
Il y a sept mois, j'étais une fille de 18 ans heureuse. Je sortais depuis 2 ans et 6 mois avec un garçon que j'aimais profondément. Nous étions à quelques mois d'habiter ensemble. Mais au bout de deux ans et demi, j'avais l'impression d'être enfermée, de manquer de romantisme et d'imprévu. Le fait est que nous nous voyions tous les jours. Il venait dormir chez moi, chez ma mère, tous les jours. Nous étions tout le temps ensemble. Il m'avait proposé, comme la suite logique des choses, de louer un appartement à nous deux.
Peur de l'engagement : comment tout a basculé
Mais j'ai pris peur. Je n'avais que 18 ans, j'étais encore à l'école et donc je n'avais pas de revenus. Il me reprochait ce manque de revenus et me prévenait tous les jours des choses que j'aurais à faire en habitant avec lui. Je sentais comme un filet se resserrer autour de moi, un filet impossible à desserrer. Alors, les choses ont commencé à déraper.
Les disputes étaient de plus en plus fréquentes. Inconsciemment, je faisais échouer notre couple — je ne l'ai compris que plus tard. Lui faisait de plus en plus d'efforts pour attirer mon attention : il me préparait des petits plats, me faisait des câlins... Et moi, je m'éloignais de lui.
Il faut dire que les choses avaient changé depuis que j'avais découvert qu'il avait l'intention de sortir avec ma meilleure amie. Notre couple a failli casser à cause de ça, mais j'ai tenu le coup. J'ai tenu 4 mois. Quelque chose était cassé entre nous, quelque chose de confiance. J'avais peur de lui, sans trop savoir pourquoi.
Quand la tentation mène à la rupture
C'est alors que j'ai rencontré un garçon dans ma classe. Ce garçon m'attirait et me paraissait être l'opposé de mon copain. Alors, de plus en plus, je me fichais de mon copain, celui qui était pourtant l'homme de ma vie. J'idéalisais l'autre garçon. Il me faisait des avances, il était très persuasif et avait un charme dingue. Il m'était impossible de résister à son charme. Probablement a-t-il senti la faiblesse en moi à ce moment-là.
Alors un week-end, tout a vraiment basculé entre mon copain et moi. Une violente dispute a éclaté et il est parti de chez moi. Et moi, je n'ai pas essayé d'arranger les choses, parce que je me suis dit que l'occasion était « trop belle » pour finir cette histoire d'amour.
Désillusion et chute dans l'alcool
Le lendemain, je cédais à ce garçon, sûre à ce moment-là que tout irait mieux pour moi, que finalement mon copain n'était pas l'homme de ma vie. Cependant, je me suis trompée. Ce garçon avait déjà une copine et s'offrait de petites aventures dès qu'il le pouvait. Il m'a larguée en me disant qu'il me considérait comme sa petite sœur. J'étais alors perdue.
J'ai alors rencontré un peu par hasard un copain à mon ex. Il était barman et je ne sais pas trop comment on a fini par sortir ensemble. Il était là, me soutenait, il était mon oreille. Mais c'est comme ça que j'ai commencé à fréquenter les bars. Je buvais gratuitement — mon copain était barman — et ne m'en privais pas. Tout ce que je voulais, je l'avais : de nouveaux « amis », des discussions « intéressantes », des jeux d'argent... Je n'étais plus seule, du moins je le croyais. J'ai délaissé mes études et passais ma vie à boire, à fumer. Je séchais les cours pour me reposer de la veille et me levais pour aller boire. Rien n'allait plus.
Très vite, je me suis rendue compte de mon erreur. J'ai largué le barman. Mais j'étais devenue une habituée, comme on dit dans les cafés. J'avais mes cafés habituels, mes heures et surtout mon débit de boisson.
Pendant ce temps, mes études passaient un peu à la trappe. Je ne foutais déjà rien en classe car j'ai toujours réussi sans étudier et en faisant le minimum. Il me suffisait d'écouter les cours pour réussir. Mais là, je n'étais jamais là et je suis considérée maintenant comme un élève libre. Au moindre petit truc, on peut me virer de mon école.
Prendre conscience de ses erreurs pour avancer
C'est alors que je me suis rendue compte que j'aimais toujours mon copain. J'ai décidé de reprendre contact, mais il ne voulait plus entendre parler de moi. Il a eu sa dose de souffrance et je le comprends. J'attends toujours qu'il me permette de revenir et de recommencer sur de bonnes bases, beaucoup plus solides. Il faut dire que je suis certaine que c'est lui l'homme de ma vie et je ne m'explique toujours pas pourquoi tout s'est passé comme ça.
Pourquoi je buvais ? Ça, je le sais maintenant. Pour oublier mon erreur, ma culpabilité, pour arrêter de me tracasser. C'était comme si je voyais ma vie d'en haut et que ça ne me concernait plus.
J'ai réussi à me sortir de mon début d'alcoolisme et à me stabiliser. Je fréquente toujours de temps en temps un café que j'apprécie beaucoup pour les amis que j'y ai, mais je ne bois plus sauf dans des occasions spéciales (fêtes, anniversaires...). Cependant, l'homme de ma vie ne veut toujours pas revenir vers moi. Il veut bien que nous parlions sur le net, mais ne veut plus de contact réel avec moi. Il a beaucoup souffert et a du mal à me refaire confiance. Mais c'est l'espoir de le retrouver un jour qui me fait vivre. Si je n'avais pas cet espoir, ça fait longtemps que je ne serais plus de ce monde. Plus rien ne m'intéresse à part mes souvenirs, à part cet amour que je lui voue. Plus rien n'a de goût pour moi.
Les leçons à retenir de mon expérience
Si j'écris ça, il y a plusieurs raisons. Tout d'abord, boire ne résout rien et au contraire crée des problèmes plus graves. Il ne faut pas que ça arrive encore à quelqu'un d'autre... Ne buvez pas pour oublier, c'est dangereux. L'alcool est une drogue dangereuse.
Deuxièmement, je voulais vous dire de mesurer la chance que vous avez. Ne pas tout plaquer sur un coup de tête sous peine de le regretter et de faire souffrir la personne qui est avec vous. Si moi j'avais su ça. Si j'avais lu un texte comme celui-ci, je n'aurais jamais agi ainsi. Il ne faut plus que ça arrive à personne. J'avais besoin d'extérioriser tout ça...
Merci d'avoir lu.