
Au coin d'une rue de Fokloma, à peine 3 heures du mat', une ombre bruyante, un bruit de papier froissé.
Tang, premier de la lignée, s'apprête à frapper. Posture provocante, ses quatre doigts restants sur ses deux mains, il surveillait une vieille fourgonnette arrivée quatre minutes plus tôt près de la serre aux organes. Il y venait souvent, devenant peu à peu l'âme errante des lieux.
Il y a deux ans, suite à sa condamnation à mort pour vol de nourriture, il avait été vendu à l'usine de recyclage « Farmacity ». Cette organisation récupérait des corps et vendait les organes ou les membres aux plus offrants. Ses deux pouces lui avaient été retirés mais, grâce à un complice, il réussit à s'échapper.
Aujourd'hui, il est là, de nouveau dans la rue. Mais cette fois-ci, il ne cherche pas à manger. Ce qu'il cherche est devenu plus vital que ses propres besoins physiques.
Il cherche la vengeance, celle qui mettra fin à tous ces massacres, cette vente de vies...
L'affrontement à la serre aux organes
Trois personnes se décidèrent enfin à sortir du véhicule. Deux d'entre eux portaient des blouses épaisses, conçues pour se protéger des morsures des victimes dont le corps avait été mutilé. Le plus souvent, après leur opération, il ne restait qu'un corps et une tête. La douleur qui en découlait était tellement horrible que les sujets devenaient fous et, n'ayant qu'une bouche pour défouler leur colère, on finissait par les traiter comme des chiens enragés... Ils appelaient ça « les gilets anti-morsures ».
Tang frémit en voyant le pauvre personnage. Il savait ce qui l'attendait. Enfin... ce qui pourrait lui arriver si les deux personnes l'accompagnant arrivaient jusqu'à la porte. Mais ça n'arriverait jamais...
— Je suis Tang, premier de la lignée, et vous allez mourir, comme le méritent les corps sans âme... s'écrie-t-il en sortant de sa planque, sous le clair de lune.
Étonnés de sa présence en de tels lieux, les deux gros bras n'eurent pas le temps d'appeler les renforts qu'ils furent aussitôt décapités par des sabres.
Sans dire un mot, il laissa le pauvre homme qui avait été enlevé et s'effaça dans le noir.
Le lendemain
Le lendemain, 4 heures du mat'.
Le réveil sonne. Tang se lève, les cheveux en vrac. « Il est temps de jouer à la marionnette », se dit-il. Il s'assit alors à côté de sa peluche en forme de cochon et lui murmura : « Je suis dieu, tu es mon esclave. »
Ensuite il se mit à chanter un air de Lorie et se jeta du toit de sa maison en essayant de faire l'oiseau.
Conclusion
On a beau être un héros, on peut aussi être fou.