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Essais

Ton absence...

Lettte bouleversante d'un fils à son père absent : 16 ans de silence, de colère et de tentative de reconstruction.

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Depuis le jour où tu nous a quittés, j'ai longuement cherché une solution pour avoir un père près de moi, pour te remplacer, mais tu n'étais pas là, car trop occupé à rendre heureuse ta nouvelle femme.

Pendant ce temps-là, nous, ton fils et tes deux filles, avons grandi.

Est-ce qu'un jour tu te rendras compte du mal que tu nous as fait ?

Un père absent depuis 16 ans

Tu as déclaré ne vouloir recevoir aucune leçon de nous, mais cela fait 16 ans que l'on en attend de toi. On a essayé, moi et mes deux sœurs, de te le faire comprendre, que l'on était touchés par ton absence. Cela dit, ce fut plutôt Julie qui le fit car moi et Laurianne étions trop jeunes pour réagir. Trop jeunes, mais aussi nous n'avions que trop peu de souvenirs de toi.

Le seul souvenir qui reste

Le seul souvenir que j'ai de toi avant que tu partes, c'est le jour où tu as crié sur maman comme un animal. Tu étais en face de nous, tu criais fort, et maman pleurait, et nous trois étions accrochés à ses jambes, et nous pleurions également, de peur mais aussi de tristesse... J'ai aussi remarqué que je n'ai aucune photo de nous deux... Et ça, c'est vraiment grave.

Mais tu n'es pas là. Ta place est vide, abandonnée, déserte.

Aujourd'hui, je ne suis pas assez fort pour te dire ce que j'ai sur le cœur. Je suis trop faible.
Faible en raison de l'absence d'un père qui aurait dû être le mien, mais qui n'a été que celui des autres.

D'autres, ceux que tu aimes comme tes enfants, autres que nous.
Ils ont eu la chance d'être arrivés après nous, et c'est eux que tu as choisis d'aimer.

Reconnaître envers ma mère

Aujourd'hui, je vis avec maman, et je lui dois tout. À elle, je lui dois tout.
C'est elle qui m'a élevé, c'est elle qui m'a appris à vivre, à me raser, à aimer les autres, à ne pas leur faire de mal...

Un jour, elle s'est mise à pleurer tellement elle était à bout de nerfs, et m'a dit : "Lui, il s'en fout, il ne vit pas avec nous, il ne galère pas comme nous. Moi, je dois toujours tout porter sur mes épaules, ce qui aurait dû être fait par deux personnes ensemble..."

À cela, je lui ai répondu quelque chose qui restera à jamais dans ma tête et dans mon cœur : "Oui, mais c'est toi qui vis des moments uniques avec nous, les moments de joie, où on est heureux. Toi seule les connaîtra, lui ne connaîtra pas ça avec nous. C'est notre trésor, et il n'a à aucun moment le droit de réclamer sa part du trésor... C'est le nôtre, pas le sien."

Et j'essaie un maximum de donner aux personnes que j'aime tout l'amour que tu as été incapable de me donner.

J'espère que j'y arrive, car si je fais souffrir ceux qui m'aiment, je risquerai de devenir quelqu'un de pas bien, quelqu'un de méchant, quelqu'un qui fait du mal, quelqu'un comme toi..., et ça, c'est bien la dernière chose que je souhaite.

Une relation inexistante

Seulement, tu n'es pas totalement absent.
Parfois, tu te comportes normalement avec moi. On se voit, on discute comme de vrais adultes, mais ça n'arrive que trop rarement.

Toutes les autres fois, on se voit pour faire un billard ou un bowling, et heureusement qu'il y a le jeu, car sinon on ne se dirait pas grand-chose. Maintenant, comment veux-tu entretenir une discussion sérieuse avec quelqu'un que tu ne connais pas, ou trop peu... ??? C'est tout simplement impossible...

Le résultat est donc le fruit d'une présence beaucoup trop aléatoire et maladroite... Seulement, il paraît que tu es notre père, et ça, je ne peux malheureusement pas l'oublier.

En effet, j'ai beau te haïr, je ne peux m'empêcher d'y croire encore, d'espérer qu'un jour la relation père/fils existera bel et bien entre toi et moi. Mais ça, je pense qu'il ne faut pas trop que je compte là-dessus... Malheureusement.

Conclusion sur l'abandon

C'est pour ça que ta vie auprès de nous, je peux la résumer en quelques mots : "Absent, lâche, maladroit, blessant, abandon... "

Ce sont ces mots qui résument ce que je pense de toi... Mais crois-moi, ce n'est qu'une petite partie de moi-même que tu vois là, la face cachée de l'iceberg, comme on dit. Cette face que tu vois est celle de la souffrance.

L'autre face, il n'y a que maman, Laurianne et Julie qui la voient. Cette face, c'est toutes les choses magnifiques que j'ai vécues et que je vivrai avec eux. C'est eux ma famille, pas toi... Pas toi...

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manubestofpluss
Amaury Salembier @manubestofpluss
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