
Se lever, c'est une chose. Trouver une place dans le métro, c'est une autre. Dire bonjour hypocritement à ses collègues, encore une autre. Un jour comme les autres, la malheureuse routine.
6h30 : le réveil en sursaut
Retour en arrière. 6h30 : réveil. Suis-je en train de rêver ? Christelle, tu es là ? Il fait encore sombre dans ma chambre. Où suis-je, qui suis-je ? Ah voilà, je suis chez moi à Berlin, je m'appelle VBV-253, stagiaire « ki-fait-tout ».
Quand je me réveille le matin, j'aime bien sortir un pied de sous la couette... ça fait du bien.
Mon premier problème est de savoir si je vais remettre mon réveil quelques minutes plus tard ou si je vais me lever d'un trait. Je le remets...
6h35 : la réalité reprend ses droits
Exactement cinq minutes après. 6h35 : réveil. Suis-je en train de rêver ? Christelle, tu es là ? Non, je suis tout seul, il fait encore sombre dans ma chambre. Où suis-je, qui suis-je ? Ah voilà, je suis chez moi à Berlin, rue Boxhagener Strasse n°12, je m'appelle Tibo, je bosse à Siemens, département VBV-253, stagiaire « ki-fait-tout » depuis le 3 mars 2003. Je me lève.
Je me dirige d'un pas lourd vers la salle de bain, agressé par le sommeil. J'allume la lumière, me déshabille, prends ma douche.
Quand je prends ma douche, je remplis toujours le bac pour faire un mini-bain, je bouche le trou avec un gant de toilette.
Le plus dur de la journée est fait. Je suis réveillé, je sais qui je suis, où je suis, ce que j'ai à faire. Il ne reste plus qu'à profiter.
Le trajet métro et le petit-déjeuner
Je sors de chez moi, la rue est quasiment vide. Petite chemise, belles chaussures de fils à papa, sacoche de portable : j'ai tout l'air de ce jeune cadre prétentieux qui a réussi ses études. Il ne manque plus que la Polo. Il fait bon dehors avec un peu de vent frais pour finir la phase de réveil.
Je vais m'acheter un pain au chocolat, mon préféré. À cette heure-ci, ils sont entre « chaud et croquant » : pas trop chaud pour ne pas me brûler, ni trop croquant pour que je m'en mette partout. Il est parfait : mou, tiède, sucré, pas cher.
Je trouve ma place dans le métro, m'installe en face d'une jolie fille, ouvre mon journal. EDF, France Télécom : l'offensive des libéraux, le deuil de Compay Segundo, trois attentats en Corse. Ah oui c'est vrai, Christelle, nous ne sommes pas les seuls au monde. Il y a des méchants, des gentils, des chanteurs, des patrons.
Quand je lis le journal dans le métro, ça m'énerve toujours parce que je n'arrive jamais à bien tourner les pages sans que ça fasse des plis.
7h55 : le dilemme du jus d'orange
Dernière station de métro. Mon deuxième problème est de savoir si je vais avoir le temps d'aller me chercher une bouteille de jus d'orange, sachant qu'il est 7h55... que le magasin ouvre à 8h00... et qu'en même temps je devrais être à 8h00 devant la porte du bureau.
Donc si j'achète ma bouteille de jus d'orange, je serai en retard avec du jus d'orange. Et si je ne l'achète pas, je serai à l'heure sans jus d'orange... Je ne l'achète pas malgré l'appel de la soif.
8h05 : l'arrivée au bureau
Toc toc toc. Ich bin's : Tibo, hallo wie geht's euch ? La première moitié de ma journée commence. Il est 8h05, je rentre dans mon bureau, allume mon ordinateur, mon imprimante, l'écran, la radio, la lumière, le fax, le scanner. Je m'installe sur ma chaise qui ne me quittera plus de la journée...
... suite à venir ...