
Qui est le major Bouchefiz ?
Il y avait dans l'armée française, au cinquième régiment aéronaval, un major que la nature avait doté de superbes qualités militaires, stratégiques mais aussi morales. Sa physionomie annonçait l'intégrité de son caractère et la finesse de son esprit. Âgé de 23 ans, il avait la peau dorée par le soleil des tropiques, des jambes aussi belles que celles des cyclistes de très haut niveau, des dents parfaites quoique à l'émail fragile, le regard sexy et le sourire appétissant.
Ses camarades de l'institut aéronaval soupçonnaient qu'il était le fils de la sœur de Monsieur le directeur, le capitaine Ânehare, et d'un de ses cousins germains. Cette demoiselle ne put jamais épouser son cousin car son père, le fameux général De Bol, s'opposait farouchement à des épousailles consanguines et l'avait menacée de la priver de son héritage si elle n'obéissait pas à ses ordres.
Monsieur le général était l'un des plus puissants officiers de l'armée de l'hexagone, car il excellait dans l'application du règlement. Ses rapports, qui donnèrent lieu à de nombreux procès, étaient connus dans le monde entier. Les cours martiales où il fut l'instigateur direct ne manquèrent point, et personne n'ignorait l'ardeur avec laquelle il poursuivait les malheureux accusés de désertion. On l'appelait « mon général », et aucun individu, même civil, n'osait rigoler quand il racontait des blagues.
Petit-fils d'un tel personnage, le major Bouchefiz n'en affichait pourtant pas une fierté particulière. Sa première devise était « l'amour avant tout », et à plus d'une occasion il risqua sa carrière, voire sa vie, pour sauver ceux qu'il aimait. Ce fut le cas lors d'un essai de missiles sur un récif de banquise, quelque part au-dessus de l'Irak.

La suite du feuilleton : l'accident sur la banquise
P.S. : Ce conte sortira par chapitres, il s'agit donc d'un feuilleton. Sa longueur rend impossible sa publication dans un seul article, mais je vous annonce déjà ce qui vous attend…