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Essais

Même après la mort

Elle était ma raison de vivre. Quand elle a mis fin à ses jours, elle a emporté une partie de moi. Un récit bouleversant sur le deuil, l'amour et l'effondrement.

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Je me réveille, la bouche pâteuse, les pensées embrouillées, pas tout à fait en place.

Puis, tout revient comme un boomerang. C'est comme si je me prenais une gifle en pleine figure. L'espace d'un instant, j'avais pourtant oublié.

Je me lève douloureusement, je suis sur le parquet de ma chambre, courbaturée après m'être endormie à même le sol. Voilà quelque temps que je ne vis plus, je survis. Je mange de quoi me tenir debout et je dors quand mes yeux ont trop pleuré pour rester ouverts. Je me laisse choir lentement vers ma mort, moi aussi, sans résistance, sans point d'appui. Le néant, et rien que le néant, m'envahit.

Elle a tout abandonné. Pire : elle m'a abandonnée.

Une déprime, une crise existentielle, et elle bascule. Je l'avais pourtant encouragée et prise au sérieux, mais ça ne l'a pas empêchée de lâcher prise. Et cette froide nuit de novembre, où la lune brillait dans un ciel noir, elle a tout lâché. Maintenant, elle n'est plus de ce monde. Cette dernière nuit, elle m'a envoyé un simple SMS : « je t'aime ».

Ça fait maintenant trois semaines.

Et comment faire quand votre seule raison de vivre met fin à ses jours ? Comment rester debout et ne pas perdre pied ?

Alors j'ai pleuré, pleuré, pleuré, jusqu'à ce que je n'en sois plus capable. J'ai l'impression de manquer d'air, d'étouffer, de me noyer. Non, je ne suis rien. Elle était nous.

C'était la meilleure chose qui me soit arrivée. Même si je ne lui ai jamais dit, je l'aurais aimée quel que soit le prix. Je lui aurais donné même ma vie si elle me l'avait demandé.

J'ai vu mon reflet, je l'ai vu. Je ne suis pas vivante. Je ne suis qu'une âme perdue, dans un corps maintenant pitoyable : les joues creusées, les yeux rouges et cernés. La mort est déjà inscrite sur mon visage.

Je me souviendrai d'elle au-delà de la mort. Elle est gravée au fer rouge dans mon esprit, mon corps, mon âme et mon cœur.

Je me sens seule, je me sens vide. Elle était ma raison de vivre. Je ne suis plus sans elle. Je me meurs.

Laissez-moi doucement me transformer en ombre et disparaître. Ne cherchez pas à me rattraper, j'étais liée à elle. Je suis morte il y a trois semaines.

Je t'aime, moi aussi.

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lenna
lenna @lenna
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