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Essais

Si j'essaie de me comprendre...

Une confession touchante sur la souffrance intérieure, le deuil et la peur de l'échec. Un texte brut qui pose des mots sur une douleur trop longtemps enfouie.

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Sur le papier...

Quand « ça va » cache une souffrance profonde

« Salut
— Salut ça va ?
— Oui et toi ?
— Ça va. »

Dialogue anodin et ô combien répété... Et ô combien mensonger... Parfois je laisse percer un peu de ma douleur :

« Oui et toi ?
— Oui et non.
— Pourquoi ? »

Et puis non, ce serait trop compliqué...

« Oh, c'est une longue histoire, laisse tomber. Toi, comment ça va ? »

Car oui, en surface ça va, je finis par faire aller. Mais profondément, je vais mal. Seulement je ne sais même pas l'expliquer. C'est trop vieux, trop profond et trop diffus...

Perte, deuil et souvenirs d'enfance

Peu de souvenirs de mon enfance avant mes 8 ans.

J'ai perdu mon père quand j'étais petite, je ne sais même pas quel âge j'avais. J'ai pleuré un peu, et puis après je ne sais pas...

Que me reste-t-il de lui ? Une ou deux phrases... Une histoire, parmi toutes celles qu'il inventait pour moi, consignée dans un cahier... Cahier perdu quelque part dans la maison... Une petite boîte que ma mère a gardée et que j'ai trouvée par hasard. Dedans, ses boutons de manchette, une photo d'identité... Son visage ne me dit rien...

Et puis j'ai continué à vivre. Je crois que ça allait... Nous avons déménagé, une, deux, trois fois...

J'ai eu un petit chat. Je l'ai aimé, je crois que j'ai reporté mon affection sur elle. Et puis elle a disparu... Mais on ne savait pas si elle était encore vivante ou non... Et puis on a dû se rendre à l'évidence. Elle ne reviendrait pas. Mais le deuil n'a pas pu être fait, et finalement la douleur s'est installée. Je suis devenue agressive, malheureuse, et les moqueries à l'école m'ont fait énormément de mal. Il me semble que j'ai vu un ou plusieurs psys, mais il me semble aussi que ça n'a servi à rien et que ça n'a pas duré.

Harcèlement scolaire et repli sur soi

Et puis je suis passée au collège. Avec un an d'avance, dans une classe difficile, les moqueries ont été encore plus difficiles à supporter. J'ai tenu deux ans. Et puis je suis passée aux cours par correspondance. La souffrance s'est atténuée, ou enfouie.

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J'ai renoué avec le monde équestre, que j'avais dû lâcher car le collège me prenait toute mon énergie. Et puis j'ai eu mes chevaux, deux chevaux à la maison. Eux aussi avaient souffert, j'ai dû les aider. Peut-être que ça m'a aidé. Quand je pensais au suicide, je me raccrochais à mon devoir de m'en occuper.

Heureusement qu'ils sont là. J'ai reporté mon affection sur eux.

Mais la solitude me pèse, alors qu'à part égale je me sens exclue, différente, et je fuis le contact avec les autres. Les amies qu'il me restait, je m'en éloigne petit à petit.

La pression du bac et la peur de l'échec

Et là, je dois passer le bac. Je dis « je dois », car j'ai plus l'impression qu'il faut que je l'aie que le désir de l'avoir pour moi. De plus je suis coincée dans un schéma de reproduction... Une personne que j'aime beaucoup, qui est presque une mère pour moi, plus que la mienne d'ailleurs, a été dans le même cas. Sa mère voulait qu'elle l'ait, et elle ne l'a pas eu. Maintenant c'est à moi de le passer, mais je ne m'en sens pas capable et pourtant j'ai peur de faire du mal à mon entourage si je ne l'ai pas.

C'est un cap à passer pour me libérer de cette souffrance accumulée. Je suis certaine que d'y arriver me libérerait. Mais j'ai peur. Peur de l'échec. Et peut-être un manque de confiance en moi. Tout le monde me dit que je peux l'avoir, tout le monde y croit. Mais ça ne fait que me faire douter encore plus. J'ai l'impression d'être la seule à me rendre compte que je n'en suis pas capable. Et tous, là, ils voudraient que je l'aie. Mais je n'y crois pas. Et toujours cette peur de décevoir.

Ce serait à la fois grave et sans importance, je le sais. Mais je suis perfectionniste. Et je crois qu'au fond, je ne supporte pas l'échec.

Et pourtant, quand, pleine de bonne volonté, je me dis « allez je m'y mets », je m'attelle à mes cours, au bout de 20 minutes je ne peux plus. Mon cerveau est trop préoccupé, impossible de me concentrer. Alors je désespère.

C'est trop difficile pour moi.

On dit que la peur de l'échec amène l'échec. C'est vrai je crois. Et pourtant dans d'autres domaines je gère très bien mes émotions.

Mais je suis prisonnière...

Pourquoi j'ai écrit tout ça

Vous allez me dire :
— Il est nul ton article.
— Ça sert à rien.
— On s'en fout de ta vie.
Et autres...

MAIS : ça m'a fait beaucoup de bien de l'écrire. Maintenant si ça peut vous faire plaisir de râler... Allez-y ! Chacun son tour... 😉

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flouba
flouba @flouba
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