
Avant d'écrire ces mots, « maudite salade », je ne soupçonnais pas à quel point cette résonance serait précise. À quel point cette simple phrase cristallise exactement ce qui dysfonctionne en moi à l'instant présent.
Obligation, routine, mère, prison, illusion. Une existence vécue dans un rêve éveillé, un théâtre où tout s'active pour que rien ne change réellement.
Des excuses paresseuses, un cynisme laid envers une vie qui m'a pourtant tout offert, qui m'a grandi toutes les portes possibles. Et sur ces portes, je crache. Devant elles, je m'assois et je ris. Devant elles, je fais les cent pas, simulant un dilemme quant à l'entrée, à l'envie d'aller voir ce qui se cache de l'autre côté.
Pfff... Balivernes.
Mon esprit ne se tourmente pas. Il ne réfléchit pas. Il pense à cela comme il se convainc qu'une serrure lui est interdite.
Stupide.
Parmi toutes les opportunités, il choisit la plus belle avec la myopie de l'instant présent et, parce que celle-là est entrouverte, il refuse de regarder ailleurs. Cette porte n'est peut-être même pas la bonne, et plus le temps s'écoule, plus les autres se referment doucement, définitivement, pour ne plus jamais s'ouvrir.
Mais qu'importe.
On se construit des châteaux de sable et on se couronne reine de tous les palais du monde simplement parce qu'une passage est accessible. On se raconte qu'il n'y a plus rien à faire, qu'il suffit de traverser le seuil pour réussir.
C'est ce que l'on se dit, ce que l'on se répète en boucle, ce à quoi l'on se conditionne à croire aveuglément. Et lorsque la petite voix intérieure tente de faire entendre le cliquetis sinistre des portes qui se ferment, on la jette immédiatement au cachot. On renforce le donjon, y ajoutant toujours une serrure de plus, pour être absolument certain de ne plus être dérangé dans sa contemplation hypnotique de cette porte qui, un jour ou l'autre, finira par claquer violemment au visage.