
Azazel, ou la naissance d'un Gangrel
Sa vie n'a pas été remplie de faits extraordinaires. Le 25 juin 1990, John Seilern naquit. Il vécut pendant toute son enfance dans une petite bourgade à l'est des États-Unis. Contrairement aux autres, il ne passa pas une jeunesse joyeuse et paisible : les jeunes enfants ne cessaient de se moquer de lui pour des raisons toujours plus extravagantes et, plus on se moquait de lui, plus il se renfermait sur lui-même. Lorsque la souffrance se faisait trop grande, il allait se réfugier au cœur de la forêt située derrière sa maison. Les animaux s'étaient peu à peu habitués à sa présence et ne prenaient plus peur lorsque le jeune garçon venait se réfugier. Il s'était mis à leur parler, ils étaient ses amis... Au début de son adolescence, il découvrit les mouvements satanistes, gothiques... Il devint très vite un adepte pratiquant des cultes obscurs qu'il réalisait seul, dans sa chambre, dès que ses parents trouvaient le sommeil.
La nuit d'Halloween 2005 : le destin de John
Le soir d'Halloween 2005, les gamins du quartier n'avaient pas été particulièrement tendres avec John. Les mauvaises plaisanteries, les œufs pourris, les serpentins avaient fusé... Sa colère était à la hauteur de sa haine envers ses bourreaux. Il se retira dans la forêt et s'enfonça profondément, plus encore qu'il ne l'avait jamais fait. Il courait, marchait pour reprendre son souffle, recourait, remarchait... Il atteignit alors une clairière. Elle n'était pas très vaste mais n'était pas non plus minuscule. En son centre se dressait un très petit dolmen, qui lui fit penser à un autel pour les rites païens. Il s'en approcha prudemment, jusqu'à poser ses mains dessus. Une idée germa alors dans son esprit : pourquoi ne se vengerait-il pas des nombreux préjudices qu'il avait subis ? Il se baissa, ramassa une écorce et, lentement, commença à tracer un pentagramme tout en récitant des incantations, répétées des heures durant. Pendant qu'il préparait son rite, il ne remarquait pas la brume qui se déplaçait au sol et qui, doucement, enlaçait ses chevilles, repartait puis revenait...
La rencontre avec Kestrell
Quand le jeune homme leva les yeux, il poussa un cri : à un demi-mètre de lui, de l'autre côté de l'autel, se tenait une femme. Elle le regardait. Elle était jeune, et surtout très belle. Ses longs cheveux noirs lui tombaient au milieu du dos. La peau pâle de son visage contrastait avec la noirceur de ses pupilles, visibles par la fine fente de ses yeux. À cause de la pénombre de la nuit, le jeune homme ne pouvait distinguer le regard plein d'envie ainsi que les canines de plus en plus longues de la femme.
— Qui... Qui êtes-vous ?
— Je suis Kestrell, propriétaire des lieux.
— Pro... Propriétaire ? Cette forêt est à tout le monde, elle n'a pas de propriétaire...
— C'est vrai, je ne possède pas de contrats d'achat ou autre paperasse dans le genre mais j'y vis depuis plus de temps que tu ne peux l'imaginer... Là n'est pas la question. Tu dois te demander pourquoi je suis là, ici, maintenant, en train de te parler.
— Un peu, oui...
— Si je suis ici, c'est pour te proposer une vie meilleure. La tienne n'est pas très agréable si je ne me trompe ?
— Non, pas trop.
— Je t'ai observé pendant un certain temps et j'ai vu que tu avais une vie où la fuite était souvent ta seule solution, mais que tu venais aussi te réfugier ici. Tu y trouves le réconfort et tu respectes ceux qui t'entourent. Ce caractère me plaît énormément. C'est pourquoi je te propose une autre vie dans laquelle tu seras respecté, voire même parfois craint. Mais tu dois savoir que si tu choisis de me suivre, tu devras renoncer à toutes les choses qui te sont chères.
— Ma vie n'est que railleries et moqueries. Je n'y ai rien de cher. Qu'importe ce que vous me proposez, ce ne peut être que mieux que ce que j'ai aujourd'hui.
— En es-tu sûr ?
— Parfaitement.
— Alors c'est d'accord...
La transformation en Vampire
La voix de la femme mourut en même temps que son corps disparaissait et qu'une brume épaisse enveloppait le corps de John. Il essayait de rester calme mais la peur, puis la terreur, envahissaient progressivement tout son être.
Une présence se fit sentir juste derrière lui. Il voulut se retourner mais un être puissant lui bloquait les épaules. La couleur de la peau de ces mains sur ses épaules était la même que celle du visage de la femme. « Comment une femme d'apparence si fragile peut-elle être aussi forte ? » se demanda-t-il.
Il n'eut pas le temps de réfléchir à cette question : une douleur aiguë venait de se manifester au niveau de son cou. La mystérieuse femme venait de planter ses crocs dans le cou frais et ferme du jeune homme. Il se sentit progressivement perdre connaissance et tomber dans les bras de la femme. Il ne put entendre la dernière phrase de celle-ci :
— Bienvenue dans le monde des Vampires...