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Essais

Promenade dans la ville outrancière

Une flânerie urbaine poétique où le narrateur déambule, détaché, entre lumières artificielles et quête de beauté dans le chaos de la ville contemporaine.

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Une soirée en ville : entre agitation et détachement

Promenade dans la ville outrancière, agitation du samedi et approche des fêtes. Je ne me sens pas du tout impliqué, hors société, hors jeu. Les lumières s'allument, s'éteignent. Il y a des gens, ils ont quelque chose à faire. Il y a du bruit, ça résonne à cause des immeubles. J'aimerais disparaître, ni vu ni connu. Mine de rien, c'est grand, tout ça.

Lever les yeux : le ciel comme refuge

Tiens, au fait, je peux lever la tête. J'avais oublié ça. Il y a le ciel, là-haut : la classe ! Je peux m'arrêter aussi, mais je risque de gêner. Il faut marcher. Je me dis que si je frappe l'arrêt de bus de toutes mes forces, ça fera peut-être apparaître un ami. Je pourrai lui dire des choses.

Je ne lui demanderai pas ce qu'il pense de la guerre à la mode aux infos. Je ne lui demanderai pas non plus s'il a vu l'émission hier soir, où le présentateur se met un gode dans le cul pour pallier le vide universel. Merde, je vais lui dire quoi, alors ? Je ferais mieux de laisser l'arrêt de bus tranquille.

Le centre commercial : décor stérile et bruit ambiant

En plus, ce serait un acte de vandalisme relativement dégradant au regard de la société. Ce genre d'incivilité est peu recommandable, vous savez. Vous êtes sûr que vous n'avez pas oublié de fermer la porte à clé ?

Le parking souterrain du centre commercial n'a pas été décoré. Les haut-parleurs diffusent la BO du film qui vous raconte l'histoire incroyable mais vraie d'une rencontre attendrissante entre un monsieur gentil et un enfant génial du ghetto, parce qu'il faut briser les tabous. Si ce film existait, j'en détruirais toutes les copies tel un justicier masqué. J'agirais surtout la nuit, comme Batman.

Trouver la poésie dans le chaos urbain

Dans le zoo, les singes s'endorment après la piqûre. C'est juste l'enfer, c'est pas la fin du monde. Il doit bien y avoir de la poésie dans tout ça. Du simple, du vrai.

Oui.

La beauté floue du monde sans lunettes

Quand tu retires tes lunettes, tu sais, les phares des voitures deviennent de gros ronds dilatés qui se superposent. À droite, c'est rouge. À gauche, c'est blanc. Les ronds oranges clignotent. Les teintes défilent comme une boucle de musique sur le dossier du siège et les portières, quand la voiture passe dans un tunnel.

Ça va vite, comme les motos dans Akira. Et les visages deviennent beaux. Car c'est rare, comme un lever de soleil.

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