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Essais

Merci à toi, petite Ecole Centrale Paris !

Trois ans et demi à l'École Centrale Paris pour se métamorphoser. Un parcours qui transforme l'élève de prépa en adulte accompli, entre autonomie, remise en question et découverte de soi.

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Je voudrais tirer mon chapeau à cette école qui parvient à rendre ses propres erreurs formatrices pour ses élèves. Il ne faut pas croire, tout n'est pas rose après ses années de prépa. On commence par emménager dans des chambres pitoyables que l'on partage avec son « copiaule ». On comprend alors que l'on profitait bien du confort de papa et maman. On comprend aussi que cette école n'a pas tout bon. Pourquoi mettre les premières années dans le pire des bâtiments ? Pourquoi forcer ses élèves à se rassembler sur un campus où les bâtiments ont été construits à la va-vite et ne supportent pas l'épreuve du temps ? Pour pouvoir mieux faire la fête entre nous, vous diront certains ; pour ne pas prendre la grosse tête, diront d'autres.

Une diversité d'expériences pour mieux se découvrir

Mais c'est cela aussi l'École Centrale Paris : la diversité d'expériences. Tout n'a pas le même sens pour chacun. La rentrée peut être très pénible pour une minorité. Mais il y en a aussi beaucoup qui vivent très bien les premières semaines pour se rendre compte un peu après que oui, il faut travailler. Et encore mieux : il faut apprendre, et apprendre principalement sur soi. Apprendre à voir qui l'on est, ce que l'on veut faire dans la vie.

Formation généraliste : entre faiblesses et richesses

Il n'y a pas à attendre de cette école un travail tout mâché. Elle vous montre juste quelques voies à suivre ou à mépriser. C'est une école qui forme des ingénieurs généralistes et c'est là toute sa faiblesse et toute sa richesse. Combien es-tu critiquée, petite école ! Combien te reproche-t-on de ne survoler que maladroitement les matières, de nous proposer des cours parfois tout à fait honteux ! Et oui, parce qu'en effet, il y a de quoi rougir lorsque l'on ouvre un polycopié d'électronique de seconde année. Comment accepter d'écouter quelqu'un qui ne se comprend que lui-même et qui refuse de traduire les sigles qu'il utilise, comme s'il vous refusait l'accès à la jet-set ?

Apprendre l'autonomie : un enseignement essentiel

Lorsque l'on prétend donner un cours général, il faut savoir être à la hauteur et ne pas comprimer un cours de spécialiste en un cours incompréhensible. Mais on te pardonne car, à côté de cela, tu nous as permis, tu nous as forcés à mettre notre nez dans des bouquins, dans des sites Internet pour mieux comprendre. Tu nous as appris à être autonomes dans notre apprentissage et n'est-ce pas cela, la vie ? Il n'y aura personne derrière nous pour nous montrer où est le problème dans l'entreprise où l'on travaillera. Il n'y aura personne derrière nous pour nous dire où chercher le fonctionnement de ceci ou cela. C'est alors que nous aurons peut-être recours à tes polycopiés ou aux bonnes vieilles méthodes de travail « à l'arrache » que nous pratiquons tant à Centrale.

Se découvrir pour choisir sa voie professionnelle

Mais enfin, tu réalises le plus difficile que l'on puisse te demander, petite école. Tu nous ouvres les yeux sur nous-mêmes. C'est parfois douloureux mais tu ne nous laisses jamais totalement seuls après. Nous sortons tout juste de notre prépa, nous n'avons jamais bien réfléchi à ce que l'on voulait faire. Papa, maman ou ceux que l'on admire ont fait prépa. Alors on s'est jeté éperdument dans cette voie en pensant que la fin des années de prépa est une victoire et la fin de nos peines. On est rentré à l'École Centrale Paris par hasard, c'est ce que l'on a réussi à intégrer tout simplement.

Mais non, on avait tout faux ! Il va falloir comprendre en trois ans et demi ce qui nous convient le mieux et si ce n'est pas une vie d'ingénieur, ce ne sera pas une vie d'ingénieur. C'est parfois avec horreur que l'on s'aperçoit que l'on n'a pas dans l'âme la force de se battre, d'imposer nos idées, de faire avancer avec nous les autres pour construire ce que l'on a à construire : un pont, une gare, un avion, une voiture. Mais rien n'est dramatique avec toi, car tu nous proposes alors de nous rediriger vers notre passion, de suivre des cours en université à côté, de partir à l'étranger terminer nos études, de faire de la recherche en laboratoire, de vivre notre vie, quoi !

Merci à la direction des études pour toutes ses maladresses bourrées d'idées profondes.

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marqui
marqui @marqui
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