
Tout est noir. Je ne vois plus rien. De la poussière vole tout autour de nous. Le ciel est assombri. Des cris proviennent de partout. J'aperçois ma mère qui se cache les yeux et ma sœur qui pleure. Mon père hurle quelque chose, mais je ne l'entends pas. Une main se referme sur mon bras. Je me débat, je pleure, je crie, je tape dans l'espoir de me libérer. Puis, m'entraînant à l'écart, cette main se resserre autour de moi. Je tape le sol de mes pieds et, sans rien comprendre, je m'évanouis.
Je me suis réveillée, si je me souviens bien, il y a deux jours. Je ne sais pas où en est le conflit. Il faut que je trouve un moyen de sortir d'ici. J'ignore où je me trouve. Peut-être suis-je sur leur planète. Je n'en ai aucune idée. Je ne peux pas dire qu'ils me maltraitent, au contraire. J'ai de la nourriture à volonté, je ne manque de rien. Ils m'ont installée dans une pièce où ils ont déposé un grand lit rouge avec des coussins couleur or avant mon arrivée. Cette pièce, si confortable soit-elle, est dépourvue de fenêtres. Les murs sont blancs, ce qui me laisse quand même assez de lumière.

J'en conclus donc que ces extraterrestres sont dotés d'une intelligence suffisante pour ne pas prendre le risque de me montrer où je suis.
Juste en face de mon lit se trouve une grande armoire en fer que je n'arrive pas à ouvrir, et à côté, un escalier. Ce n'est pas un escalier comme tous ceux que je connais : il est infranchissable pour toute personne n'ayant pas la carte permettant de le monter ou de le descendre à sa guise. Une table de bois siège au milieu de la pièce, entourée de trois chaises. Une petite trappe a été conçue dans le sol, à côté de mon lit, ce qui leur permet de m'apporter la nourriture dont j'ai besoin à peu près quatre fois par jour.
Le premier jour de ma courte vie dans cet endroit insolite, je fus étonnée de voir une main verte surgir de cette trappe, un plateau à la main. Comme je mourais de faim ce jour-là, je ne pris pas le temps de regarder avec attention ce qu'ils m'offraient. Mais une fois rassasiée, je découvris avec stupeur que ce n'était pas de la nourriture humaine, mais une sorte de pâte jaunâtre mélangée à ce qu'on aurait pu appeler du café. Cette mixture étrange devait être réservée aux prisonniers. Elle sentait le fromage à des kilomètres à la ronde et il m'était difficile de supporter cette odeur. Depuis, je m'y suis habituée.
Soudain, j'entends des pas. Ils viennent de l'escalier. Je n'ose plus bouger. Je retiens mon souffle. Un bip sonore m'informe que la créature a donné sa carte à la machine. La porte s'ouvre...