
Ma passion depuis ma tendre enfance est la danse : petite, la danse classique ; ado, le modern jazz ; et maintenant la danse contemporaine. Mon objectif a toujours été d'en faire mon métier, malgré un entourage qui me décourageait sans vraiment le dire, en concluant toujours par : « Il vaut mieux que cela reste un loisir. » J'ai toujours écouté ce genre de remarques d'une seule oreille, en gardant dans un coin de ma tête tous mes espoirs et mon rêve. J'ai donc orienté petit à petit mes choix et mon avenir vers la danse, tout en gardant des études générales.
Quand les études de danse tournent mal
Arrivée à la fac, j'ai naturellement pris un DEUG Arts du spectacle option danse et passé avec succès ma première année. Mais là où le bas blesse, c'est qu'arrivée en deuxième année, on nous apprend que ce DEUG doit fermer pendant quelques années parce qu'il y a trop de monde dans la filière ! Et on nous propose de nous réorienter en cinéma ou en théâtre comme si de rien n'était ! Certains sont donc partis en théâtre, tandis que moi et les autres, on a pris cinéma plus par dépit que par envie.
La seule personne qui a pris la bonne décision pour moi, c'est une fille qui aimait la danse classique alors que je suis plus contemporaine. Elle a pris un billet pour Paris et s'est inscrite dans une école de danse classique. Elle m'a dit de faire de même, mais ma timidité m'a toujours empêchée de me présenter à des concours. Aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'elle est devenue...
De standardiste à la recherche de ma voie
Pour ma part, j'ai validé mon DEUG et ma sœur m'a trouvé du travail dans une boîte de production prestigieuse, mais pour faire standardiste ! Moi qui ai horreur du téléphone et qui ai honte d'aller chercher une baguette de pain à la boulangerie, je me voyais mal en train d'accueillir des costards-cravates comme si j'étais la reine du bal ! Merci sœurette pour ce nouveau boulot et ce CDI, mais avec ces horaires à la con, je ne peux même pas prendre de cours de danse et mes hanches commencent dangereusement à s'alourdir... Je n'ai tenu que 7 mois.
Voilà un peu mon parcours : je suis vraiment déboussolée. Metz, Paris, et maintenant Lyon chez ma mère, où elle a suivi son cher et tendre... Lyon c'est bien, j'adore, alors je cherche un petit boulot. Mais je ne peux toujours pas me payer de cours de danse, j'ai vraiment beaucoup de poids à perdre, le peu de souplesse que j'avais s'est envolé et mes problèmes de cœur me font plonger tête la première dans le pot de Nutella !
L'idée folle de rejoindre l'armée
Une petite idée mûrit cependant tout doucement dans ma tête. Mon copain est dans l'armée et depuis qu'il y est rentré, il a perdu beaucoup de poids, ça lui a bien réussi. Il y a beaucoup de rigueur, comme dans la danse... Et les filles que côtoie mon mec me snobent parce que je ne fais pas partie du clan des « mili ». Eh bien c'est ce qu'on va voir ! Je me dis que j'en suis aussi capable que les autres, mais ma timidité m'empêche d'en parler à qui que ce soit, et l'idée même d'y penser me fait rougir de honte. Je me vois, moi la petite brindille, au milieu d'un tas de monsieurs muscles en train de pousser des cris de guerre !
En fait, l'idée est plutôt séduisante : j'ai toujours eu la fibre du MacGyver ! J'en parle mine de rien à ma mère et elle prend l'idée très au sérieux ! Elle me dit : pourquoi pas, il faut que tu essayes. Le lendemain, nous voilà parties pour le centre de recrutement de l'armée de terre et moi, rouge cramoisi, je broie la main de ma mère en attendant qu'on nous reçoive !
La préparation aux tests de sélection
Je dois passer un test de sélection dans 4 mois et je fais peine à regarder. Mes parents me font comprendre que je n'y arriverai pas sans entraînement, alors ils m'inscrivent dans un club de forme ! Ça c'est cool, mais après la deuxième journée là-bas, je ne peux déjà plus descendre les escaliers... J'essaye de reprendre la course à pied que j'ai arrêtée depuis le collège... Je cours 5 minutes et j'ai l'impression que je vais mourir !
Bref, je maintiens quand même le rythme et passe le test de justesse, mais j'y arrive. Et je comprends alors que ça ne fait que commencer : 8 mois de formation militaire m'attendent et je pense que ça va être les mois les plus durs de ma vie...
Bilan : deux ans et demi dans l'armée
Ça fait maintenant 2 ans et 6 mois que je suis dans l'armée et je me demandais justement pourquoi j'avais atterri là (c'est entre autres pour ça que j'ai écrit tout ça !) ou plutôt pourquoi ai-je autant dévié de mon but initial ? Je pense que c'est plus par dépit qu'autre chose : j'avais envie de me prouver que je pouvais y arriver, tout en me disant que ça m'aiderait peut-être à vaincre cette timidité si attachée à moi !
Dans tous les cas, la timidité s'est presque envolée mais le regret de ne pas encore avoir atteint mon but dans la danse est toujours bien présent ! Et je me réveille à 25 ans, je veux arrêter l'armée (disons que dans 2 ans mon contrat se termine et que je ne vais pas le renouveler) et je n'ai aucune formation en danse et plus aucun moyen d'en avoir, même si depuis 6 mois j'ai repris la danse contemporaine et j'ai commencé la salsa.
Peut-on devenir danseuse professionnelle à 25 ans ?
Le sport n'est plus un problème pour moi aujourd'hui (je cours facilement mes 6 kilomètres deux fois par semaine) mais mon corps est plus musclé qu'élancé, sympa comme physique pour une danseuse !?
Alors j'aimerais savoir s'il y a un moyen, à 25 ans, de commencer quelque chose dans la danse contemporaine, parce que toutes les écoles que j'ai vues demandent une expérience professionnelle de minimum 2 ans pour pouvoir être acceptée et suivre la formation !
Le travail ne me fait pas peur et je me dis que si je ne tente rien aujourd'hui, je serai vraiment passée à côté de ma vie ! Alors dites-moi : ai-je une chance de réaliser mon rêve ?