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Essais

Spleenitude...

Un journal intime au fil de l'adolescence : entre rêverie, questionnements sur l'amour et le destin. Trois jours de réflexions sur l'existence et les émotions.

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Jeudi 5 mai : Les questions de l'existence

Drôle de journal que le mien, il n'en est pas vraiment un, juste quelque chose de spécial... Ah, cette merveilleuse nostalgie... Ces drôles de cabarets, des paroles sublimes, des paroles qui pouvaient tout se permettre... Une belle époque où personne n'avait vraiment peur des mots... Où le soir, une trainée devenait princesse, une moins que côtoyait le toi du moi, on pouvait alors parler de lui, des mots voilés, sous-entendus de marquises... J'ai bien trop longtemps attendu cet éclat bleuté, trop attendu ce petit arc-en-ciel... J'ai besoin de lumière, une pénombre absurde, un engourdissement trop longtemps vécu... L'ennui qui habite mes jours est bien trop ancré en moi... Je me plains parfois, je pense trop parfois aussi mais de quel droit ?... De celui d'être, crier serait si facile, hurler encore plus mais alors pourquoi je me tais... Pourquoi les mots restent seuls, prisonniers au fond de ma petite gorge... C'est tellement plein de questions l'univers... Les résoudre ?... Oh non, jamais... Garder ce mystère pour soi... Mais parfois rêver de ces jours tranquilles, rêver aussi de ce gris qui nous entoure, qui se reflète dans ses jolis mordorés... Ah cette petite fille qui rêve encore d'amour, de son prince de nuit, il l'a quitté un jour de pluie, non ne pleure pas... Elle rêve encore et encore, si fort, si bien qu'un jour, elle s'est envolée le retrouver dans la nuit... Petite fille, tu n'aurais pas dû, il ne t'aimait plus... Pourquoi lui avoir volé sa liberté... Pourquoi... Quel drôle de mot, quel drôle de sentiment, on voudrait tellement tout contrôler, deviner ce qui va se passer... Se brûler les ailes... Oh grand dieu, jamais... Beaucoup trop risqué, beaucoup trop... Pourtant je rêve de ces murmures, de celui qui s'accroche à la lumière, qui s'entête, un vrai sourire et elle qui raconte encore ses souvenirs, elle croit savoir la Vérité, elle croit toujours savoir... Pourquoi, pourquoi cela ? Quelle prétention... Ah petite fille... Fallait pas me croire... Quand je disais que l'espoir avait remplacé le désespoir... Ah fillette, fallait pas me croire quand je disais qu'il ne t'aimait pas... Allez va le rejoindre, ça ne fait rien... Ces jours paisibles, à l'agonie... Tant pis... Un jour je devinerai, je devinerai cet amour, oui qui peut bien m'aimer... Pourquoi ce bonheur qui embaume l'air, tiens je te rends ta liberté, moi pleurer... Oh non, jamais...

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Dimanche 7 mai : Mes trois visages

Je perds ma spontanéité, je connais juste les sentiments, ces lettres qui s'entrechoquent, je fais dans le mélodrame... Quel pathétisme... Ah comme je suis prévisible, comme on est tous prévisibles... C'est assez amusant ces trois parties qui se rencontrent... Une sauvage qui me déploie ses ailes, qui aimerait bien me faire croire à toutes ces images qui défilent, voudrait tellement que je fasse arrêt sur image, que je réalise ses rêves, hantise de la deuxième... Elle vit rétractée, loin de tout ce qui pourrait la briser, elle aussi rêve mais des rêves si enjoliveurs qu'ils sont parfois si flous, si légers qu'elle n'y croit guère mais suffisants pour ne pas être engloutie par la première... Et au milieu de ce carnage, champ de bataille improvisée, voici la troisième, la plus faible, mais la plus intense, la plus réaliste, la moins dangereuse... Celle-là ne rêve pas, elle vit... Entraînant ses deux autres compagnes dans une valse endiablée, sentiment langoureux de puissance, sa vie rayonne, n'a rien à se plaindre... Espérons juste qu'elle brillera toujours ainsi... Que les rêves dévastateurs de ces deux autres complices ne l'éteindront pas... Ma petite étincelle préférée, entre bonheur et chagrin, ne choisis pas, vis... On m'a dit que ceux qui croyaient aux destins étaient des lâches, ceux qui ne voulaient pas se fouler... Mais si on avait une quelque emprise sur ce monstre d'arrogance, croyez bien que j'aurais déjà tenté de le dompter, de l'écraser mielleusement, de vivre certaines émotions, de revivre avec certaines personnes, alors ce destin... Je sais d'autres choses, que ces images perfides qui me rongent parfois, je crois que j'ai besoin de cela pour vivre, pour vraiment vivre, me dire que je pourrais disparaître n'importe quand... Éternelle, oui peut-être, surtout un sourire... Ah quelle drôle de vie quand même... Je croyais que tout changerait, j'avais mis ma volonté en jeu et un seul commentaire a renversé le peu de confiance en moi... Je ne sais pas, mais en fait je ne veux pas savoir... Persuadée que je le verrai toujours... C'est comme ça... Alors peut-être qu'un jour je le lui dirai, peut-être bientôt, peut-être jamais, ah ces drôles d'yeux bruns... Et moi ce petit sourire... C'est mon destin qui m'appelle...

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Mardi 10 mai : La loterie de la vie

Et pourquoi pas finalement ne pas se laisser emporter, se laisser couler dans cette petite vie... C'est étrange n'est-ce pas mais je crois aux plusieurs vies, à la réincarnation... Une déception trop intense dans une vie, tu pourras vivre le bonheur dans une autre... Ou peut-être pas... Une jolie loterie. Les joueurs s'inscrivent, tentent leurs chances, leurs fronts brouillés de sueur, ils espèrent toujours... Oh non, ce ne sera pour cette fois-ci... Mais pas le temps de dire ouf qu'ils ont déjà remis un jeton... Leur temps passe mais ils parient sur leurs bonheurs possibles... Mais ouvrez les yeux, votre vie vous l'avez gâchée une fois de plus... Eh oui... Fallait pas tirer le quatorze... Oh regarde-moi cette jeune fille, si belle, si frêle aussi, un oiseau tombé de son nid... Mais que fait-elle ici... La loterie de la vie, c'est pas pour elle... Quoi ? Elle a gagné... Ce sourire merveilleux, ses yeux effarés, on dirait un ange, joli ange qui vient de gagner le butin... Ça devait être son destin... Suivez-moi jeune fille, venez recevoir votre nouvelle vie... Mais qu'est-ce qui n'allait pas dans celle-là... ? Et à voix basse, elle me raconta tout, ses poings crispés, ces ceintures qui la martelaient, son cœur qui la rongeait... Pauvre petite fille... Regarde tu as gagné une vie... Adulée dans celle-là tu seras ou préfères-tu être aimée toute ta vie mais par une seule personne, par lui... Je le savais, ah petite fille si jolie, tu sais comme je t'envie... Allez va, attention tu ne peux pas décider qui... Seul le destin le dira... Ah tous ces regards avides autour d'elle, disparaissez, rentrez chez vous, dans l'ennui qui composait vos jours... Toi le pianiste fou, retourne à tes mélodies, un chef-d'œuvre encore inachevé... Allez va... Mais regardez-vous, vos mains tordues de chagrin, fausse espérance du jackpot... Cette jeune fille innocente le méritait tellement... Allez, la loterie de la vie est fermée pour aujourd'hui... Allez vivre votre vie pour une fois au lieu de rêver d'une beaucoup plus belle, beaucoup plus chouette... Qui sait ce que celle-là vous réserve... Et moi je suis fatigué, fatigué de ces questions absurdes, de ces espoirs illusoires... Je crois bien qu'un petit tour de roulette ne me fera pas de mal... Avec elle... Ah quel butin... Allez bonsoir, j'ai une jeune fille si belle qui ne sait pas que je l'attends...

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blackdreams21
Adèle ...... @blackdreams21
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