
Comment fonctionne le lien entre pensée et langage ?
Lorsque vous vous remémorez une scène passée, ou que vous la « voyez », c'est votre mémoire qui agit : c'est comme si un écran s'étalait sur vos paupières. Qu'en est-il pour la parole ? On peut penser qu'il s'agit de la même chose, à peu de choses près : un ami vous a dit une phrase choquante ; quand vous vous la remémorez, vous entendez exactement sa voix, accompagnée de ses intonations. C'est donc une mémoire qui retranscrit fidèlement la scène.
Ainsi, lorsque nous pensons en nous-mêmes — c'est-à-dire lorsque nous nous parlons à nous-mêmes, sans faire entrer les autres en jeu —, c'est notre propre voix que l'on entend, avec des mots qu'on a appris, et ce, dans notre propre langue (ça ne vous est probablement jamais arrivé de penser en anglais si vous n'avez jamais vécu en Angleterre ou en Amérique). On peut donc dire, d'un point de vue scientifique, que penser sans savoir parler est impossible.
Peut-on vraiment penser sans la parole ?
Ce qui appuie cette théorie, c'est aussi le fait que sans la parole, les échanges de pensées ne peuvent se faire que difficilement. C'est donc un fait social qui s'oppose à l'idée que sans la parole, une pensée ne puisse évoluer.
Pour contester cette hypothèse, certains peuvent avancer que :
- un bébé pense (il crie quand il a faim, par exemple) ;
- les hommes préhistoriques ont su se développer sans connaître la parole ;
- même une personne sourde, muette, voire aveugle, peut aussi penser (exemple : l'histoire d'Helen Keller).
Dans les deux premiers cas, il ne s'agit pas de penser, mais d'agir avec son instinct : ce sont donc des sentiments basiques, limités, n'atteignant pas un grand niveau de connaissances.
À suivre…