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Essais

Notre histoire

De 13 à 17 ans, découvrez le récit d'un amour adolescent banal mais précieux. Une histoire de doutes surmontés et d'espoir.

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J'aimerais d'abord et avant tout préciser ceci : cette histoire est la mienne et elle est tout ce qu'il y a de plus banale. Ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres. Elle risque de vous ennuyer, certes. Il me semblait être de mon devoir de vous en avertir. Si elle ne vous ennuie pas, peut-être vous y reconnaîtrez-vous. Peut-être comprendrez-vous, vous aussi, l'importance que j'accordais à la publication de cette histoire. Parce qu'au-delà de toutes les apparences, elle résume une partie de ma vie, une partie si importante qu'il me semblait impossible de la passer sous silence. Je me sentirai moins coupable de vous avoir prévenus : c'est une histoire somme toute banale, mais remplie d'espoir.

Une adolescence remplie de rêves à 13 ans

J'avais 13 ans. J'étais jeune, bien jeune, et j'avais des rêves plein la tête, des espoirs plein le cœur. Le monde entier semblait être à ma portée, je cueillais les journées comme on cueille des fleurs. J'avais une vie bien réglée, j'étudiais et je m'amusais bien. Pourtant, tout au fond de moi, je savais qu'il me manquait quelque chose. Je savais... mais je ne comprenais pas ce manque. Et un jour...

C'est une histoire d'amour toute banale. Une histoire comme tant d'autres. Je le sais, parce que j'ai entendu tant de gens parler d'amour à leur façon. Notre histoire ne sortait pas vraiment de l'ordinaire, mais, pour moi, elle était la plus merveilleuse de toutes les histoires d'amour en ce monde...

Notre première rencontre : un coup de foudre inattendu

C'était en décembre, un peu avant les examens de Noël. J'avais 13 ans et lui 15. Nous étions des enfants. Je ne le connaissais pas. J'ignorais même qu'il existait et, pourtant, cela faisait déjà deux ans que nous partagions les mêmes couloirs. Et un jour, c'est arrivé... comme dans un mauvais film d'amour, une réaction à laquelle on ne croit pas, et pourtant je l'ai ressenti. Il était assis, l'air maussade, dans une cafétéria bondée. Notre rencontre n'avait rien de romantique. Rien. Mais ça a été la plus belle rencontre de toute ma vie. Il était avec un de nos amis communs, je l'ignorais à ce moment-là. Et je marchais sans pouvoir le quitter des yeux. Il avait l'air d'en vouloir au monde entier et je ne comprenais pas pourquoi. J'ai senti quelque chose tomber dans ma poitrine, me serrer la gorge. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, moi qui étais là, en train de fixer un pur inconnu et me demandant ce qu'était cette sensation étrange, celle à laquelle on ne croit jamais, qui se propageait en moi. Je ne l'ai compris que bien plus tard : je venais de tomber amoureuse.

Certains n'y croiront pas. Moi non plus, je n'y ai pas cru. L'amour, ça n'arrivait pas comme ça, d'un seul coup. L'amour, c'était quelque chose de plus profond, de plus fort. Et pourtant...

Les premiers échanges virtuels

Un jour, nous avons commencé à discuter. De tout, de rien. Virtuellement. Je crois que nous avions développé quelque chose de très fort derrière notre clavier et pourtant, jamais, jamais je ne lui adressais la parole lorsqu'il se trouvait face à moi. Je le croise tous les jours, je n'espérais que le voir, mais jamais je ne lui parlais. Quelques mois ont passé, je le connaissais, il me connaissait. Mais quelque chose nous empêchait d'aller plus loin, comme si nous ne voulions pas briser ce lien qui nous unissait. Je le croise souvent : on se regardait furtivement, nos regards s'accrochaient quelquefois, mais nous détournions vite les yeux, apeurés par cet amour qui naissait entre nous à notre insu.

Mais vient un temps où l'écran ne suffit plus. Vient un temps où... Nous avons mis des mois à avancer. Notre histoire s'est bâtie petit à petit, doucement. C'était en juillet... Il a posé ses lèvres sur les miennes et m'a serré fort, si fort contre son cœur. J'étais heureuse, si heureuse.

Nos premiers étés ensemble

À partir de ce moment-là, nous ne nous sommes plus quittés. Il avait maintenant 16 ans et moi 14. C'était l'été, un été que nous avons passé à nous voir de façon intermittente, toujours un peu effrayés. Il avait été écorché par la vie et moi je n'avais jamais vraiment connu de douleur. Il avait souffert, beaucoup, et moi je n'étais encore qu'une enfant. Cet été-là a été le plus bel été de ma vie.

Puis vinrent mes 15 ans, nous nous aimions toujours. Nous rêvions d'habiter ensemble et de nous construire un monde. Vinrent ses 17 ans. Notre avenir commençait à se dessiner doucement à l'horizon. Nous avions décidé d'écrire nous-mêmes notre histoire et de ne pas laisser la vie nous tromper. Nous avions décidé d'être différents.

Surmonter les doutes et les épreuves du temps

Puis j'ai fêté mes 16 ans, lui ses 18. J'ai cru tomber amoureuse d'un autre que lui. Je l'ai laissé. Il m'a attendu. Il devait savoir, bien loin dans son cœur, que je reviendrais. J'avais fait une erreur. J'étais malheureuse, si malheureuse sans lui. Et un jour, honteuse et déchirée, je suis revenue vers lui. Et sans poser de question, il m'a ouvert les bras. Il m'a laissé pleurer longtemps, si longtemps. Il a compris.

Il a eu 19 ans. Nous préparions notre déménagement, nos rêves se concrétisaient. À deux heures de route de notre ville natale, nous partions. Ensemble. Il s'était inscrit à l'université (nous sommes au Québec...), lui qui savait ce qu'il voulait faire depuis toujours. J'étais au Cégep, heureuse. Une semaine, deux semaines ont passé. Il était si malheureux. Il s'était trompé. Il ignorait ce qu'il voulait faire de sa vie, il n'était pas à sa place à l'université, ni dans notre appartement, ni dans notre nouvelle ville. Il est parti. Oh, pas longtemps. Quelques jours. J'ai eu le cœur brisé, déchiré, j'ai souffert comme je ne pensais pas pouvoir souffrir. Mais je l'ai attendu, comme lui m'avait attendu. Je savais, moi aussi, tout au fond de mon cœur. Parce que nous nous connaissions par cœur. Et il est revenu. Le lendemain, j'ai fêté mes 17 ans.

4 ans plus tard : le bilan d'un amour adolescent

Depuis, la vie a repris son cours. Lui, plongé dans ses bouquins de mathématiques, est retourné à l'université. Moi, j'ai continué le Cégep, la tête remplie d'idées de voyages. Nous étions si différents. Le jour et la nuit. Mais ces différences n'ont fait que renforcer notre amour. Nous avions des rêves communs. C'était bien suffisant.

Il a fêté ses 20 ans il y a bien peu de temps. 20 ans, et je le vois toujours comme je le voyais avant, comme je le verrai toujours à travers mes yeux de femme amoureuse... Les choses ont bien changé : nous avons grandi, pleuré et ri. Nous avons voyagé, réalisé des rêves et bâti de nouveaux projets. Nous avons vécu.

Certains diront que nous étions bien jeunes. C'est vrai. Nous le sommes encore, quelque part. Notre amour n'a pas toujours été parfait, parce qu'il a été ponctué de doute et de peur. Mais aujourd'hui, 4 ans plus tard, nous nous aimons toujours. Nous avons toujours des rêves, des projets. Nous avons traversé ensemble la période la plus mouvementée de nos vies : celle où l'on se cherche sans jamais se trouver. Nous avons beaucoup changé, tous les deux, en 4 ans. Pourtant, nous n'avons jamais cessé de nous aimer.

J'avais besoin d'écrire notre histoire, ici. Notre histoire comme toutes les autres histoires d'amour. Si nous avions écouté le monde entier, nous aurions cessé de nous aimer. Mais nous avons choisi de croire en nous. Choisissez, vous aussi, de croire en vous. L'amour peut être beaucoup plus fort qu'on ne le pense.

Je l'aimais tant.
Dieu sait combien je l'aime toujours.

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anaximandre
anaximandre @anaximandre
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