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Essais

Pour toujours, au delà de la mort, je t'aime et je t'aimerais !

Un témoignage bouleversant sur le deuil et l'amour éternel. De l'enterrement à l'urgence médicale, revivez la perte d'un être cher à travers les mots d'un jeune homme en deuil.

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Non, vraiment, ce n'était pas une journée d'enterrement... Un grand soleil qui brûle le cœur, des enfants qui jouent au ballon de l'autre côté de la rue, des arbres bien verts qui secouent leur chevelure au-dessus des têtes coiffées de noir... Ça me rappelait ces après-midis où l'on s'installait au parc pour découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles histoires, de nouveaux drames. Ce n'étaient pas les nôtres ; ils étaient parfaits, parfaitement romancés... Nous, le nôtre, il était simple, triste pour nous, mais le monde ne s'est pas arrêté. Lui, il a continué, même quand je me suis mis à pleurer ! Nous qui vivions dans les livres, nous avons dû affronter la vie, la vraie, celle où tu es seul face à la mort. Dans les livres, personne n'est heureux un jour d'enterrement. Ici, il n'y avait que nous, les proches, qui pleurions.

L'adieu à celle que j'aime

Et ce prêtre qui remuait les lèvres au-dessus de celle que j'aime, qui ponctuait chaque annonce de sa mort par le fait qu'elle était mieux là où elle était... Combien de fois répétait-il ces paroles ? Se rappellerait-il le soir qu'il avait béni le plus pur des anges ? Se souviendrait-il un jour de l'air paisible qui illuminait celle que j'aime, même dans la mort ?

Une poignée de terre, une rose — la dernière —, d'ailleurs elle n'aimait pas ces fleurs, les condoléances aux parents, les larmes obligatoires, pas celles qui viennent quand on est seul confronté à l'absence. Et ce poids, cet horrible poids : le poids de la confusion, de la peur de ne pas être assez « correct », la peur de ne jamais en faire assez...

On monte dans la voiture, le regard perdu dans le vague. On arrive devant la maison, on n'était jamais arrivé sur ce seuil sans elle. On arrive dans sa chambre, on n'y était jamais entré sans son accord. Et on pleure... On pleure...

Les souvenirs qui habitent sa chambre

Cet ours en peluche était son cadeau de Saint-Valentin de l'an passé. Cette photo... ah, cette photo ! Qu'est-ce qu'on s'était amusé ce soir-là. Et puis tiens, voilà le tee-shirt que je cherchais depuis un mois... Elle dormait avec... Et cette odeur qui flotte encore. Il y a si peu de temps, elle était encore là, près de cette glace, sûrement en train de se préparer à venir me retrouver — en retard, comme d'habitude !

Quand la réalité me rattrape

Et soudain, la réalité me rattrape. Ce pull bleu clair, ce pull qui allait si bien avec ses yeux, tout taché de rouge. Un rouge vif, un beau rouge qui lui avait coûté la vie !

L'urgence médicale : mes derniers instants avec elle

Et les images me reviennent. Je monte dans l'ambulance. Elle, paisible, ne laisse de sa souffrance qu'une goutte qui roule le long de sa joue. Je lui parle, je lui dis les mots que seule une personne qui va mourir peut entendre. Tout le monde s'agite, on la transfère sur une table, elle roule, on l'emmène. Et cette attente, cette attente si longue, si dure, où l'on ne sait rien... On attend... Encore et encore... Un médecin sort avec le même air imperturbable qu'à l'arrivée. Ses paroles : « Elle a perdu beaucoup de sang ! », ces paroles qui veulent tout dire. Alors vite, une analyse... Et le soulagement : le même groupe sanguin ! Une chance !!! L'aiguille qui rentre dans le bras, le sang qui se jette dans la pochette transparente, l'infirmière qui ne décroche pas le regard de l'aiguille... Et là, le drame. Le vrai. Le médecin, l'air désolé, se plante devant vous et d'un regard entendu annonce : « C'est fini... » Silence. Les mots résonnent. C'est fini. C'est ça. Tout est fini. On applique un coton sur le bras, mais rien sur les yeux ni sur le cœur... Et pourtant, c'est eux qui ont besoin d'être soignés... car c'est fini.

Apprendre à survivre sans toi

Je ne pourrai plus faire comme avant, car chaque inspiration, chaque pas, chaque mot est seul... Sans toi, il manque une part de moi. Mais je continue, j'avance, je survis...

Ce n'est pas une histoire unique, la vie va ainsi et le monde aussi... mais mon cœur ne veut plus rien entendre...

Et sur ta tombe je dépose ces mots, et sur ta tombe je déposerai bientôt ma vie, à toi qui fis mes joies, toi qui fis de moi ce que je suis et ce que je resterai...

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sadangel
sadangel @sadangel
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