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Essais

Prise d'une citée byzantine en 12 leçons

Douze leçons absurdes pour conquérir une cité byzantine : du recrutement de votre armée au partage du butin, suivez les conseils d'un stratège très peu recommandable.

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Leçon 1 : Constituer son armée de conquérants

Prenons les choses à la base : la prise d'une ville exige un minimum de moyens. Aussi, si vos conditions actuelles d'existence ne vous permettent pas d'investir, abandonnez rapidement cette idée...

Certains préfèrent avoir affaire à des mercenaires. Personnellement, j'aime l'uniformité d'une armée et n'apprécie guère les fortes têtes. Cependant, Takhul, célèbre commandant slave, a réussi, grâce à un système de recrutement efficace, à rassembler des hommes de toute nationalité qu'il a conduits au sommet de la gloire. Ainsi, l'utilisation de mercenaires nécessite une grande culture guerrière et peut s'avérer dangereuse et extrêmement coûteuse. Mais si, comme moi, vous préférez une corporation formée par vous-même, faites preuve de courage et de caractère, car la motivation des hommes se travaille tous les jours. Des moments tels que le repas sont souvent propices à une mise au point quant à l'activité quotidienne des guerriers, mais peuvent également devenir des moments favorables à la préparation d'émeutes ou de rébellions !

Leçon 2 : Choisir la bonne combinaison d'unités

Pour la prise d'une cité, le choix des unités que vous allez employer reste un des moments les plus importants. En effet, les quelques campagnes que vous avez menées ne vous ont conduit qu'à monter une armée basique, essentiellement constituée d'une seule sorte d'unité. La prise d'une ville entourée, vous vous en doutez, de tonnes de granit nécessite une diversité de forces de frappe conséquente.

Mon ami et néanmoins rival, le Chinois Ty-Sö-Liî, est adepte d'une combinaison bélier-catapulte-cavalier-fantassins. Le choix de cette combinaison devient généralement définitif à la fin du rodage (voir leçon suivante).

Leçon 3 : Roeder son armée avant l'assaut

Avant de vous attaquer à cette cité qui hante votre esprit toutes les nuits, je vous conseille de massacrer quelques innocents dans les villages alentours (n'oubliez surtout pas de brûler les huttes : en effet, le symbole du feu joue un rôle prépondérant dans la tête de vos hommes). Ce rodage doit s'effectuer discrètement et devrait permettre d'instaurer un climat de victoire au sein de vos troupes...

Leçon 4 : Annoncer le combat et maîtriser l'art du discours

Dans un élan évident de lucidité, vous n'avez bien sûr nullement annoncé le but final que représente la prise d'une cité byzantine aux personnes qui composent votre potentiel offensif. Eh bien, le moment est venu de l'annoncer ! Il vous faudra alors faire preuve d'éloquence et oublier un instant votre glaive pour brandir votre langue : CE MOMENT EST PRIMORDIAL ! En effet, si vous présentez ne serait-ce qu'une once de doute, les conséquences seraient irréversibles...

Il existe des règles essentielles à suivre pour faire un discours :

  • Dire la vérité n'est pas envisageable ! Ne dites surtout pas que le combat sera rude et que les morts vont pleuvoir (d'autant plus si la famille des guerriers est présente !)
  • Il est fortement conseillé d'utiliser un vocabulaire incompréhensible ! La réaction de vos hommes sera d'autant meilleure que votre discours sera incompris : ils se sentiront menés par une force surhumaine...
  • Il faut surtout, et c'est le plus important, crier et clamer des mots ayant un sens clair et fort ! Le mot le plus coté actuellement est « victoire », qui n'est pas très loin de « gloire » et « richesse ».

Voilà donc pour le discours. La diction, cela va de soi, devra être claire quand cela est dans votre intérêt et, dans tous les autres cas, disons... moins claire.

Leçon 5 : Établir son plan d'attaque et reconnaissance

La charge, sans réflexion aucune, vers la cité est une attitude peu envisageable si vous désirez rester vivant plus longtemps que vous ne le laissez penser. Aussi, la mise en place d'un plan de la ville est obligatoire.

Tout d'abord, envoyez un imbécile de cavalier recueillir des informations quant aux différentes positions des archers sur les murailles, et également pour prendre conscience de la structure générale de la ville. À son retour, et après avoir dit à vos hommes que c'était bien ce que vous pensiez, rejoignez votre tente discrètement, en feignant d'aller méditer, et suivez la leçon suivante...

Leçon 6 : Préparer sa retraite (au cas où...)

L'issue de la bataille ne sera pas forcément l'issue souhaitée, et malgré tous les conseils que j'aurais pu vous adresser... Aussi, la préparation d'une possibilité de fuite est conseillée ! Un cheval, quelques vivres et une arme devraient suffire... Soyez extrêmement discret (pas besoin de vous dire pourquoi...).

Leçon 7 : Disposer ses troupes pour l'assaut

Alors là, c'est très dépendant de la combinaison guerrière choisie. En tout cas, il existe là encore des règles essentielles à suivre quoi qu'il advienne :

  • Les catapultes ou autres armes de siège à distance ne chargent pas ! La cavalerie, en revanche, pourra charger...
  • Mais les armes de siège peuvent tirer sur les murs de la ville. C'est même fortement conseillé de faire cela avant de conduire les cavaliers se viander sur le mur, euh pardon, vers la victoire.

Évidemment, la charge sera menée par un de vos bras droits (si vous êtes droitier, bien sûr...), un bras de préférence assez gênant ou un peu trop ambitieux...

Leçon 8 : Le moment crucial de la charge

En échecs, ce sont les blancs qui commencent ; en guerre, ce sont les attaquants qui commencent. Alors il faut y aller ! C'est le seul moment où il ne faut surtout pas réfléchir, au risque, vous vous en doutez, de revenir sur sa décision...

Leçon 9 : Les pronostics de bataille entre chefs

Une habitude peu connue, et bien réelle cependant, consiste en ce que les chefs des armées respectives se retrouvent sous une tente bien gardée pour soumettre leurs pronostics. Il existe très précisément deux pronostics (ceci est une précision numérique de haute volée !) : celui du vainqueur et celui du nombre de morts (pour celui-ci, le pronostic le plus proche remportera les mises). Les deux pronostics ayant évidemment la même valeur.

Leçon 10 : Observer et analyser le champ de bataille

Alors que vous observez, à l'aide de votre longue-vue achetée 100F chez Gaston (chez Gaston, les prix sont toujours ronds !!), l'orientation que prend le combat, vos hommes se battent, eux. Le combat peut prendre plusieurs formes :

  • Celle de la boucherie : reste alors à déterminer de quelle sorte de boucherie il s'agit (boucherie Sanzot ou demi-boucherie). Si c'est une boucherie Sanzot, c'est-à-dire une boucherie carnage, barrez-vous en courant et allez retenter l'expérience sur une autre cité avec une autre armée et avec un autre nom (ne surtout pas négliger le changement d'identité...). S'il s'agit en revanche d'une demi-boucherie, patientez pour connaître l'issue du combat...
  • Celle de la désertion : là encore, deux sortes de désertion : la désertion à la Blutch. Alors là, pas la peine d'essayer de retrouver vos hommes, ils sont déjà en train de relancer leur commerce abandonné lors de leur enrôlement à l'armée (enrôlement généralement malencontreux...). Et la demi-désertion : dans ce cas... patientez pour connaître l'issue du combat !

Leçon 11 : Le discours d'après-combat

Si vous perdez la bataille, suivez les instructions expliquées plus haut ou alors abandonnez tout et allez aider les déserteurs à relancer leurs commerces...

Si l'issue de la bataille est positive : prenez alors place sur une estrade quelconque (par exemple un amoncellement de cadavres) pour prononcer votre discours post mortem (c'est le cas de le dire). Soyez magnifique, insistez sur le fait que le mérite revient aux joueurs présents sur le terrain, qu'il faut prendre les combats les uns à la suite des autres, mais qu'il est vrai que l'issue du combat reflète le travail d'arrache-pied (bon OK, j'arrête avec les jeux de mots...) effectué durant toute la saison (procédez à un repiquage des discours de Didier Deschamps, ce sera parfait).

Leçon 12 : Le partage du butin, le vrai combat

Bienvenue dans le vrai combat ! J'espère que vous avez de la poudre, parce que y'a plus d'équipe, y'a plus d'honneur, c'est chacun pour soi et j'espère Dieu pour vous !

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yonus
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