui. Son père, ministre de la Défense, le convoqua sans raison apparente. Jack se dépêcha d'aller au Pentagone voir son père, sachant que celui-ci n'aimait pas attendre. Une fois arrivé, il frappa à la porte de son bureau, et entra.
— Que se passe-t-il, père ?
— Ah, Jack ! Je t'attendais. Ce que je vais te dire va peut-être te choquer, mais il n'en sera pas autrement.
— Que veux-tu dire par là ? demanda Jack.
— Tu vas partir dans l'espace, pour une mission... spéciale. Tu seras accompagné par trois hommes.
Ces quelques mots suffirent à détruire tous ses espoirs, lui qui pensait vivre paisiblement dans ce riche pays que sont les États-Unis. En effet, partir dans l'espace n'est pas sans risque.
— Tu... Tu ne peux pas me faire ça, père ! J'ai énormément travaillé pour obtenir ma licence d'anglais ! Et quelle est cette mission, d'ailleurs ?
— Tout a commencé il y a quatre ans. J'avais mis sur pied la mission « No Limit » : cela consistait à repousser les limites de l'espace. L'équipage était formé de quatre astronautes aguerris. Tout se passa bien jusqu'au moment où ils pénétrèrent dans l'hyperespace : il n'y eut plus aucune communication, et plus aucun signe de vie. C'est pour cela que nous devons savoir...
— Cela ne change en rien mes idées ! Je resterai ici ! dit Jack.
— Pauvre insouciant... Ne conteste pas mes ordres. Je t'ai déjà incorporé sur la liste de l'équipage, et vous partirez avec tes futurs coéquipiers le 4 janvier 2097. Si tu refuses... Tu iras à Alcatraz, bien que je ne souhaiterais pas une punition aussi sévère. Mais le Président a déjà pris les mesures nécessaires.
En effet, la prison d'Alcatraz, située sur la baie californienne, ouvrit à nouveau ses portes en 2041, des suites d'une rébellion d'une grande faction communiste voulant prendre le pouvoir.
— NON !!! C'est injuste ! cria Jack.
Il sortit et claqua la porte.
Deux semaines plus tard, c'était le Nouvel An. Jack se forçait à rester dans sa maison pour méditer. Cette nouvelle année serait-elle sa dernière ?
Le 4 janvier 2097, tout le monde était stressé. Jack allait-il réapparaître ? Heureusement, oui. Dès que son père le vit, il alla le voir et lui présenta ses coéquipiers, qui étaient au nombre de trois : Alan Sharpe, le plus expérimenté et conducteur du vaisseau ; Lewis Underwood, co-pilote ; et James Parker, qui s'occupait des besoins du vaisseau. Ils étaient tous les trois des vétérans en ce qui concerne les opérations de ce type. Après avoir fait légèrement connaissance, ils montèrent tels des héros dans l'astronef et firent un dernier adieu à leur entourage présent sur les lieux. C'était le début d'un long voyage...
Une fois en route, Jack, qui ne comprenait toujours pas pourquoi il avait été mobilisé pour l'opération, essaya de soutirer quelques indications à ses coéquipiers, mais ceux-ci le rejetèrent en lui disant qu'ils n'avaient pas que ça à faire. Vexé, il alla se coucher.
N'arrivant pas à trouver le sommeil, le jeune cosmonaute se leva et regarda l'espace à travers quelques hublots de sécurité. Ce même espace qui le fascinait lorsqu'il était jeune... Une secousse brutale le sortit de ses rêves. Affolé, il sentit le vaisseau chavirer, lorsque James vint le chercher :
— Jack ! Viens vite ! Ne reste pas ici, tout va exploser !
Jack suivit James, et ils arrivèrent dans la salle de contrôle, en compagnie de Lewis et d'Alan. Alors, le jeune homme vit ce qui dépassa largement son imagination : une pluie de météores gigantesque allait s'abattre sur le vaisseau. Alan, le plus vieux de l'équipe, prit la parole :
— Écoutez-moi bien : nous allons devoir prendre les vaisseaux de sauvetage, ou nous allons tous mourir ici.
— Mais... Cela veut dire que nous devons nous séparer ? demanda Jack. C'est trop risqué !
— As-tu plus d'expérience que moi ? Réponds-moi !
— Non...
— Alors tu as beaucoup de choses à apprendre de moi, petit. Chacun pour soi ! Allez dans les vaisseaux de sauvetage !
Tous les quatre se dépêchèrent, et les vaisseaux furent largués. La dernière chose que vit Jack fut les trois autres vaisseaux de sauvetage de ses amis, et le vaisseau explosa littéralement de toutes parts. Le jeune aventurier, n'étant pas habitué à ces petits vaisseaux qui absorbent la pression bien plus que des vraies stations spatiales, s'évanouit.
Le lendemain matin, le réveil fut douloureux pour Jack, contrairement à ses habitudes. Il se réveilla dans sa capsule, mais celle-ci s'était écrasée dans une plaine déserte. Il ne savait nullement où il était, mais il s'empressa tout de même de sortir. À première vue, le paysage n'avait pas l'air hostile. Mais y avait-il de quoi survivre ? Il se posait des questions, sans pouvoir y répondre, puis il prit la décision de partir en quête de nourriture.
Au fur et à mesure, il s'enfonçait de plus en plus dans une forêt assez mystérieuse. En effet, il avait pu constater plusieurs formes ressemblant étrangement à des monuments qui lui rappelaient des souvenirs de sa vie sur Terre. Cela ne l'avait pas inquiété, car comment un bâtiment quelconque appartenant à sa planète pouvait arriver sur... quelque chose dont il ne connaissait encore rien. Il continua donc à marcher, jusqu'au moment où il trouva un arbre avec une sorte de fruits, qui ressemblaient fortement à des noix de coco. Il essaya d'aller se nourrir, mais celles-ci étaient placées en hauteur : il entreprit donc de l'escalader. Quand il arriva au sommet, il prit ces fruits, puis vit quelque chose qui le surprit : une sorte d'insecte hybride avec un corps de scorpion et une tête d'arachnide. Il eut la mauvaise idée d'approcher sa main de l'insecte : il se fit donc piquer et, sous l'effet de la panique, il lâcha les fruits et tomba de l'arbre de plusieurs mètres. Il s'évanouit.
Il rêva qu'il était revenu chez lui, qu'il avait retrouvé ses amis, qu'il était à nouveau heureux. Mais cela n'était que pure fiction. Pourtant, le monde dans lequel il avait atterri était bien réel.
Lorsqu'il retrouva connaissance, il avait une horrible migraine, puis il s'aperçut que ses mains et ses pieds étaient attachés. L'idée que ce soit un de ses trois compagnons fut écartée, car ils ne l'auraient jamais ligoté. Mais qui pouvait donc être cette personne ? Un bruit venant d'un groupe d'arbres attira son attention. Une personne en sortit : c'était un homme. Il avait l'air d'être ici depuis longtemps. Il avait une longue barbe et ne portait quasiment pas de vêtements, à part quelques haillons usés par le temps. Il s'approcha de Jack et trancha les liens qui le retenaient, mais le maintenait toujours en joue avec un vieux Beretta rouillé. Il commença à le questionner :
— Qui es-tu ? Réponds vite.
— Mon nom est Jack Wade.
— W... Wade ? Le fils du responsable de la mission « No Limit » ?
— Oui. Pourquoi cette question ?
— Mon Dieu... Alors ils ont renvoyé des personnes ?
— Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous l'existence de cette mission ?
— Eh bien... J'étais l'un des membres de l'équipage : mon nom est Peter Bolland. Nous avons eu une défaillance technique et le vaisseau s'est écrasé sur cette étrange planète.
— C'est extraordinaire ! Je suis envoyé ici pour vous retrouver ! Mais vous étiez quatre dans l'équipage, non ?
— Exact. Mais ils sont tous morts. Morts sous mes yeux... Sans que je ne puisse rien faire. Je suis le seul survivant.
— Mon Dieu... Mes condoléances. Comment sont-ils morts ?
— Tués de sang-froid par des machines de guerre : des machines du futur. Elles rôdent partout. Dès que je fus arrivé sur cette planète, je fus assailli par plusieurs d'entre elles. Au départ, j'arrivai à les contenir, mais au fil du temps, les munitions s'épuisaient, le moral et la force également. Un jour, j'ai recueilli l'un de leurs cadavres pour l'examiner de plus près : c'est alors que j'ai découvert l'horrible vérité...
— Comment ça ? Quelle vérité ?
— Nous sommes dans le futur, Jack. Tu devais le savoir, mais nous sommes plus précisément sur la Terre, en 3096.
— C'est absurde ! Comment pouvez-vous avancer ces arguments ? Avez-vous ne serait-ce qu'une seule preuve ?
— Malheureusement, oui. Un jour où j'avais tué plusieurs androïdes, je décidai d'en recueillir un pour examiner de plus près cette race sanguinaire.
— Et alors ?
— Voyez par vous-même...
Effectivement, Peter avait raison. Les composants du robot étaient les mêmes que ceux des voitures à fusion de l'époque de Jack. Les nettes traces d'or mêlées au pétrole en fusion (le Tibérium), ainsi que le système nerveux de l'androïde (Intel Pentium XII) étant le même que pour les androïdes protocolaires de l'époque de Jack : cela ne faisait pas de doute, Peter avait raison.
— Que pouvons-nous faire contre eux ? demanda Jack.
— C'est simple : il faut à tout prix que tu retournes sur Terre. J'ai découvert un journal de bord du capitaine d'un des anciens vaisseaux qui disait que M. Wade, votre père, apprenant la nouvelle de votre disparition, envoya en grand nombre des troupes sur cette planète. Ils découvrirent eux-mêmes les androïdes, et ceux-ci s'introduisirent à l'insu des troupes alliées dans les vaisseaux. À force, ils furent en grand nombre, et il fut très simple pour eux de coloniser notre planète. Donc, quand tu arriveras sur Terre, il faut que tu dises à ton père que les recherches ont échoué, ainsi l'avenir de la Terre sera assuré. Encore faut-il que tu survives...
— Mais pourquoi n'avez-vous pas utilisé les restes de Tibérium pour refaire fonctionner votre vaisseau ? Vous avez bien dû en utiliser un si vous êtes arrivé ici.
— C'est exact : nous avons le « Galaxy ». Dès que j'ai trouvé le Tibérium, j'ai pensé à lui, mais je me suis rappelé que les portes se verrouillaient automatiquement s'il n'y avait aucun signe de vie pendant 24 heures.
— Alors, comment pouvons-nous faire ?
— Ton père (le programmeur technique du vaisseau) l'a programmé pour qu'il fonctionne grâce à un système de reconnaissance simple : il place sa main sur un écran tactile, et la salle des commandes s'ouvre. Cela marchera avec toi.
— Sais-tu où se trouve le vaisseau ?
— Oui, il n'est pas très loin.
— Une dernière question : as-tu vu quelques personnes me ressemblant ?
— Je pense que tu dois parler de James, Alan et Lewis...
— Oui... Que leur est-il advenu ?
— Ils sont arrivés avant toi. Ils m'accompagnèrent, mais James et Lewis eurent moins de chance que moi... Néanmoins, je n'ai plus retrouvé de traces d'Alan. Il reste un espoir.
— Ne perdons plus de temps. Partons tout de suite, Peter.
Ils partirent donc, et une fois sortis de la forêt amazonienne, ils purent voir, derrière des montagnes, le sommet d'un vaisseau.
— Est-ce le « Galaxy » ? demanda Jack.
— Oui. Nous y sommes presque. Courage ! Avançons, tant que la nuit ne tombe pas.
Ils continuèrent donc leur marche et décidèrent de commencer l'ascension de la montagne. Quelques heures plus tard, Jack, épuisé, tomba par terre. Peter se retourna et le vit. Il le releva et commença à lui parler :
— Jack, nous ne pouvons pas nous permettre de nous arrêter ici. Les monstres rôdent en grand nombre.
— Non... Je ne peux plus...
Peter, agacé, répondit :
— Arrêtons-nous dans cette grotte, ici.
Ils pénétrèrent dans une grotte creusée dans la montagne, et Jack sombra dans le sommeil immédiatement. Peter préféra monter la garde que dormir.
La nuit se passa paisiblement, sans attaque ennemie. Le vieil astronaute réveilla Jack à l'aube.
— Jack, lève-toi. Nous avons perdu trop de temps.
Il obéit sans discuter, et ils continuèrent leur route. Une fois arrivés en bas de la montagne, ils purent voir le vaisseau très distinctement.
— Nous y sommes arrivés ! s'exclama Jack. Vite Peter, allons-y ! Il ne reste que quelques centaines de mètres.
Peter esquissa pour la première fois un sourire, et ils coururent, impatients de retrouver leur terre natale. Ils avaient passé trop de temps dans ce cauchemar...
Le Galaxy était bien plus grand que Jack n'avait jamais osé imaginer. Par sa forme triangulaire et ses ailes métalliques, il l'impressionnait vraiment. Même Peter, qui l'avait déjà vu auparavant, le trouvait plus grand, plus évolué. Ils étaient tous deux impatients de quitter ce cauchemar...
Ils étaient à mi-chemin, lorsque soudain un coup de feu retentit et brisa leurs rêves. Jack se retourna et vit Peter, une balle dans l'abdomen, gisant sur le sol...
Jack courut vers lui le plus vite possible :
— Peter ! cria-t-il.
Mais il comprit qu'il était trop tard. À travers les buissons, des dizaines d'yeux le cernaient. Alors, un homme sortit des buissons qui bordaient la route où se trouvaient les deux aventuriers. À la plus grande surprise, c'était Alan, ou ce qu'il en restait. En effet, sa face gauche était humaine, tandis que sa face droite était composée de ferraille, de fils et d'un œil artificiel. Il était devenu mi-homme, mi-androïde.
— A... Alan ? hésita Jack. Est-ce bien toi ?
— Non, rétorqua-t-il d'une voix rauque et grave. Je suis Aec'Letec. Tu es toujours aussi énervant depuis notre dernière rencontre, n'est-ce pas ? Tu veux vraiment savoir ce qui m'est arrivé ? Soit. Mais tu me maudiras pour avoir entendu ceci. Allez, commençons.
Il faut revenir il y a quelques semaines de cela, dans notre vaisseau, quand nous avons dû prendre ceux de sauvetage. Nous sommes tous arrivés quasi-simultanément, mais nous n'avons pas pris les mêmes chemins... Quelques jours plus tard, j'ai retrouvé Lewis et James. Nous avons ensuite connu Peter. Nous sommes restés quelque temps avec lui, puis un jour, je partis chercher de la nourriture avec James et Lewis ; nous nous séparâmes à l'entrée de la forêt. C'est là-bas qu'a eu lieu « la mort d'Alan ».
J'avançai de plus en plus profond dans la forêt, lorsque je surpris un de ces robots en train de souiller l'un des cadavres de cette planète. Malheureusement, il me vit aussi, et je ne pus rien faire. Il commença par m'arracher la jambe, puis le bras droit. Au moment où il allait m'asséner le coup fatal, je fis un tour sur moi-même, sortis mon fusil à ondes électriques et visai la tête : il était mort, mais je ne pouvais lutter. Je me suis évanoui, bien qu'à l'époque je croyais être mort...
Étrangement, je me suis réveillé et vis tous ces robots en train de crier frénétiquement : « Aec'Letec, Aec'Letec... » Je me suis alors retourné et vis une statue à mon effigie : ils me confondaient avec l'un de leurs dieux, et j'étais bien décidé à le rester. Ils m'avaient restitué une jambe et un bras robotiques, et ils me vénéraient. Je renaissais. C'est alors que certains de mes hommes m'ont signalé ta présence : je leur ai dit de t'espionner, nuit et jour. Ils savaient tout sur toi : ce que tu disais, ce que tu faisais, et puis me le transmettaient. Ainsi, nous sûme que tu allais franchir cette montagne. J'ai pris la décision de t'attendre ici, près de notre quartier général. Voilà, tu sais tout.
— Votre quartier général ? Où est-il ? demanda Jack.
— Je ne te l'ai pas dit ? Eh bien, c'est ce vaisseau, le Galaxy. Nous nous sommes même permis d'apporter quelques modifications.
— Seul moi peux entrer dans ce vaisseau ! Comment avez-vous fait pour y accéder ?
— N'oublie pas que nous sommes dans le futur, Jack... Tu es déjà venu ici auparavant.
— Pourquoi !!! Pourquoi tant de haine ! Et qu'avez-vous fait de James et de Lewis ? Que ferez-vous de Peter ?
— Ma foi, il me semble que quelques gourmands parmi mes hommes en ont fait leur goûter. Pour Peter, il sera pendu sur la place publique. Eh bien, ne fais pas cette tête ! Tu seras mis en cage... Quel châtiment agréable, ne trouves-tu pas ? Ha ha ha ! Et si tu veux savoir, ma seule motivation, c'est le pouvoir. C'est pour cela que j'entretiens tant de... haine.
— Mais où se trouve cette ville ? Et ton armée ? Je suis sûr que tu mens.
— Il est évident que notre cité ne se trouve pas sur cette misérable planète : nous avons créé une porte dimensionnelle qui nous permet de voyager dans les mondes parallèles. Quant à mon armée, je l'ai bien dressée. Mais si tu tiens tant à la voir... Nous rentrerons ensuite sur ma chère XanoXB7.
Aec'Letec claqua des doigts et des centaines de robots sortirent des buissons.
— Les voilà, dit Aec'Letec. Et encore, ce ne sont que les guerriers. Le reste de notre peuple se trouve dans notre cité : ce sont les femmes et les enfants. Tu vas d'ailleurs pouvoir la voir très bientôt...
Jack préférait se taire. Il savait que n'étant pas retourné sur la vraie Terre dans laquelle il vivait, il avait entraîné sa mort et la déchéance éternelle du monde terrestre. Mais si telle était sa destinée, personne n'aurait pu éviter cela...
The End
P.-S. : Voilà, c'est de moi, mais je vous le répète, j'étais vraiment très jeune donc prenez ça en compte... Toutefois maintenant, le printemps étant arrivé, mes idées bourgeonnent et je suis en train de réfléchir pour écrire un roman de SF très prochainement. Je le publierai dès que j'aurai porté la touche finale !