
Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé le lundi 17 juillet 2006, ce jour funeste où je suis passé près de la mort, ce jour maudit où mon cousin a essayé de me tuer.
Une invitation chez mon cousin à Bizerte
Je suis parti à Bizerte (une ville au nord de la Tunisie) chez mon cousin. Ce dernier m'avait invité chez lui afin de m'entraîner et développer mon endurance, ma force, mon agilité... Je suis arrivé à Bizerte samedi soir. Mon cousin m'avait prévenu qu'il serait un entraîneur dur, et là-dessus, il n'avait pas menti. Pendant la journée du dimanche, il m'a surentraîné à tel point que lorsqu'on est revenu chez lui, je suis allé tout de suite me coucher.
Mais le lendemain, la journée du lundi — ce jour dont je me souviendrai jusqu'à ma mort — l'entraînement a plus que dépassé mes capacités.
L'escalade périlleuse entre deux plages
Nous nous sommes réveillés à 5 heures du matin. On a pris un petit déjeuner, puis mon cousin m'a expliqué le programme de la journée : il y a une chaîne de petites montagnes reliant les deux plages (la première plage « la Grotte », la deuxième « Aïn Damousse »), nous allions escalader cette chaîne de montagnes. Puis, une fois arrivés à destination, nous prendrions le bus pour rentrer. J'ai accepté, croyant qu'il savait ce qu'il faisait.
Nous partîmes donc à 7 heures, tous les deux habillés de nos maillots de bain et de nos tee-shirts. Moi, je portais un harpon et mon cousin un sac où il y avait une bouteille d'eau « chaude » et un tee-shirt de rechange pour moi.
Nous avons marché au moins 2 km avant d'arriver à « la Grotte ». Là, je compris que cette chaîne de montagnes était un parcours fou, gigantesque, trop dur pour quelqu'un comme moi qui n'a jamais fait d'escalade.
Je vais abréger cette escalade en quelques lignes : on escaladait cette chaîne sans équipements, la bouteille d'eau était terminée, nous avons dû à plusieurs reprises nous jeter à l'eau tout habillés d'une hauteur de 10 m, et à la fin je compris que la « petite chaîne » de montagnes faisait 10 km (ce n'est pas une façon de parler).
Abandonné dans la forêt d'Aïn Damousse
Quand nous terminâmes l'escalade, mon cousin — dans son infinie fidélité — s'empara de nos affaires et de notre argent, prit le bus et s'en alla, me laissant à 12 km dans la forêt d'Aïn Damousse, perdu. Et le pire, c'est qu'il était 18 heures et que si la nuit tombait alors que j'étais encore dans la forêt, je pouvais facilement être dévoré par un loup ou un sanglier (et là je précise qu'à Bizerte, il y en a beaucoup).
J'ai erré longtemps dans la forêt. La faim et la soif me déchiraient l'estomac. La fatigue n'arrangeait rien. J'étais complètement épuisé physiquement et moralement. Je marchais, marchais, marchais, mais il n'y avait toujours rien... Que dalle, rien du tout.
Le sauvetage inespéré
Enfin, à 20 heures je pense, je suis arrivé près d'une petite maison (elle aussi au milieu de nulle part). Là, je fus intercepté par les chiens de garde...
Au moment même où ils allaient m'attaquer, quelqu'un derrière moi a crié :
— Arrête !!
C'était le maître de ces bestioles qui était venu pour me sauver. C'était un garçon de 17 ou 18 ans tout au plus, un campagnard d'après ce que je voyais. Il m'a demandé sans autre préambule :
— Qu'est-ce que tu viens faire dans ce trou perdu ?
— Je suis perdu, lui répondis-je.
— C'est où, ta maison ?
— À la corniche de Bizerte.
— Il y a une station à 3 km d'ici. Vas-y et tu seras à la maison dans une heure.
— Je n'ai pas d'argent.
— Tu as soif ?
— Oui !
Il rentra dans sa maison puis en sortit avec une bouteille d'eau fraîche et une pièce de 1 dinar. Il m'indiqua le chemin et me dit de me presser avant que la nuit tombe.
Retour à la maison
Malgré tout, je suis arrivé à temps à la gare. Là, je pris le bus qui, à 23 heures pile, me déposa un peu loin de la maison, mais dans la ville.
À minuit, j'étais à la maison, sain et sauf. Et mon cousin était là pour me dire qu'il savait que j'allais m'en sortir.
Je voudrais avant tout remercier le garçon qui m'a sauvé, même si je sais qu'il ne connaîtra jamais le Net.
Et comme dernier point, je voulais préciser que mon cousin n'est autre qu'un membre de FJ, son pseudo est cérafa.