
J'ai 17 ans, j'aime la vie, je la mords à pleines dents, mais comme beaucoup de jeunes de mon âge, je ne prends pas spécialement goût à l'école.
Ce jour-là, il faisait un soleil radieux que je regardais patiemment à travers la fenêtre de la salle en attendant la fin du cours et ses habituelles annonces de devoirs à faire pour la semaine suivante. Bref, j'attendais surtout la fin de la journée et les retrouvailles. Après les parlottes interminables de notre prof de français, la cloche sonna. Je rangeais mes affaires à la hâte sans écouter le moindre mot du prof concernant son choix de rédactions et de sujets d'invention à faire pour les vacances. De toute façon, j'avais déjà ma petite idée.
Je me retrouvai devant le portail du lycée bondé au-dessus duquel flottait ce même et unique nuage blanchâtre, nourri continuellement par les clopes allumées massivement durant les récrés et les pauses entre midi et deux.
Je me retrouvai avec mes copains habituels. Parmi eux se trouvait Adrien qui avait le même âge que moi, que je connaissais depuis trois ans à peine, mais avec qui je m'entendais parfaitement. Il était brun avec des yeux verts, assez grand, l'air sportif... Il avait parfaitement confiance en lui et était très ouvert à ce qui l'entoure. Il n'hésitait jamais à se dévouer pour rendre service à ses amis.
J'étais devant le portail également avec Lina, une fille très sympathique. Elle avait 18 ans, elle est blonde, avec des yeux bleus. Elle était assez grande et fine. Elle avait un caractère très élancé et n'hésitait jamais à s'investir pleinement dans une activité... Une fille à la fois jolie et motivée, elle vivait probablement les meilleures années de sa vie.

On discutait à trois en attendant une autre fille qui n'allait pas tarder à nous rejoindre. On la voyait apparaître soudain et nous rentrions chez nous à quatre en discutant sur le chemin, traversant toujours la même petite ruelle depuis quatre ans, dont je connaissais les façades par cœur.
Rentré chez moi, je me débarrassai de mon manteau et me décontractais avant d'attaquer mes devoirs. Ceci fait au bout d'une petite demi-heure, je me préparais à dîner en famille avec mon frère et mes parents. Ayant obtenu de bonnes notes ces derniers temps et n'ayant pas eu d'accrochages avec mes parents comme le connaissent la plupart des parents d'ados de mon âge, j'estimais avoir toutes les chances de mon côté pour leur demander quelque chose d'inhabituel. J'avais prévu en fait un petit voyage de quatre jours entre amis, donc j'ai essayé de demander l'accord à mes parents. J'obtins facilement l'autorisation de ma mère qui habituellement a confiance en moi. J'avais un peu plus de mal à convaincre mon père, mais l'essentiel est qu'il soit d'accord. Mon frère voulait aussi venir avec moi. Je dis oui.
Le jour du départ
Une semaine plus tard, c'était le jour J. J'étais tout excité à l'idée de me retrouver en train de flâner sur le sable chaud et à réaliser mon rêve secret. Je fis hâtivement mes bagages en poussant mes vêtements afin de pouvoir fermer mon sac de voyage plein à craquer.
Accompagné de mon frère, je me rendis ce soir-là vers dix-huit heures à la gare où je retrouvai Adrien, Lina et Pauline qui portait une magnifique robe noire. Nous attendions l'annonce de notre train sur ce tableau qui était accroché sur le mur de la gare. Elle est apparue avec le numéro de train et de voie, mais surtout avec la destination que j'avais tant attendue pour réaliser mon rêve.
Nous prenions place dans le train qui a démarré doucement. Presque tout au long du voyage, un silence complet s'abattait sur mes copains et moi qui prenais le temps d'admirer Pauline qui s'endormait doucement, bercée par le roulement et les balancements du train.
J'avais rencontré Pauline il y a cinq ans lors d'un voyage à l'île Maurice. Habitant tout près de chez moi, nous avons gardé contact jusqu'à aujourd'hui. Ce voyage tombait bien vu qu'elle venait tout juste de fêter ses 16 ans voilà quinze jours auparavant.

Arrivés à destination, nous cherchions le bus qui nous attendait pour nous transférer vers le centre-ville. Nous trouvions l'hôtel auquel nous avons réservé une seule chambre vu notre budget modeste, espérant pouvoir nous débrouiller pour dormir à quatre sur un lit prévu pour deux personnes et un autre lit pour une personne.
Première nuit à l'hôtel
Le soir venu, nous étions en train de nous décider qui allait dormir avec qui. J'insistais pour pouvoir dormir avec Pauline, si possible dans le petit lit, et c'est finalement ce que nous avions fait. Nous faisions notre toilette et prenions notre douche chacun son tour dans la salle de bains et nous avons enfilé nos tenues de nuit. Pauline avait mis un pyjama de nuit très léger, sans manches. En éteignant la lumière, Adrien, Lina et mon frère ont pris le grand lit. Pauline et moi nous sommes donc serrés l'un contre l'autre, le petit lit étant un peu étroit. Nous nous sommes retrouvés face à face et je pouvais contempler son visage magnifique dans la pénombre.
Le réveil que nous a fourni Adrien nous a joué sa petite mélodie préférée. J'ai tapoté dessus et fait taire l'engin. Nous sommes descendus tous ensemble prendre notre petit déjeuner : des croissants, des œufs au plat ou à la coque, bref, tout le nécessaire pour bien démarrer la journée. Nous sommes remontés dans la chambre pour nous préparer, enfiler les maillots de bain sous les t-shirts avant de nous diriger vers la plage. Connaissant mes copains et nos délires, j'ai vérifié si tout était bien accroché de mon côté vu qu'ils étaient très bien capables de blagues très osées.
Une journée à la plage
Une fois à la plage, nous nous sommes déshabillés, déjà prêts avec nos maillots de bain. Adrien portait un bermuda orange à fleurs qu'il avait depuis l'âge de neuf ans, qui visiblement lui était cher même s'il lui était assez serré à vue d'œil avec ses ficelles parfois dénudées.
— Aïe, fis-je, t'es sûr que ça te gêne pas de te saucissoner dans un truc pareil ?
— Non t'en fais pas, répondit-il d'un ton amusé, au moins ça tient bien l'froc, pas de risque de cata avec un bon vieux truc pourri...
J'éclatai de rire.
— On y va ?
— Allons-y ! Le paradis est à nous, dit-il gaiement.
Cette phrase m'a déstabilisé d'autant plus que je venais d'apercevoir Pauline, avec Lina et mon frère qui couraient vers la mer. Je me précipitai aussi, le cœur rempli de joie.

L'eau était chaude. C'était tellement agréable de pouvoir savourer ces moments. Je prenais le temps d'observer Pauline. Elle portait un bikini dont le haut s'attachait par le dos et au cou. Il était blanc et ça lui allait tellement bien. Malgré la chaleur de l'eau, je commençais à ressentir des frissons quand soudain elle vint vers moi :
— Tu pourrais me tenir pour faire la planche s'te plaît ? Me demanda-t-elle avec sa voix si douce.
— Euh. Je... J... Oui, a... Avec plaisir.
Je me demandais par ailleurs pourquoi elle m'avait sollicité moi en particulier, plutôt qu'Adrien ou même Lina. Je tenais dans mes bras son corps chaud pendant qu'elle s'immobilisait sur l'eau. Je ne dis rien, je prenais le temps d'apprécier ce moment intense. Doucement me vint cette boule dans la poitrine qui me contracte, mais elle me demandait de la lâcher pour qu'elle puisse flotter. J'étais sur mon petit nuage alors je n'avais pas entendu ce qu'elle avait dit. Elle l'a répété donc je l'ai lâchée doucement, en l'admirant couchée sur l'eau. Tout disparaissait autour de moi, je ne voyais qu'elle.
Pendant qu'elle flottait sur l'eau, Adrien et mon frère étaient venus vers elle en prenant soin de détacher le plus discrètement possible les nœuds de son maillot. Elle s'en aperçut mais il était trop tard, ils avaient déjà détaché le haut.
— M... Mais q... Qu'est-ce qui vous prend ? S'écria-t-elle. Rendez-moi ça !
Elle s'était retrouvée seins nus sur la plage. Elle rougissait comme une tomate et fut morte de honte. Adrien et mon frère étaient tordus de rire alors qu'elle restait toujours immobile, sans doute tétanisée sur le coup. Les assaillants lui ont finalement rendu le soutien-gorge. Lina finissait aussi par se marrer à son tour. Pas moi.
Pauline s'était fâchée, elle était bien partie pour ne plus leur adresser la parole pour un bon bout de temps, alors que je tentais de la calmer :
— T'en fais pas Pauline, ça c'est bien eux, tu les connais, ils aiment ça, ce genre de blagues, c'était juste pour te taquiner...
Je la tenais dans mes bras, elle commençait à pleurer et je prenais soin de sécher ses larmes chaudes et douces jusqu'à ce qu'elle revienne à elle pour se préparer à aller en ville ensemble avec les autres.
Une promenade en ville
Nous nous séchions et enfilions nos tongs et t-shirts pour nous promener dans les rues commerçantes du centre-ville. Nous trouvions tout au long de notre promenade des commerces plus sympathiques les uns que les autres. Certains étalaient leurs plus belles cartes postales tandis que d'autres montraient de nombreux gadgets-souvenirs des plus farfelus.
Je trouvai enfin ce que je voulais. Je m'étais arrêté devant un magasin qui vendait des stylos-plumes et toutes les fournitures nécessaires... Je pris un stylo-plume, de l'encre rouge et quelques feuilles d'un papier odorant, légèrement imbibé d'un parfum d'été, qui sentait plutôt la fraise que la rose comme cela était indiqué... Qu'importe, l'essentiel est que ce soit agréable à prendre et à sentir. Le prix était un peu déraisonnable mais cela ne m'a nullement arrêté dans ma lubie. J'étais si content de trouver ce qui me correspondait parfaitement...
J'errais de rue en rue pour trouver ce qu'il me fallait ensuite. Je voulais un petit nounours en peluche, assez doux de préférence. Je n'avais pas de difficultés à en trouver un rapidement. Dans le magasin où je me trouvais, je prenais le temps de les comparer, je n'hésitais pas à caresser chacune des peluches, quitte à me faire remarquer par les passants. D'ailleurs, certains en profitaient en effet pour se payer ma tête. Une fois de plus, je faisais comme si tout disparaissait autour de moi, mais cela m'a redonné ces frissons, surtout lorsque je caressais une de ces peluches.
Je me suis décidé, j'ai pris le petit marron avec son ventre blanc, c'était le plus doux et le plus mignon du magasin. Mais en y pensant une seconde, j'avais oublié les agrafes. J'allais en chercher vite là où j'avais acheté ma plume et mon papier odorant.
Tout était fait mais avec toutes ces balades en ville, j'avais perdu de vue mes amis. Je retrouvais Lina assez rapidement, puis Adrien et mon frère, mais Pauline tardait. J'étais très inquiet. Mais la revoilà.
Il était presque dix-neuf heures, avec toutes ces balades, nous n'avions pas vu le temps passer. Nous avons trouvé un restaurant très sympathique où nous nous attablions. Nous passions deux heures et nous observions à la fin les animations nocturnes quotidiennes qui animaient le centre-ville...
Nuit d'émotions
Nous sommes rentrés à l'hôtel, prenions notre douche et après le rituel du soir, nous nous sommes effondrés au lit. Personne n'a tardé à fermer les yeux, sauf moi, toujours sous l'émotion de ce qui s'était passé ce matin même. Les larmes aux yeux, je profitais du sommeil de Pauline pour lui faire un tendre baiser sur sa joue douce. Je sentais son odeur dans le creux de son oreille, elle ne bougeait pas. Mes joues devinrent toutes chaudes, puis revint cette boule au creux de ma poitrine, ces frissons...
Le lendemain matin, après le petit déjeuner et les préparations pour la plage, nous nous y dirigions, mais j'avais prévu avec mes amis une petite matinée de cerf-volant.
Lina et Pauline ne savaient pas en faire. Ça tombait bien, je pouvais apprendre à Pauline comment manipuler ces élégants dragons de soie. Je saisis Pauline par les bras. J'appréciais ces moments où nos corps se touchaient. Je rougis chaque fois que je plonge dans son regard sous prétexte de bien viser la trajectoire que je lui indique. Je fonds littéralement à chacun de ses sourires. J'ai le cœur qui chavire et pourtant je faisais ce que je pouvais pour contenir ces émois.
Mes amis voulaient une fois de plus passer une après-midi en ville. J'ai insisté pour rester seul à la plage. Ils sont partis en s'inquiétant pour moi que je puisse m'ennuyer...

L'écriture du poème
L'après-midi était calme. Il n'y avait pas un chat sur la plage. Je m'assieds sur le sable chauffé par le soleil de l'après-midi. J'ai pris soin d'amener mon stylo-plume rouge et le papier parfumé. Le temps de trouver mon inspiration, le soleil avait déjà commencé à toucher l'horizon de la mer. Le ciel était jaune orangé, et j'ai commencé à écrire les premières lignes de mon poème.
J'étais entièrement absorbé par ce que je faisais. Je ressentais les émotions à mesure que ma feuille se remplissait. Voici les premières lignes de mon poème :
Pauline, mon Amour
Pauline, mon amour, mon cœur,
ma princesse, mon âme sœur.
Je pense à toi tous les jours,
toutes les nuits,
tu es dans toutes mes pensées.
Pauline, il y a quelque chose en toi
qui me rend heureux,
ton sourire m'envahit de bonheur.
Belle comme le coucher du soleil,
tu es ma petite fée.
Pauline, je veux t'offrir ma chaleur
pour te réchauffer du froid,
t'embrasser pour ne pas que tu aies peur,
pour ne jamais que tu pleures.
Et tout ça, pour être à toi.
Ton sourire est tellement agréable,
ton corps si tendre à caresser,
ton odeur si douce à sentir,
ton regard si intense mon cœur.
Pauline, je me ferais tout beau, tout neuf
pour que tu me regardes toujours
avec cette lueur qu'il y a en toi.
Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime...
Pauline, j'aime te regarder, t'admirer,
me balader avec toi
pour oublier tout, tout à part toi.
J'aime sentir ton odeur,
te faire tout plein de bisous dans le cou
et t'embrasser en posant mes lèvres
sur les tiennes avec tant de tendresse.
J'aime te sentir à mes côtés
lorsque je dors, lorsque je rêve.
Et te voir apparaître
quand je me réveille.
Pauline, je t'aime tellement.
Profitons de tous les moments
que nous pouvons passer ensemble
car la vie avance à pas de géant.
Je ne serais jamais méchant,
jamais infidèle,
pour que tu sois belle.
Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime...
Pauline, je t'ai vue hier.
Tes seins étoilés m'ont semé le doute.
Es-tu une fille ou une déesse ?
Ta beauté me suscite tant de tendresse.
Pauline, ne vois-tu...
Je n'avais pas du tout terminé mon poème. Ne voyant pas l'heure défiler, je ne me rendis pas compte qu'il était déjà tard. Mes amis étaient revenus, ils étaient venus derrière moi très discrètement, ces gamins. Après Pauline et le coup du bikini détaché d'hier matin, je ne doutais pas une seconde que je serais la proie de ce soir-là.
Ils m'avaient attrapé par derrière et tentaient d'arracher la feuille de mes mains.
— Non, criai-je, s'il vous plaît, laissez-moi...
Ils éclatèrent de rire et eurent finalement raison de mon impuissance. Je me suis mis à fondre en larmes. Je ne voulais pas que Pauline ne voie ça. Je voulais que ce poème reste entre mes mains, dans mon intimité...
Le doute et l'angoisse
La nuit était déjà presque entièrement tombée, il m'était impossible de m'attarder davantage. J'ai mangé seul à l'hôtel, mes amis étant déjà rentrés dans la chambre. Une fois mon repas fini, j'hésitais à monter dans la chambre, j'avais ce doute. L'ont-ils montré à Pauline ? Si oui, comment a-t-elle réagi ? Ai-je des chances avec cette fille ? Probablement pas, me disais-je. Je la connaissais depuis assez longtemps déjà et pour elle je n'étais sûrement qu'un ami et rien d'autre.
Cette situation m'est fort inconfortable, je ne l'avais d'ailleurs jamais envisagée ! Et finalement j'ai décidé de rentrer tard dans la chambre, une fois qu'ils aient tous fermé l'œil.
En me mettant sous les draps, toujours serré contre Pauline, j'avais les larmes qui me montaient aux yeux. Je ne pus les contenir, elle dormait tranquillement et ne se doutait de rien pendant que moi je pleurais en silence. Dans mes larmes, je pus la caresser par ses cheveux châtains, lisses et si doux...
J'ai décidé de descendre à la salle de réception de l'hôtel vers six heures du matin pour sortir un peu et aller à la plage. Je vis le soleil qui pointait le bout de son nez à l'horizon et qui montait à vue d'œil. Je retrouvai ce ciel jaune orangé de la veille et je m'assieds au beau milieu du bord de la mer, sur le sable frais du petit jour. J'en profitai pour sortir toutes mes larmes, que je tentais de contenir durant cette nuit de crainte de réveiller mes amis.

Voilà presque une heure et demie que je sanglotte au beau milieu de cette plage encore vide. J'eus la sensation que mon cœur se vidait de quelque chose, je ne sais pas de quoi. C'est ce que l'on ressent généralement lors de nos sanglots, ce pincement à la fois affreux et plaisant, qui nous fait à la fois du mal et du bien...
Mes amis m'avaient retrouvé ici vers neuf heures, je n'avais pas bougé de la matinée. Ils m'avaient vu recroquevillé sur moi-même. Pauline vint à moi la première et me demanda ce qui n'allait pas. Je ne pouvais pas lui dire la vérité à ce moment-là, à moins qu'elle le sache déjà, ce qui n'était visiblement pas le cas.
Mes amis s'étonnèrent de me voir une fois de plus insister pour rester seul sans eux. Je passais la journée entière à déambuler dans la ville, avec ces mêmes sensations qui me rongent sans arrêt, cette boule qui me pèse à l'estomac et ces papillons dans le cœur... Mes yeux ne purent s'empêcher de s'humidifier de temps à autre. Ce mélange d'inquiétude, de mal, de bonheur et de joie en font toute une émotion qui ne se réalise et ne se connaît qu'une fois frappé par l'amour que l'on croit être l'amour de notre vie. Et pourtant j'avais vraiment voulu avoir des enfants avec Pauline, vous savez, cette image des deux parents assis sur le lit, qui admirent tendrement deux ou trois bambins avant de se regarder et de s'embrasser à leur tour... Cette image est trop forte en sensations pour que je puisse y penser en pleine rue, je risquerais brutalement de perdre connaissance...
La déclaration d'amour

Le soir venu, il était autour des dix-sept heures. On devait refaire nos valises pour rentrer le lendemain. Nous sommes revenus dans la chambre d'hôtel mais nous n'avions pas commencé à ranger nos affaires tout de suite. Lina, Adrien et mon frère savaient ce qui allait se passer. J'avais déjà préparé au préalable le petit nounours en peluche sur lequel j'avais agrafé un petit mot sur le ventre blanc. Je l'ai caché derrière mon dos.
— Assieds-toi sur le lit, lui demandais-je.
— Oui, fit Pauline avec un grand sourire.
Je dévoilai le nounours, sur le bon côté, et lui tendis de mes deux mains. Elle lut le petit mot agrafé sur le ventre :
Pauline, cela fait longtemps que j'attendais ce moment,
Il m'est difficile de cacher mon impatience,
Mais me voilà à l'heure de t'annoncer,
Ou de te déclarer la vérité la plus pure venue de mes entrailles,
Je ne peux te faire attendre, ni toi, ni moi,
Je te prierais de rester là où tu es, et ne bouge pas...
C'est alors que je m'approchai d'elle et lui offris mon baiser le plus tendre sur sa joue. Son sourire lui revint, j'ai littéralement fondu. Je ne pus continuer tellement l'émotion me paralysait. Adrien et Lina lui apportèrent alors le poème qu'ils m'avaient pris.
Lorsqu'elle le lisait, les larmes coulaient le long de ses joues. On pouvait voir les petites lettres du poème sur le papier orange à travers les reflets sur ses yeux bleus, baignés de larmes.
Elle tomba dans mes bras, je ne pus m'empêcher de pleurer à mon tour. Je me perdais dans ses longs cheveux châtains jusqu'à tomber sur sa joue charnue et lisse, mouillée par ces coulées d'or. Je pus encore apercevoir son sourire bien que baigné dans nos larmes. Je la serrai autour de la taille et l'embrassai en me perdant dans ses cheveux.
Retour à la réalité

En faisant nos bagages, je confondais parfois mes affaires avec celles de Pauline. C'était bien marrant, Pauline et moi en avions bien ri, d'autant plus que rentré à la maison, ma mère me demandait sans arrêt à qui appartenaient ces culottes, ces quelques soutiens-gorge qui traînaient au fond de mon sac de voyage... Peu importe ; depuis, je sortais avec elle et nous vivions le plus grand bonheur. Je n'ai pas encore eu d'enfants avec elle, rassurez-vous...
FIN
NB. Certaines scènes décrites dans ce roman sont tirées d'histoires vraies.
©DS