
Il y a quelques temps, j'avais parlé de certaines périodes difficiles de ma vie : le divorce de mes parents, le suicide d'une amie, mon « indépendance » à l'ordinateur et encore beaucoup d'autres choses.
Aujourd'hui, pas mal de mois se sont écoulés, et avec eux beaucoup de regrets. J'ai malgré tout eu mon bac, je n'ai pas redoublé de classe bien que j'aie changé de filière. Mon bac L en poche, me voilà à présent en faculté à Nice.
Mais ce n'est pas d'aujourd'hui dont je vais parler mais d'hier. Nombreuses sont les personnes qui disent : « Regarde, il y a pire malheureux », mais je pense que chacun vit son malheur et que ça ne se contrôle pas, et surtout lorsqu'on est un peu comme moi à répondre : « Regarde, il y a plus heureux que moi ».
Beaucoup de personnes souffrent largement plus que moi et comme un tas de gens je voudrais les aider, mais je n'en ai pas la force...

Après le 5 février 2005
En revenant sur le site, j'ai vu que je vous avais parlé d'une amie qui s'est suicidée. Elle reste toujours dans mon cœur parce que c'était quelqu'un de génial. Deux autres articles assez différents ont suivi, dont « l'indépendance à l'ordinateur » que j'avais envoyé le 18 février.
Je crois que je n'ai jamais vécu un mois aussi terrible que ce février 2005. Car après ce suicide, j'ai appris 1 ou 2 semaines plus tard qu'un ami, qui était comme un frère pour moi avec qui j'ai eu une aventure d'un an... Quelqu'un que j'aimais tellement et qui m'adorait tant, qu'on ne pouvait pas être ensemble car on préférait se sentir comme frère et sœur. Il y avait trop d'amour pour être simplement ensemble, il nous fallait autre chose.
Puis peu de temps après le fameux 5 février, un ami m'appelle — un ami à Éric, mon « frère » — et j'entends quelques mots à jamais gravés : « il s'est fait tuer ». Pas de nom, pourtant je comprends tout de suite que je l'ai perdu.
Il m'appelait tous les soirs quand il rentrait chez lui et prenait un chemin assez long mais pas dangereux. Le soir de sa mort, il a essayé de m'appeler, mais je n'ai pas répondu parce que j'étais avec mon copain. Il a pris une ruelle et c'est là qu'il s'est reçu des coups de couteau par un homme qu'il ne connaissait pas. On m'a souvent dit que ce n'était pas ma faute et c'est vrai, mais je ne cesse de m'en vouloir de l'avoir presque négligé.
J'ai mis du temps avant de réaliser que je n'allais plus jamais le voir. Je pense à lui chaque jour, je n'oublie pas sa voix, son regard, son attitude...
Les mois ont passé, chaque jour un peu plus noir, mais j'avais mon copain qui était sans cesse là, tout près de moi. J'ai sombré dans une dépression que j'ai essayé de cacher à tout le monde, mais il arrive toujours le moment où on ne peut plus se cacher. Antidépresseurs et d'autres mesures ont été prises pour me rétablir. Rien n'y a vraiment fait : il est vrai, on se sent beaucoup mieux, mais tout n'est qu'artifice. Le jour où on arrête les médicaments, on chute encore plus profond.
Mon copain est rentré en hôpital pour une dépression. Je me suis efforcée d'être toujours à ses côtés, faire tout ce que je pouvais et je crois bien avoir réussi à l'aider. Il s'est rétabli, et n'était plus en dépression.
J'étais en 1ère S pendant ce temps-là. À la fin de l'année, je suis passée en TL car il semblait que c'était ce qui me convenait le mieux. Mon copain a redoublé sa première.
À vrai dire, il y a mille et une choses qui se sont passées, et peut-être qu'elles doivent rester dans le passé.

Ma vie aujourd'hui : entre solitude et espoir
Deux ans après, comme je l'ai dit, j'ai obtenu mon bac du premier coup. Ma relation amoureuse a été brusquement arrêtée, pour des raisons que je ne comprends pas vraiment. Je me sens seule. J'aime encore mon « ex » après six mois de séparation. Je suis sur Nice pour mes études, mais je suis perdue au milieu d'une masse de personnes.
Tous mes amis sont loin de moi, mon « ex » a une nouvelle copine, mes sentiments pour lui ne changent pas. Je me retrouve seule dans une grande ville que je ne connais que par la mort d'Éric. Mes études me plaisent beaucoup, je connais du monde, mais je me sens toujours aussi seule.
J'ai cette solitude physique qui est fréquente, mais aussi morale : personne ne me comprend, personne ne me laisse parler, personne ne me voit. Je suis confrontée à une maladie du cœur encore non médicamenteuse car trop rare, une régression du muscle de la jambe gauche récupérable en kiné mais douloureux, et une dépression non soignée car je n'arrive pas à me livrer à un médecin psychiatre.
Je ne suis pas en manque d'affection comme on pourrait le croire, sinon je serais tombée dans les bras du premier venu. Il y a une personne en particulier qui me manque car elle a été celle qui m'a aidé pendant mes plus douloureux moments. J'ai conscience qu'il est impossible de la récupérer à cause de la distance et du fait qu'il soit avec quelqu'un d'autre.

Conclusion : vers une thérapie pour reconstruire ma vie
Je continue pourtant à vivre jour après jour. Je subis ma vie et mes pensées me submergent à chaque instant. Je suis devenue insomniaque à cause de tout ça, ce qui joue encore un peu plus sur le moral.
Alors oui, c'est vrai, il y a plus malheureux que moi, mais je n'arrive pas à voir positif dans ma vie car je suis entraînée vers le bas à chaque moment...
Je vais certainement entreprendre une thérapie dans les mois qui suivent pour essayer de repartir à zéro avant d'être à jamais perdue dans mes pensées, et ne pas trop me mentir pour enfin accepter les réalités de ma vie...