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Essais

TwinssniwT

À leurs 18 ans, deux jumeaux séparés à la naissance se retrouvent lors d'une fête d'anniversaire. Entre émotion et trouble, une troublante réunion.

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  • Aujourd'hui, j'ai 18 ans. Mes parents m'ont organisé une fête grandiose avec ballons multicolores, punch et groupe de rock. Tous mes amis sont là.

  • Cette baraque pue le fric. Ces ballons sont à vomir, tous ces gens me débectent. Mais qu'est-ce que je fous là ?

  • Après le repas, mon père s'est levé et, de son couteau, a frappé son verre, comme pour un mariage, pour attirer l'attention de l'auditoire. Je rougis, désolée pour tous mes potes de devoir supporter ce vieux et son discours rempli de clichés... « bla bla bla... Tu as toujours été notre fille même si adoptée... Tu as grandi trop vite... Te voir partir... Etc. Etc. »

  • Je rentre bientôt en scène. J'ai peur. Peur de n'avoir rien à lui dire. Peur qu'elle me refuse, qu'elle ne veuille pas de moi dans cette vie de sucre.

  • La fin de son discours m'annonce une énorme surprise. Mais j'ai beau le questionner, c'est muet qu'il me mène jusqu'à ma chambre en me tenant par la main, les yeux émus : « on a quelqu'un à te présenter ».

  • La voilà. Elle rentre dans la pièce, toute désolée. Désolée de toute cette mise en scène... Timide.

  • Un jeune homme de 18-20 ans est assis sur mon lit, il sourit tendrement. Les traits de son visage sont profonds, durs. Ses yeux ne me quittent pas, je croise son regard. Je suis gênée.

  • Je dois paraître tellement stupide à la regarder ainsi. J'ai envie de lui hurler « c'est moi ! ». Elle reste timide, gênée. Pas moi. J'ai vécu cette scène trop de fois dans mes rêves pour être surprise. Je délecte l'instant. Pouvoir la regarder avant qu'elle ne me chasse. Elle est si belle.

  • Papa a refusé de me dire qui il est. Mais je sais pourtant déjà qu'il est important. Je reconnais en lui des choses que je n'ai jamais vues. Son regard me déstabilise, trop intime.

  • On dirait un ange. 18 ans. 18 ans que je ne l'ai pas vue, rêvant de la serrer dans mes bras chaque instant de ma vie. 18 années de solitude, d'attente. Mon cœur tremble en moi et pourtant la voix qui sort de ma bouche reste étonnamment calme, rassurante : « viens t'asseoir. Que je te dise qui je suis quand même. »

  • Lui...

  • Ça y est...

  • Je n'ai besoin d'aucune explication. Je me dirige vers mon lit, m'assois à ses côtés et rapproche mon visage du sien. Il reste sans bouger, paralysé de peur. Son profil est impressionnant de droiture, immobilisé par l'émotion. Une larme naît au coin de son œil. Je pose mes lèvres dessus. On entend les basses étouffées de la musique extérieure mais je me fous de cette fête. Mon cadeau est devant moi. Et après tout, si en plus d'être frère et sœur, nous sommes jumeaux, c'est son anniversaire à lui aussi. Je serai son cadeau.

  • Elle s'est approchée et a embrassé l'émotion qui débordait de moi. Le contact de sa peau sur la mienne me fait l'effet d'une bombe incendiaire. 18 ans loin d'elle. Plus qu'un frisson, je sens la chaleur parcourir mon corps. Ça part de ma joue et de mon bas-ventre et explose mon cœur qui semble à présent se trouver au creux de mon estomac. J'implose.

  • Lui. Enfin. Nous, enfin.

  • Je dois me contrôler. Je relâche mon étreinte. Ses poignets sont rouge et blanc, des traces de mes doigts trop serrés. Ses yeux m'implorent de la reprendre.

  • Pourquoi me lâches-tu ?! Ne me laisse pas !

  • La folie anime ses yeux, mais je suis plus rassuré qu'effrayé. La chaleur passe de son corps au mien malgré les quelques centimètres qui nous séparent. Plus qu'électrique, plus que chimique, c'est divin.

  • « Je t'aime ».

  • Elle ne me laisse pas le temps de répondre, se lève, marche jusqu'à sa porte et la ferme à clé. Ferme les yeux et se retourne vers moi. Et de là-bas, de ces 3 mètres qui nous séparent, elle retire son tee-shirt. D'un seul geste, en décroisant les bras par-dessus la tête. Son haut retiré laisse apparaître une poitrine assez forte retenue dans un soutien-gorge orange pâle. Elle se tient droite, silencieuse, les épaules en arrière et cette poitrine effrontément pointée vers moi. L'air de dire : je suis à toi. Je te contrôle, mais pour cette nuit, je suis à toi. Pas besoin de mots. Je me lève, je sais qu'au fond d'elle cette droiture ne tient qu'à un fil. Je la soulève comme une princesse.

  • Il me repose. Je colle mon corps contre lui, je voudrais entrer en lui. Je le serre de toutes mes timides forces. Ne plus jamais être seule, en tout cas, jamais plus sans lui. Je sens chaque muscle de son corps, ses pectoraux contre la poitrine, ses hanches contre les miennes et cette bosse entre ses jambes qui frôle déjà mon intimité. Je suis perdue dans ses yeux... Et dans les siens les miens.

  • Plus rien n'existe, plus rien de vrai. Je laisse mes mains glisser sur ses cheveux puis sa nuque, son dos à la colonne vertébrale saillante, ses reins, ses hanches... Je ralentis. Elle pose ses mains sur les miennes et avec assurance les descend jusqu'à ses fesses. Elle m'entraîne avec ses doigts à user des miens pour caresser ses formes. Mais pas un instant son regard ne se détourne.

  • Je me sens reine, mais pas au-dessus de lui. Je suis SA reine, son présent, sa paix. Mes doigts se glissent, soulèvent l'élastique de son sous-vêtement. Lui me soulève alors, et me porte à califourchon jusqu'au lit où il nous étend avec délicatesse.

  • Je m'enfouis en elle. J'ai mal et elle me le fait bien sentir ! Je lui rends avec violence l'émotion, les blessures qu'elle fait ressortir en moi, l'abandon de notre père, puis de maman.

  • J'absorbe son mal. Je saigne pour toi.

  • Mon dieu, elle doit souffrir. Tout ce sang !... Je ne m'inquiète que par principe, ma soif n'est pas encore étanchée et à la vue de ses yeux, la sienne non plus.

  • Mhmmm, extase.

  • Elle m'arrête, signe que cette fois elle n'en peut plus. S'inquiétant de me décevoir, elle me tend ses fesses rondes. Je la retourne et la gifle. Elle relâche la pression, se prend dans ses bras, à bout de force, et se met à pleurer. J'essuie ses larmes, la couche sur le côté et me recroqueville contre elle. J'écarte ses bras pour y mettre les miens. Tous deux en position fœtale, douceur.

  • Dis-le... Pitié... Dis-le...

  • « Tu sais, je t'aime aussi... »

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aznoub
aznoub @aznoub
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