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Essais

Murmure de l'eau qui coule

Un récit poétique sur la pluie, le silence et une grossesse inattendue. Une jeune femme confrontée à l'absence et aux choix de vie.

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De l'eau qui coule, salée. Une eau qui coule, murmurant des mots dans mes oreilles. Doux bruits de plaintes, criées par le tic-tac des gouttes de pluie, se mélangeant au son de l'horloge grand-père. Plaintes hurlées tout bas, dans le mal de mon silence. Plaintes chuchotées pour ne pas réveiller celui qui dort en moi.

Deux mois déjà... Mes grands yeux bleus sont ouverts depuis des heures. Ils fixent une eau qui coule que je ne vois même plus. La vitre sur laquelle mon front est appuyé s'embue. Mes yeux aussi. Toute cette eau, tant d'eau... Dans le silence bruyant de ma maison, j'entends, celui qui fait grossir mon ventre, hurler de rage. Il n'est pas plus gros qu'un pois et déjà il comprend le poids de l'absence que tu laisses en cette vie. Double vie maintenant, n'est-ce pas ? Par ta faute... Mais, est-ce vraiment la tienne ?

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Tu es entrée dans ma vie par un simple baiser, sur le plancher de danse, dans ce bar. Tu es entré dans ma vie par une belle nuit d'été, un de ces soirs où les jupes sont courtes, où les corps sont chauds, luisants, brûlants... Il est entré dans mon corps le même soir, en même temps que toi. Deux adultes consentants, un être qui ne l'est pas encore, deux corps chauds qui se caressent et s'enlacent, un être qui n'a encore rien demandé. Avec ta semence, la graine de la vie a germé en moi.

Encore plus d'eau qui coule, froide, glacée, sur mon front brûlant. Je cours à l'extérieur de cette maison, pleine du vide de ton absence, la pluie fouettant ma peau nue. Mes yeux sont grands ouverts, bleus comme le ciel, bleus comme la mer, mais gris et sombres comme la pluie.

J'ai ri, comme je n'avais jamais ri, lorsque j'ai découvert le résultat du test de grossesse. Positif. Ridicule, non ? Pour une nuit de plaisir et de jouissance, un être était maintenant en moi, aspirant à voir le monde. Je vais l'élever, lui faire faire ses premiers pas et lui chanter la berceuse de ma mère. Je veux continuer ma vie.

Le jour court après la nuit, la nuit court après le jour, ils font le tour de ma cour...

Je chante, heureuse. Le ciel ne pleure plus, le soleil darde timidement ses rayons. Il caresse ma peau de ses mains de lumière. Ses mains sont douces, tout comme les tiennes d'ailleurs... Tiens, tu es revenu... La douceur de tes lèvres dans mon cou, sur mon corps, le parcourant, fiévreuses.

Pourquoi pas ? Encore une fois...

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