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Essais

Planètes (3)

Épisode 3 : retrouvailles émouvantes avec son père, une évasion rocambolesque et une alliance surprenante avec un jeune extraterrestre pour combattre les Nabjörgs.

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Il est là, mon père. Derrière lui, un monstre le tient par les mains. Puis, il le jette dans ma cellule. Mon père, fatigué, à bout de forces, tombe à genoux dans la pièce mal éclairée.

Et alors, lorsque la bête est partie, ce sont les retrouvailles. Il se relève péniblement, me sourit, et moi, je me rue vers lui pour l'aider à se tenir debout et lui demander des nouvelles de ma famille et de la planète. Là, il m'explique que nous n'avons pas quitté le pays, qu'il a été capturé parce qu'il sait où nous nous trouvons et que les envahisseurs ne voulaient pas qu'il dévoile ce secret. Ébahie par cette nouvelle alors que je me croyais à des années-lumière de ma maison, je le questionne sur ma famille. Il m'informe que ma mère a aussi été capturée car elle refusait de se soumettre. Ma sœur, d'après lui, a réussi à se mettre à l'abri dans une cachette que lui avait indiquée mon père et qui ne risquait pas d'être découverte bientôt. Les personnes qui sont encore en vie et en liberté sont celles qui se sont soumises aux ennemis ou celles qui ont trouvé des cachettes suffisamment ingénieuses pour ne pas être vues. Mais ces derniers ne survivront pas longtemps sans eau ni nourriture, je le crains.

J'ai peur pour ma sœur. Avant, j'avais peur pour mes parents, mais maintenant que mon père est là et que je sais que ma mère est dans la même situation que nous, je m'inquiète davantage pour ma sœur. Je ne sais pas où elle est, ni comment elle va.

Ma sœur est-elle encore en vie ?

C'est la question que je me pose souvent.

Ils arrivèrent un matin, apparemment de bonne heure, car nous étions encore en train de dormir. Je me réveille en sursaut : il est devant moi. Un enfant. Enfin, un enfant de leur espèce. Il me regarde et m'observe sous tous les angles. Je n'ose rien dire, et je tremble. Voyant ma peur, il ouvre la bouche comme pour dire quelque chose, puis la referme. Et, à ma grande surprise, il se met à parler notre langue. Il me demande si je vais bien et depuis combien de temps je suis ici. J'acquiesce, encore un peu sonnée, et lui réponds que j'ignore depuis combien de temps je suis ici, mais sûrement plus d'une semaine. Mon père, qui s'était réveillé juste avant, rectifie que ça ne fait que deux jours qu'ils m'ont emmené avec eux.

Puis, la main sale du monstre s'approche de mon bras, et comme un réflexe, je m'écarte. Il me regarde comme si j'avais commis un crime et, sous ses yeux pleins de reproches, je m'excuse. Il me prend le bras et je ne bronche pas. Je lance un regard à mon père qui m'encourage à le suivre. Je le suis donc, mon père sur les talons. Il nous entraîne vers une porte sombre. Je lui demande où nous allons et il me répond :

« Plus tard, vous verrez… »

J'envoie un regard interrogateur à mon père qui hausse les épaules. Nous nous mettons à courir et je manque de me cogner contre les murs à chaque virage. J'ai l'impression d'être dans un hôpital : les murs sont blancs, les salles presque vides et cette odeur… c'est une odeur tellement familière de l'hôpital.

Puis nous arrivons à la sortie de ce grand bâtiment blanc. Je ne sais pas par où nous sommes sortis, car ce bâtiment est invisible vu de l'extérieur pour les personnes normales. La lumière du soleil m'aveugle tandis que la jeune créature m'entraîne vers la forêt noire. C'est une forêt tellement sombre que personne n'y va jamais, de peur de se perdre. Certains prétendent y être déjà allés et avoir vu des choses étranges, mais après ce séjour passé dans un de ces bâtiments, plus rien ne me paraît étrange.

Une alliance inattendue contre les Nabjörgs

Arrivés au cœur de cette forêt, nous nous arrêtons d'un coup, ce qui me fit trébucher. La bête m'entraîne doucement vers des branchages isolés. Il soulève les feuilles, et là, je vois, assise en tailleur à boire de la soupe comme si rien d'anormal n'était en train de se passer dans le pays en ce moment, ma sœur, parlant tranquillement avec ma mère. Je leur saute dans les bras pour les embrasser et me relève pour remercier notre guide provisoire.

— Pourquoi avez-vous fait ça ?
— Je ne suis pas de leur clan, je n'appartiens pas à leur tribu. J'ai réussi à m'infiltrer dans ce bâtiment en me faisant passer pour un des leurs.
— Je vous en remercie beaucoup et j'espère pouvoir faire quelque chose pour vous en retour.
— Ce que vous pouvez faire, c'est nous aider à chasser les Nabjörgs d'ici, car nous, nous ne vous voulons aucun mal, contrairement à eux. Ils ont aussi envahi notre planète et nous voulons nous en débarrasser.

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choupinette200
Choupinette Secret @choupinette200
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