
Une rencontre marquée par la souffrance
Au début, tout se passait super bien ! On a commencé à faire connaissance dans un camp. On était tous les deux plutôt mis à l'écart des autres jeunes qui passaient leur journée à rigoler, jouer ou danser. On était tous les deux en train de souffrir intérieurement. Nous vivions des moments très difficiles : lui, la mort de son grand-père qu'il venait d'apprendre par téléphone, et moi, l'immense culpabilité d'avoir laissée seule ma meilleure amie qui venait de perdre son père que j'ai vu mourir à l'hôpital.
Une amitié née dans la solitude
Nous étions toujours à l'écart et, malgré notre timidité, nous nous sommes très vite lié d'amitié. Sans doute parce que nous avions besoin de quelqu'un pour nous consoler et qu'on se sentait trop seuls au milieu de tous ces gens.
Le soir, tout le monde est parti dormir et nous, nous sommes restés dans la cuisine à bavarder de tout et de rien. Vous vous demandez sûrement : mais pourquoi dans la cuisine ? Je ne peux pas répondre à cette question. Nous étions dans la cuisine et nous y sommes restés toute la nuit jusqu'au matin. Jamais je n'oublierai cette nuit de toute ma vie. Quand les autres jeunes ont commencé à se réveiller un par un, nous sommes enfin partis dormir.
Un week-end inoubliable
Il m'a dit que sans moi ce week-end aurait été le pire de sa vie et que grâce à moi, ce fut un week-end exceptionnel. Je ne lui ai rien dit, mais j'en pensais autant. Quand je suis rentrée chez moi, j'étais en même temps très heureuse d'avoir fait la connaissance d'un garçon aussi sensible et en même temps aussi fort.
Après ça, on se parlait au téléphone tous les soirs. Il me racontait sa vie. C'était un jeune garçon de 18 ans et pourtant il avait une maturité incomparable, due à toutes les épreuves et les difficultés qu'il avait traversées. Moi, je l'écoutais, je le conseillais et j'étais heureuse de servir à quelque chose. J'étais fière de l'aider et de constater qu'on avait besoin de moi.
Entre amour et amitié
On se voyait de plus en plus et chacune de nos rencontres se transformait en un moment inoubliable. Il a pris en quelques mois une place énorme dans ma vie. Il était présent tous les jours dans mon quotidien, je ne pouvais plus me passer de lui. J'adorais cette relation à mi-chemin entre l'amour et l'amitié.
La déclaration qui a tout changé
Un soir, il m'a avoué ses sentiments. Nous parlions comme d'habitude de tout et de rien, puis il m'a dit : « Je dois te dire quelque chose de très important. Je t'aime et ça depuis la toute première fois où je t'ai vu. » Je suis restée sans voix pendant un moment, prise d'une émotion indescriptible. Il m'a dit que je n'étais pas obligée de lui répondre quoi que ce soit et j'ai donc préféré lui dire que je voulais dormir.
Oui, au début tout se passait super bien !
La trahison et la douleur
Et un jour, juste après lui avoir dit que je l'aimais aussi, j'ai appris par une amie en commun qu'il avait déjà une petite amie. J'ai été bouleversée, jamais je n'ai autant pleuré.
Quand je lui ai demandé des explications, il m'a dit que c'était moi qu'il aimait, que sa relation n'allait pas durer, qu'il voulait me faire sa déclaration après l'avoir quittée mais qu'il n'avait pas pu se retenir, qu'il avait du mal à larguer une fille, etc. J'aurais dû lui dire que je ne voulais plus le voir. Oui, j'aurais dû, mais je ne l'ai pas fait. J'étais naïve et amoureuse, une combinaison très dangereuse !
La tentative de pardon
Pendant quelques jours, je ne répondais plus à ses appels et à ses SMS incessants. J'étais d'une tristesse impossible à vivre ! Je me suis alors dit que je ne pouvais pas vivre sans lui. Je lui ai dit que je voulais bien lui pardonner cette erreur s'il se rattrapait en quittant cette fille le plus vite possible, ce qu'il m'a bien évidemment promis.
Il m'a redonné la joie de vivre et le sourire en deux temps trois mouvements. Je me sentais beaucoup mieux. Le seul problème, c'est qu'après une semaine, il n'avait toujours pas largué sa petite amie. Après une longue et douloureuse nuit blanche, j'ai décidé de mettre fin à cette relation qui me rongeait de plus en plus... Je me suis dit : je suis une fille bien, droite, et je n'ai fait de mal à personne. Pourquoi je ne méritrais pas quelqu'un qui me respecte !
La rupture et ses conséquences
Le matin, je lui annonçais ma décision, qu'il a très mal prise. Les premiers jours, j'allais bien. J'étais fière d'avoir été forte et d'avoir pris la bonne décision. Je me suis sentie adulte et responsable.
Mais voilà que plus le temps passait, et plus je ressentais un énorme manque. Il avait pris une trop grande place dans ma vie et du jour au lendemain, je me suis retrouvée toute seule. Pendant presque 4 mois, je lui parlais au téléphone tous les jours pendant des heures, je le voyais très souvent et je pensais à lui constamment. Sans lui, ma vie a été d'un ennui tuant.
Le deuil impossible d'un premier amour
Un mois plus tard, je pense encore à lui tous les jours. Malgré que nous ne soyons restés ensemble qu'une semaine, ses souvenirs me hantaient. Chaque petite chose de la vie me faisait penser à lui, comme si nous étions mariés depuis plusieurs années.
J'ai vu mes résultats scolaires et ma gaieté légendaire baisser considérablement. Hier, j'ai appris que sa petite amie l'avait quitté et j'ai failli craquer et l'appeler, mais heureusement qu'on m'en a dissuadé.
Très bizarrement, je n'arrive pas à le détester. C'est comme si je continuais à l'aimer chaque jour un peu plus, comme quand nous étions « ensemble ». Parfois je me dis, pour me rassurer, que c'était une bonne chose que nous soyons restés ensemble que quelques jours, car je l'aimais tellement fort que ça m'aurait tué de le perdre après plusieurs mois ou plusieurs années.
Aujourd'hui, je voudrais le serrer encore dans mes bras et chaque fois que mon téléphone sonne, j'espère secrètement au fond de moi que mon écran affiche son nom.