
Origines de Sandy Killeau
Sandy Killeau est née dans une maternité de fortune au pôle Nord, conçue par une mère esquimaude et un père explorateur mort lors de son expédition. Ce dernier fut en effet expédié six pieds sous terre par un ours blanc à l'emprise d'on ne sait quel diable à ce moment précis.
Sa mère, étant zoophile et aimant particulièrement les phoques et les pingouins — ce qui est plutôt courant chez nos amis esquimaux —, ne voulant pas se préoccuper du fruit d'un viol humain, l'abandonna dans l'avion de l'expédition, se débarrassant ainsi de tout mauvais souvenir.
L'orphelinat et le harcèlement
Sandy Killeau, alors recueillie par quelque explorateur blagueur, se retrouva dotée d'un nom qui contribuerait à son malheur futur. Jusqu'à sa douce première décennie de vie, Sandy se fit harceler de toute part par ces sales morveux d'orphelins avec qui elle partageait l'orphelinat.
Endoctrinée par tant de bourrage de crâne, elle subit par ailleurs un subtil bourrage d'estomac volontaire. Ceci n'arrangeant en rien les brimades perpétuelles de ces petits cons d'orphelins, la petite Sandy décida de remédier à son désespoir, espérant que sa trouvaille — n'étant autre qu'une vengeance bien méritée — la ferait sortir de ce cercle vicieux ! Ne sachant pas tellement comment se venger de ces sales bâtards de mômes, elle décida de faire la seule chose qu'elle savait bien faire : manger !
Une vengeance cannibale
Une chose est sûre, c'est que si ses sales petits chafouins de camarades avaient été au courant de son anthropophagie refoulée, ils ne se seraient même pas aventurés à moins de 10 km de cette pauvre petite Killeau.
Quoi qu'il en soit, Sandy prépara son acte de rancœur avec une préméditation minutieuse : se lima les dents, s'entraîna sur des petits lézards ou les chats errants de l'orphelinat, et décida de mettre son plan à exécution le jour de son anniversaire.
Les membres se déchiquetaient avec un bruit cruellement inaudible et des râles de douleur furieusement indescriptibles, des têtes mimant surprise, incompréhension et vision d'apocalypse roulaient à même le sol. Ingurgitant maintes et maintes mains, la petite Sandy se délectait de sa victoire avec un sourire diabolique à faire pâlir la vache qui rit. Tout l'orphelinat y passa (heureusement cet orphelinat ne comptait qu'une vingtaine de pensionnaires). Personne ne sut jamais que la petite Sandy, seule rescapée de ce massacre digne d'un film à la tronçonneuse, était à l'origine d'une telle cruauté. Les graisses humaines mirent un temps douloureux pour la fillette à se dissoudre, et encore plus à s'excréter (faut dire que les os humains, ça fait mal ou ça passe !).
Une nouvelle vie et un régime désastreux
Dix années passèrent. Sandy pesait à présent une bonne centaine de kilos et demi et n'était pas peu fière de bien porter son nom.
Ce n'étaient plus les affreuses brimades des feu-orphelins qu'il fallait supporter, mais les regards accusateurs des autres gens dans la rue. Cela la faisait atrocement souffrir, encore plus que ces anciens camarades de jeu sortant décharnés et désossés de son anus fumant. Sandy crut alors bon de faire un régime, sachant que les membres humains n'étaient pas bons pour sa ligne. Elle se documenta et découvrit que les légumes étaient essentiels à un régime. Mais elle n'aima pas le concombre qu'elle ingurgita goulûment. Elle décida donc de faire son propre régime à base de « BigMacDonalDucyDuck », la fameuse marque de croquettes pour pachydermes domestiques, qu'elle appréciait particulièrement.
Le procès et la fortune
Mais croyez-moi, la pauvre Sandy se trompait lourdement, et encore, quand je dis lourdement je pèse mes mots.
Car, en effet, qui donc aurait pu deviner que dans ces croquettes pour éléphants se cachait un nid de vers solitaires ? Personne ! Et c'est la raison qui fit qu'elle s'empressa de traîner en justice la société, qui dut par décision du jury lui verser une amende de 3 500 000 $, plus les indemnités de plomberie et de teinturerie, car la daube tache et la fiente par paquet de 20 kilos bouche les canalisations.
Notre héroïne arbora à présent une nouvelle silhouette rappelant le bouledogue qui remporta jadis le concours de bourrelets de bouledogue. Elle décida donc de profiter de sa fortune soudaine pour pratiquer la chirurgie esthétique et s'acheter un homme de compagnie (c'est comme les chiens sauf que c'est pas fidèle et que c'est plus con).
Vincent : le rejeton mal-aimé
Ce dernier, rugbyman, accomplit sa tâche d'homme de compagnie comme il se doit. Il commence par engrosser notre Sandy, puis une fois la tâche accomplie, il quitte Sandy avec pour seule excuse qu'il n'aime pas son humour lourd.
Sandy alors enceinte de plusieurs mois sombre dans la déprime, l'alcool et la boulimie. Elle accouche plus tard d'un gamin rond comme un ballon qu'elle nommera Vincent (mais elle est tellement conne que cette fois le jeu de mots n'est pas volontaire).
Les années passent, et la jeune maman est propriétaire d'un quintuple menton et de près de deux cent soixante-treize kilos de graisses boulimiques quand son rejeton rentre de l'école avec un poème de fête des mères :
Ma maman de deux tonnes,
Ressemble à un trombone,
Je viens de son orifice,
En forme de coulisse.
Ma maman de deux tonnes,
Elle est vachement bonne,
Quand on regarde ses cuisses,
On se demande comment la saucisse,
A pu un jour trouver le dindon,
Dont je suis le fruit de l'union ?
Ma maman de...
Une fin tragique
Le petit Vincent n'eut pas le temps d'achever son œuvre que sa mère acheva sa vie, en proie à un fol excès de rage, le même qui l'avait poussée au cannibalisme durant sa tendre jeunesse, et qui aujourd'hui la poussa à régurgiter sa progéniture telle une vipère gobant une grenouille, sauf que dans le cas présent, la vipère aurait d'abord avalé un bœuf, animal que s'exercerait d'ailleurs la grenouille à devenir.
Bref, les yeux convulsés, la bouche pleine de bave, Sandy retrouva le plaisir de sa première amertume. Elle venait surtout de gagner quatre-vingt-cinq nouveaux kilos.
Sandy, à nouveau plongée dans une profonde solitude (faut dire qu'elle ne pouvait pas se déplacer à cause de sa carrure de troupeau de vaches espagnoles), décida de recommencer son régime à base de « MacDonalduckyduck », et tant pis pour les taches de daube et les odeurs pestilentielles des fientes moisies dont même une mouche affamée n'en voudrait pas.
Mais Sandy n'était vraiment pas née sous une bonne étoile, car elle ne trouva pas de ver solitaire dans ces excréments, rien que des restes grossièrement digérés de son enfant qui aura au moins eu le très rare privilège de passer entièrement par les trois trous de sa mère génitrice. Ainsi, le régime apporta encore une bonne centaine de kilos au nom de famille de Sandy.
Jura Sic Parking : le dernier rôle
Alors que Sandy commençait à penser au suicide, un producteur de films d'horreur l'engagea pour jouer le rôle du tyrannosaure rex dans son film Jura Sic Parking, dont l'histoire rappelait vaguement celle de Jurassic Park, sauf que là il s'agissait d'un parking et non d'un parc.
Sandy, ravie de son utilité soudaine, aborda son rôle avec une telle sincérité qu'elle en oublia que le cannibalisme était sévèrement puni par la loi. Cette fois, une bonne partie des figurants furent bruyamment croqués, mais heureusement pour le producteur, la police arriva (pour une fois) au bon moment, alertée par les cris déchirants des victimes qui n'étaient pas sans rappeler le cri du goret.
Épilogue
C'est à ce moment-là que débute notre petite histoire :
Sandy Killeau porte très mal son nom, et ce depuis son enfance. En effet, cette jeune fille gracieuse possède un corps svelte et mince de sept cent trente-deux kilos.
C'est aussi là que se termine notre histoire et, par ailleurs, la vie de Sandy aussi (explosée à coup de bazooka puisque les balles se logeaient dans sa graisse).