
Le temps reprend brusquement comme si la terre ne s'était pas rendu compte de l'arrêt perturbant de sa propre vie. Le vent, les vagues et mes pensées s'effondrent en un fracas énorme. La vie reprend rapidement son cours. Tu as disparu encore une fois.
Le réveil brutal
Le froid de l'hiver me réveille en sursaut. Je suis gelée comme une morte. Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que j'ai l'impression qu'il va s'évader. Le vent glacial enveloppe mes épaules.
— Tu es venu pour vrai cette fois-ci. Quand cesseras-tu ce jeu...
Je me tourne vers la fenêtre qui est toute grande ouverte. Les rideaux volent au vent en un claquement puissant. La lune est claire et sinistre cette nuit. J'ai fermé les yeux, puis j'ai senti ta présence. Tu n'es jamais loin. Je me suis levée pour fermer la fenêtre, puis me suis rendormie peu de temps après avec cette pensée à l'esprit :
— Qu'es-tu devenu ?
Je jure de rester forte, de ne pas perdre mes pensées et de caresser de mes doigts la vérité qui est aussi froide que toi. Tu hantes mes rêves, mes illusions. Quand je me réveille, je sens ton odeur mais tu n'es jamais là. Tu me fuis quand je te cherche et me reviens quand je t'oublie. S'il existait des mots pour avouer mon impuissance, alors je les détruirai car jamais je n'accepterai de perdre l'espoir de te retrouver... Comme avant.
La rencontre sous la lune
La lune éclate derrière les nuages, la nuit est froide et sans remords. Je me retrouve seule assise sur le bord de l'eau et je regarde les étoiles disparaître les unes après les autres. Le temps est orageux, mais il ne pleut pas. C'est comme mon cœur... Lourd de secrets, de sentiments qui ne m'appartiennent pas et personne pour me libérer. Une goutte vient se poser sur ma joue, une larme qui coule du ciel... Il me surprend par derrière, me prend dans ses bras et me serre fort comme s'il croyait pouvoir rattraper le temps ainsi. Je ferme les yeux et me laisse porter par la plus belle des musiques... Celle de l'amour ! Mais celle du passé, un passé oublié. Je m'éloigne de lui. Je l'ai fixé pendant des heures. Lorsqu'il lève enfin le regard, j'aperçois encore cette lueur de mal. J'ai eu peur, très peur jusqu'au moment où il s'est avancé et a penché ses lèvres contre mon cou...
Ses dents percèrent la peau de mon cou délicatement, puis mes jambes fléchirent lentement jusqu'au sol. Là où je me suis accroupie et lui qui prenait ma vie...
À suivre...