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Essais

Mes Moires 2° chapitre

Deuxième chapitre de mes mémoires : entre projet de film ambitieux, amitiés intenses et délires nocturnes. Une plongée délirante dans l'esprit d'un étudiant en quête de sens.

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Projet de film et soirée Halloween avec Aldandine

(dans la suite logique des choses)

ÇA Y EST !!!! ÇA... Y... EST !!!!!

Je me lance enfin dans mon prochain film. Un bon film là où y a des gens en costard qui marchent sur la Croisette en écoutant du dIRE sTRAITS dans des Cadillac roses, ouais ça ça déchire comme idée.

Pour le soir d'Halloween, Aldandine et moi nous étions fait une petite soirée pépère en louant un film pépère et en mangeant un riz cantonais décongelé bien pépère pour couronner le tout (tout ça était il faut l'avouer sacrément pépère). Ocean's Eleven était le dit-film loué. Étant donné que nous sommes des cinéphiles avisés, nous évitons de regarder un film en mangeant, parce que soit tu rates la moitié du film en te baissant pour prendre ta bouffe, soit tu bouffes pas du tout car tu es obnubilé par la fabuleuse scène d'action dans laquelle George Clooney sort son énorme bip dans l'intention de bip bip Julia Roberts qui est bip complètement à poils la chiennasse... Nan j'déconne il ne se passe rien de tout cela dans le film, je déconne mon petit George (George est un vieil ami à moi, on a fait les 400 coups ensemble).

Pendant que nous mangions (vous pouvez vérifier vos Bescherelles, cette conjugaison de l'imparfait du subjonctif existe bel et bien) notre riz cantonais – con c'est pour la vie – une émission hautement inculturelle sur des adolescents se faisant mutuellement peur passait à la télé ; on regardait car il n'y avait que ça. Ha oui, on pouvait aussi se farcir une émission dans laquelle un clown maquillé discute avec un gros et ridicule extraterrestre qui n'a rien d'extra, dans le but de faire gagner à de nobles moutons humains une arbalète violette plutôt qu'une Ferrari Enzo : OUAAAAAAAAAAAAAAA, COMME C'EST PASSIONNANT !!!!!!

C'est dans ces moments-là que je me dis qu'heureusement que le cinéma existe.

— Hé, c'est dingue, la gouinasse là, elle aurait pu gagner un scooter à 5000 euros rien qu'en prenant des petits serpents et en les foutant dans une éprouvette géante.

— Et alors, répondis-je à Aldandine, qu'est-ce qu'elle a gagné ?

— Un lot de bougies Halloween d'une valeur de 21 euros.

— Je l'ai toujours dit : la peur des femmes pour les serpents fera qu'un jour elles perdront un magnifique scooter à 5000 euros.

— T'as strictement jamais dit ça Aragorn.

— Je sais !

— Stanley a appelé.

— Et qu'est-ce qu'il m'a dit ce vieux filou ?

— Il t'a pas parlé vu que c'est moi qui avais le combiné.

— Toi... Toi... (regard à la De Niro)... Toi... Toi tu... Tu tu m'cherches là ou quoi là ?

— Il a dit qu'on pouvait passer chez lui quand on veut car son pater est pas là.

— Génial !!

— Par contre si on peut il faudrait amener de la bouffe, des boissons, des draps, du Canigou pour le chien, et des capotes si on veut... si on veut souquez les artifices.

— Hmmmmmmmmmmmmmm... d'accord.

— ...

— ...

— No comment.

Une fois le riz fini, nous prîmes quelques crêpes au chocolat, des yaourts à la fraise, des litchis, puis une glace triple chocolat chacun, que nous entamâmes devant Ocean's Eleven. À la fin du film, je dis à Aldandine (de toute façon je vois pas à qui d'autre qu'elle j'aurais pu le dire) ces quelques mots :

— Putain ça y est, ça m'a trop donné envie de commencer un prochain film.

— Tu pourras prendre Brad Pitt dedans ?

— J'eusse bien aimé mais je crois qu'avec notre maigre budget de zéro euro ce soit impossible.

— Comment ça tu rigoles ? Je peux te trouver un max de blé en un rien de temps sur internet, je pourrais être la productrice.

— Oui mais je préfère me démerder tout seul pour les films, tu vois, pour ne pas être reconnu que parce que j'avais un gros budget. De toute façon j'ai pas besoin de beaucoup d'argent.

Le lundi suivant : recrutement de l'équipe

Je parlais à Stanley de ma nouvelle idée de film, et lui demandais de jouer dedans ; Stanley est mon acteur fétiche, il a joué dans tous mes films (c'est-à-dire deux à ce jour).

— Mouais si tu veux, me répondit-il.

Nous étions en train de marcher sur le parvis de la FAC en direction de l'amphi dans lequel allait se dérouler notre cours de communication et psychologie sociale, de loin notre cours préféré, avec celui de communication... des oreilles, ou de l'inconscient je crois. Stanley et moi vouons un véritable culte pour ces deux professeurs.

— Par contre, ajouta Stanley, est-ce que le tournage sera aussi pénible que pour tes deux autres films parce que...

— Ben étant donné que je n'aurai pas de limite de temps, ce sera beaucoup plus cool mais on va passer plus de temps à approfondir chaque plan. Étant donné qu'on aura le temps.

— Hmm d'accord. Heu, je suppose que tu vas encore faire un truc avec des gars en costard qui marchent sur la Croisette en écoutant du dIRE sTRAITS dans des Cadillac roses ?

— Heu, j'y ai pensé oui.

— Génial. Est-ce que mon rôle sera un peu moins craignos que pour ton précédent film ?

— Ben j'ai pas encore écrit le scénario mais j'aimerais justement te donner un rôle qui soit différent de tout ce que tu as déjà joué.

Nous étions tranquillement installés quand notre cher prof A (c'est pas son vrai nom vous vous en êtes douté) pénétra l'amphi sous l'acclamation de tous les étudiants présents soit environ beaucoup. Il esquissa son légendaire sourire à la Peter Browning (vous savez le personnage joué par Robin Williams dans Hook) et nous dit bonjour avec une voix à la fois grave et respectueuse. Il était vêtu d'un pantalon en cuir moulant et d'un sweat-shirt Matrix (les tous derniers que l'on ne trouve que sur internet), et trahissait son autorité en rendant sa voix aiguë quand il répétait un mot que nous n'avions pas compris, car il avait la fâcheuse habitude de terminer ses phrases dans un murmure, comme s'il était en train de mourir et qu'il disait là ses dernières paroles. Cela donnait à peu près ceci :

— Dans les groupes il y a des individus.

— Quoi ?

— Des INDIIIVIDUUUUS.

— Ah d'accord.

J'envoyais ensuite un mot à Pomedepin pour lui demander de jouer dans mon film, elle en était ravie, mais elle me posa tout de même quelques questions :

— Je vais jouer quoi ?

— Le rôle d'une femme.

— Nan mais ça je m'en doute mais plus précisément ?

— Ben en fait je sais pas si tu seras plutôt la fiancée de Stanley, ou celle d'Hannibal, ou la mienne, tu seras peut-être liée contre Stanley et moi ou alors tu seras avec nous, mais je pense que tu seras surtout une personne qui devra être futée et très prudente car beaucoup de choses seront en jeu pour toi, je pense que tu seras plus attirée par des intentions personnelles et mystiques, anciennes, plus que par l'argent, contrairement à moi dont ce ne sera que presque l'unique raison – pas vraiment l'unique mais presque – parce que Stanley se rapprochera de toi en ce qui concerne le fait que lui aussi il sera motivé par des raisons d'éthique, de principes donc je pense que tu seras la fiancée, et je parle officiellement, d'Hannibal mais qu'en fait tu seras avec Stanley au niveau de l'amour tu vois car le truc c'est que vous partagez des intérêts communs, c'est ça le truc, les intérêts. En fait je crois que le film s'appellera Intérêts Partagés.

— Tu as écrit le scénario ?

— ...nan...

— Mais tu vas le faire ?

— Ben je pense que ce sera pas nécessaire – BIEN SÛR QUE JE VAIS L'ÉCRIRE T'ES FOLLE ?

— Bien. Hahaha ça me fait hyper plaisir de jouer dans un de tes films ça va être génial c'est complètement fou j'ai rien compris mais c'est ça qui est génial.

— Oui ben me fais pas un orgasme dans l'amphi en plein cours.

— Pffff.

J'ai remarqué que « pffff » est une expression typiquement féminine qu'elles emploient pour manifester... leur... heu... leur pfffetement. L'amour c'est comme une cigarette : ça brûle et ça monte à la tête. C'est hors sujet mais bon.

Octave : mon ami, mon inspiration

Je vous ai jamais parlé d'Octave, quoi ? JE VOUS AI JAMAIS PARLÉ D'OCTAVE PUTIN.

C'est fou. Octave a dit « les quelques gouttes de tequila que tu vas renverser ici peuvent provoquer un raz de marée à l'autre bout du monde, alors... ne t'abstiens pas ». C'est beau, non ? Octave c'est mon amant d'amour platonique, qui sort avec la fille que je voulais sortir avec avant et que j'ai tellement gonflée à parler d'elle que du coup il est sorti avec elle, vous voyez un peu la relation ? La fille en question c'est Grenouille, elle est adorable, c'est une grenouille avec des cheveux noirs de jais, et une mystériosité ambiante et en même temps accessible qui fait tout son charme, et quand on la connaît, elle est toujours mystérieuse alors que... on la connaît... quand même. Octave parfois je l'appelle Octavio et ça me fait beaucoup rire.

Jamais je n'avais noué une amitié aussi forte, aussi sincère et aussi soudée en si peu de temps. Comme tout couple qui se respecte, on s'engueule souvent et quand l'un n'est pas d'accord avec l'autre ça peut durer des heures. Avec Octave on peut (peut est un faible mot) rester des années, une éternité à discuter ; l'un de nous lance un sujet à la con et l'on ne s'arrête d'en discuter que quand la mooort nous sépare, et je dis bien la mooort et non pas la mort.

La mooort est une notion que nous avons inventée spontanément et que l'on ne s'est jamais expliquée, car on la comprenait et on la partageait. Pour Octave et moi, la mooort c'est un tas de choses ; les cours au lycée c'est la mooort, se parler au téléphone c'est la mooort, crier la mooort à 5 heures du mat' c'est la mooort. De la même façon que l'on peut discuter éternellement sur tout et n'importe quoi, je peux discuter de lui éternellement sur tout et n'importe quoi. On s'est rencontrés sur un monumental fou rire en cours de terminale, à parler de sketches d'Élie Semoun, spontanée comme rencontre nan ?

Octave coûte 99 francs, car il est un rebelle et en même temps un modèle de la société de consommation, il écoute Saez ce qui en est bien la preuve. Octave et moi sommes la meilleure source d'idées quelles qu'elles soient, bonnes, mauvaises, saugrenues, maléfiques, absurdes, intemporelles. On est des incompris qui ne comprennent rien, mais qui se comprennent ce qui est l'essentiel. L'ADSL et le chat furent inventés par un visionnaire qui savait que des gens comme Octave et moi existeraient. Octave, je ne l'ai pas vu arriver, je ne l'ai pas vu venir, il est arrivé par surprise et il a été surpris par ce qu'il surprenait et qui était surpris.

Octave c'est un pessimiste joyeux, et non pas un joyeux pessimiste, il n'aime rien et pourtant il aime n'importe quoi, au sens de « c'est n'importe quoi ! ». Un jour avec Octave, on s'est bourré au vin rouge JUSTE pour appréhender artistiquement une balade sur le fleuve du Var, on était comme dans un film, dans ce paysage de nature sublime qui nous enveloppait, nous portait, nous aidait, on dévalait les rapides en perdant nos shirts et en hurlant de rire. « Bois ceci car c'est mon sang », en parlant du vin rouge.

Octave a un jour deviné mon Q.I. au chiffre près, moi je ne l'ai pas fait car il n'a pas de Q.I., il surpasse cette notion de la même façon que pour lui rien n'a d'importance, à part la mooort, vous comprenez ? Voilà donc quand je vous reparlerai d'Octave vous saurez à quoi vous en tenir.

2 heures du matin : le délire commence

Je deviens fou. FOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOUFOOO. En ce moment-même il est 2 heures 01 et 31 secondes. Octave m'a vendu, ce traître a donné mon adresse e-mail à quelqu'un qui m'a fait me rendre chèvre pendant au moins une demi-heure ; je vous explique.

Je reçois sur MSN un message me disant que telle personne m'a ajouté dans la liste de ses contacts, je ne refuse jamais un contact de plus, à part quand c'est un virus. Donc cette personne commence à discuter avec moi et me sort que c'est une fille que je connais depuis qu'Octave nous a présentés cet été, que je l'ai vue samedi soir dans le vieux Nice alors que je sortais d'un resto dans lequel j'avais fêté l'anniversaire de ma copine Marylin, qu'elle était avec des amis, qu'elle est blonde, qu'elle mesure 1m69, qu'elle a les yeux verts clairs, et tout un tas d'autres indices précis qui pourtant ne m'éclairaient pas davantage.

Hu, comment dire ? Je suis une brebis que l'on aurait déposée au milieu d'un élevage de loups atomiques vêtus de combinaisons violettes, me dévisageant et me disant que je ressemble plus à un quadrilatère rond qu'à une chèvre mais je leur dis mais non je suis une brebis ha ouais une brebis qui parle c'est nouveau et vous des loups qui parlent c'est nouveau aussi oui mais nous on est des loups atomiques alors ça explique le pourquoi que l'on va faire c'est t'ouvrir la boîte crânienne et y mettre des idées et des principes fondamentaux comme tu n'auras jamais de petites copines Aldandine n'existe pas c'est toi qui l'as inventée mais non tu peux demander à Hannibal et à Stanley elle existe ils l'ont vue et on a écouté dIRE sTRAITS et puis elle est jolie non non tout ce que tu peux prétendre être réel c'est que ta chambre est pareille ton appart aussi tu es bien en train d'écouter Freak On A Leash de Korn tout ce que tu connaissais avant n'est peut-être plus vrai tu es en phase de transition tu es en train d'esquinter les oreilles avec ce casque et ce son à fond comment pourrais-je apprécier les subtilités de Korn si je suis une brebis regarde-toi tu ne ressembles qu'à un individu pourri par l'argent et la bienveillance nan je ne veux pas je m'habille différemment nan tu t'habilles comme les films que tu regardes le veulent tu es conditionné tu es perdu mais je suis heureux oui mais tu cours à ta perte je ne veux pas il faut que tu utilises l'analyse transactionnelle que tu as apprise en cours d'analyse transactionnelle mais je ne vois aucun problème il faut que tu écrives il faut que quelqu'un te dise qu'il y a un problème il y a toujours un problème pourquoi y a-t-il toujours un problème alors que tout allait bien pourquoi faut-il que je sois une brebis et que des loups atomiques en combinaison violette me fassent chier alors que tout va bien en es-tu sûr ? NAAAAAAAAAAANNNNNNNNNNN !!!!!!

Vous voyez un peu le genre de situation ? Ça pousse à partir dans des délires indéchiffrables dont on ne veut plus sortir. J'ai besoin d'Aldandine il faut que je lui en parle. Sauf qu'à 2 heures du mat' elle doit dormir, mais je suis bête ce soir on dort ensemble elle est dans mon lit en train de dormir paisiblement... ?? Elle n'est pas dans mon lit ? Je cherche dans toute la maison pour la trouver. Où est-elle ? Je crie. Je sors dans le jardin, je l'appelle sur son portable, son numéro n'est pas inscrit sur mon portable, son nom non plus, je cherche à appeler mes amis, leurs noms non plus n'y sont pas inscrits. Quoi ? Il y a des tas de noms inscrits que je ne connais pas. Comment ? Je vais chercher une bière dans le frigo, je la bois cul sec et m'affale sur mon lit. ???????? Je m'endors...

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californialboon
Alban Bright @californialboon
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