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Essais

My love

Damien Saez signe une analyse poétique et sombre de la société moderne, entre désillusions et quête de sens.

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Le soleil se lève et nous voilà encore en cette aurore de troisième millénaire, spectateurs de nos échecs, acteurs de nos futurs. On avait pourtant juré, et de Nuremberg à Sarajevo, rien n'a changé, juste la manière. Comme si l'humanité s'infligeait sa propre sélection naturelle, comme si le sang nourrissait le progrès et le progrès le sang. C'est étrange. Internet est là mais il n'y a plus d'éducation et les symboles ont pris feu. Sous des slogans de paix, la crise est née ; sous des rêves d'amour, sida et latex ont enterré le Rock. Aujourd'hui c'est Disco 2000 et dragées pour baiser. Mais n'y a-t-il rien à faire ici que supporter les fesses de cette société bien assise entre un restant d'humanité et un confort capitaliste que chacun sert dans sa main comme on sert le sein d'une nourrice.

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Et puis la France...
Un Américain disait : « La France, ha oui, c'est le pays qui se range toujours du côté des vainqueurs ». Il avait bien raison, cet Américain !
J'en ai marre d'entendre les mêmes choses à longueur d'ondes, les mêmes infos qu'on livre par kilotonnes à des milliards de légumes qui n'ont pas le choix. Non, la terre n'est pas ronde, elle est carrée, câblée et nos cœurs avec. Et puis les extrêmes montent, et puis les gens ne lisent plus, la violence devient une communication et la réflexion meurt sous des millions d'assauts quotidiens que nous livrent les Microsoft et autres fascistes de la communication. Ah la « communication », quel grand mot.
Aujourd'hui le bruit rassure et le silence fait peur.
Ce soir je viens de te laisser un message pas très joyeux car ce soir... c'est la fin d'une histoire d'amour, en tout cas la fin physique. Les êtres aimés des dieux meurent jeunes...
Au moins les lettres ont le parfum des souvenirs et des cœurs, contrairement aux conversations de nos portables.
Quand je regarde un peu en arrière, j'ai le sentiment d'un jour et d'une nuit qui se sont croisés sans jamais vraiment être nés du crépuscule ou de l'aurore qui font véritablement la beauté de la lumière et des ténèbres. Un jour...
Posée comme une étoile, il y a cette photo de toi posée sur le bureau de cette chambre d'hôtel, cette photo que je n'ai pas mais que j'imagine. Mais ce n'est pas toi qui me manque, en fait il me manque celle que je suis. Je voudrais fuir ce que je connais, fuir ce qui nous appartient, fuir ce que j'aime. Je voudrais m'en aller vers un endroit. Mais Dieu que c'est dur d'avoir seize ans, toute seule. J'ai mal à la tête et à l'univers entier et que c'est bon d'aller vite car nos jours sont comptés, chère sœur d'aventure, car nos jours sont comptés, cher frère de luxure, et le décompte va vite... Très vite...
La nuit est si belle ce soir. Il pleut et le chuchotement des gouttes berce un monde qui s'endort. C'est Dieu qui pleure ! C'est Dieu qui pleure ! Au moins nous ne sommes pas seuls. Finalement c'est un peu ça, le ciel est le vrai compagnon de larmes, c'est un peu triste mais c'est déjà ça.
À nous.

Texte écrit par Damien Saez... J'adore cet auteur...

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le_ptit_ange_a_lui
Chtite Némy @le_ptit_ange_a_lui
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