
La petite fille et le nouvel ami de sa mère s'appréciaient bien, mais pas de la même manière. Tous les deux jouaient, riaient et se taquinaient mutuellement. Un soir, l'ami de sa mère lui proposa d'aller travailler avec lui le lendemain. Il disait qu'ils iraient voir sa mère au passage. Se fiant à lui, l'insouciante accepta. Ils riaient ensemble. La petite fille était dans ses bras ; il disait qu'ils achèteraient une bouteille de champagne pour fêter cela et qu'après ils iraient à l'hôtel. C'était une forme de blague, du moins c'est ce qu'elle pensait, mais elle ne savait pas que cette « blague » aurait des répercussions. Elle accepta sur un ton blagueur, sans soupçonner le pire.
Le début du cauchemar
La petite fille sentit ses paupières s'alourdir, au point qu'elle alla se coucher. Sa sœur avait invité une amie à dîner et, comme il était tard et qu'elle devait rentrer, la mère décida de la raccompagner. Elle laissa la petite fille de 11 ans seule, mais pas vraiment : l'ami resta à la maison pour « veiller » à ce que tout se passe bien.
La mère étant partie depuis cinq minutes, l'ami entra dans la chambre de la petite fille. Il lui demanda si elle dormait ; elle fit signe que non. Son petit frère dormait juste au-dessus. Sans faire de bruit, il s'agenouilla au pied du lit et glissa sa main humide sous la couverture sur le sexe de la petite fille, puis il remonta vers la poitrine qui commençait à se former. Elle ne dit rien, sûrement à cause de la peur. Il lui rappela le plan du lendemain : la bouteille de champagne, l'hôtel.
Immobilisée par la peur, la petite fille ne savait que faire d'autre que rester d'accord avec l'ami. Il lui souhaita une bonne nuit et, sentant qu'il comptait l'embrasser, elle tourna la tête. Mais avec insistance, il réussit à l'embrasser sur la bouche en y ajoutant la langue. Il partit, la laissant seule dans cette chambre.
La révélation et le mensonge
Quand elle réalisa ce qui venait de se passer — ce qui lui sembla durer des heures —, elle comprit que ce n'était pas normal. Plus tard, elle comprendra que cela s'appelle des attouchements. Elle fondit en larmes, prise de panique.
Elle attendit devant la porte de sa chambre jusqu'à ce qu'elle entendît la porte d'entrée s'ouvrir. Elle appela sa mère et, toujours en larmes, raconta presque toute l'histoire qui venait de se dérouler. Presque, car la honte et la firent qu'elle omit les détails de l'attouchement et de la langue. Plus tard, elle en parlera davantage.
La mère la consola, puis sortit de la chambre pour s'expliquer avec son ami. Il lui dit que la petite fille avait mal interprété, qu'il n'y avait aucune arrière-pensée. Puis, il resta.
L'après et la prise de conscience
Le lendemain, elle devait aller travailler avec cet ami qui était si « attentionné » qu'il était allé voir une petite fille dans son lit. Mais finalement, ce n'était peut-être pas une si mauvaise chose qu'il soit venu ce soir-là : la petite fille a peut-être évité le viol. Elle ne voulait plus lui adresser la parole, mis à part les formules de politesse, car elle était si bien élevée.
Finalement, quand il comprit que c'était inutile de rester, il partit en volant l'argent que la mère avait mis de côté.
La petite fille ne le revit plus en face, sauf dans ses rêves. À défaut de lui avoir volé son enfance sur le moment, l'ami réussit à la lui voler à jamais.
Quatre mois plus tard, elle revit l'ami dans un article de journal : il prit plusieurs années de prison pour le viol de trois petites filles en deux ans.
À l'âge de 16 ans, elle ne peut oublier cette histoire...