
Nous voyons tous fleurir sur les forums, chats et autres salons de discussion des réflexions, remarques a priori banales, sur le fait que la France ne serait plus la France, qu'elle serait aujourd'hui le pays des « bougnoules », « bamboulas » et autres noms pour le moins péjoratifs. Si vous êtes d'accord avec eux, vous pouvez d'ores et déjà arrêter la lecture de cet article ici, car je ne vais pas les encenser...

Cet homme représente le choc qu'ont subi tous les républicains, de gauche comme de droite, au soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Il est en effet arrivé deuxième derrière Chirac, mais ça, tout le monde le sait. À présent, terré dans les bas-fonds de son quartier général de Saint-Cloud, il attend et envoie sa fille Marine — quoi qu'on en dise, plus télégénique que lui — prêcher la bonne parole dans quelque émission télévisée politisante (France Europe Express sur France 3, Sept à Huit sur TF1...). Parfois, il sort de sa tanière et apparaît dans une émission sur la télévision publique où il n'a convaincu personne (100 minutes pour convaincre sur France 2).
Mais le danger actuel est que la bête a reniflé une odeur de haine et de xénophobie dans le sud, plus précisément dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et qu'elle compte s'y présenter aux élections régionales l'an prochain, en vue de devenir Présidente du Conseil Régional, aux pouvoirs élargis par la réforme récente de la décentralisation : aux urnes, citoyens !
Xénophobie sur Internet : l'anonymat comme bouclier
Ce parfum de peur de l'étranger peut aussi se sentir sur le Net (Internet est inodore, me direz-vous). En effet, de nombreuses personnes se plaisent à penser que l'anonymat procuré par le réseau mondial peut leur permettre d'afficher leurs opinions ouvertement xénophobes, pour ne pas dire carrément racistes.
Certains pensent qu'on doit les y autoriser, au nom du principe constitutionnel de liberté d'opinion, ce que je pense aussi. Mais en contrepartie, nous avons le droit de pouvoir discuter avec eux. Or quand on discute avec les partisans de l'extrême, on s'aperçoit que leurs arguments reposent finalement sur peu de choses :

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Tout d'abord, il est nécessaire de rappeler à ceux qui ont oublié leur histoire que la France ne s'est pas faite en un jour, mais est le fruit de métissages multiples, aux confluents de l'Europe de l'Est, des péninsules Ibériques et Italiques, et de l'Afrique... Que celui qui n'a pas d'ancêtres étrangers parmi ses trois générations d'aïeux me jette la première pierre...
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Pratiquement tous utilisent le mot de « races », dans le sens d'espèces humaines différentes, terme qui, avec ce sens, a disparu depuis une trentaine d'années — et oui, si peu ! — de nos dictionnaires...
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Beaucoup de personnes pensent que les immigrés nous ont « envahis », ce qui est faux dans la mesure où la France, durant ce que l'on a appelé les « Trente Glorieuses » (1945-1975), a fait appel massivement à de la main-d'œuvre immigrée bon marché et peu contraignante, afin d'assouvir sa croissance en marche, venant du Maghreb ou d'Afrique Noire ; croissance qui a permis à la France de se développer et d'atteindre son niveau de richesse actuel...

- Enfin, pour ceux qui pensent que la délinquance vient des immigrés, je leur répondrai que la délinquance vient des cités. La même chose ? Non, pas du tout. Le pourcentage de familles d'immigrés dans les cités-dortoirs est plus élevé que dans tout autre lieu d'habitation.
Comment comprendre l'intégration par l'inversion ?

Prenons un petit exemple : la France devient tout à coup le pays le plus pauvre du monde, mais on peut vous faire travailler en Grande-Bretagne pour pas cher (mais quand même de quoi vous nourrir puisqu'en France vous crevez la dalle). Un million de Français s'exilent en 20 ans pour nourrir leur famille et sont tous logés au même endroit dans des immeubles construits à la va-vite parce qu'on n'avait pas prévu les infrastructures. Comment voudriez-vous que la communauté française s'intègre à la population anglaise ? Et qu'elle parle l'anglais ? De plus, la méfiance des Anglais envers les Français depuis des siècles les entraînerait à des moqueries et insultes perpétuelles...

Transposez ce cas aux pays du Maghreb et vous comprendrez ce qui se passe aujourd'hui en France... Que peut-on opposer à la naïveté, l'ignorance, la haine et le mépris ? La discussion, le dialogue, la concertation... et surtout glisser dans l'urne un autre bulletin que celui de l'extrême...
Je tiens toutefois à dire que quoi qu'on en pense, et quoi qu'en dise le gouvernement au pouvoir, on peut être républicain, laïc et de gauche (j'ai pas dit socialiste, pas folle la guêpe !), sans forcément dire amen au Che (véhément).
Réveillons-nous ! Sus aux fascistes !