
Deuxième chapitre : révélations
Douglas écrivait frénétiquement sur un petit calepin. Il était sept heures du matin. Carson était blonde. Le soleil se levait tranquillement à l'ouest, dévoilant ses rayons jaunes éblouissants, perçant les nuages joufflus, séchant la rosée qui perlait sur les roses, symboles de l'Angleterre. Douglas péta si fort que ça réveilla Carson.
— Ha ! cria Carson. Tu es immonde, Douglas.
— Je sais, dit-il sur un ton énervé.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Carson.
— Ce type m'énerve.
— Le mec qui nous suit ?
— Évidemment.
— Qu'est-ce que tu notes sur ton calepin ?
— Rien. Des bidules, une liste de courses. Je vais descendre en ville pour acheter ces bricoles.
— D'accord, tu reviens à quelle heure ?
— Je sais pas.
— Je vais aller faire un tour chez moi pour récupérer des affaires.
— D'accord, dit Douglas.
La rencontre avec Swinger
Dix minutes après, Douglas roulait à 30 miles à l'heure sur sa Vespa bleu ciel. Il se gara sur Waterloo Road. Une Triumph Bonneville s'arrêta à côté de lui, peinte aux couleurs du drapeau britannique. Un homme était dessus et riait, avec un petit casque arborant le même motif.
— Salaud ! lança Douglas.
— Non, c'est pas la peine d'essayer, dit Swinger (le mec sur la moto, c'est Swinger, au cas où vous auriez pas remarqué).
Swinger avait son pistolet pointé sur Douglas, alors que ce dernier avait la main à la poche et n'avait pas encore dégainé son arme, un Colt 25 que je préfère au... quoique en fait non.
— Sympa ta monture, dit Swinger.
— Qu'est-ce que tu veux ? dit Douglas.
— Hier soir j'ai rencontré une jeune Italienne, elle m'a emmené dans son appartement. Très charmant comme petit nid.
— Oh !... MERDE.
Douglas renfourcha sa Vespa et fila vers Fleet Street. Il arriva devant la St Paul's Cathedral, fit 37 mètres et se gara devant un immeuble. Il monta au premier étage et entra dans un appartement qu'il connaissait bien : celui de Carson. Il était complètement bordélique. Par terre, il y avait une petite culotte vert clair à rayures mauves et à pois marron clair.
— Carson ! dit Douglas.
Il descendit en trombe et roula à tombeau ouvert (40 miles à l'heure) jusque chez lui. Il rentra dans son appartement et vit Ornella Dunchapo, à poil, attachée et bâillonnée, avec de la peinture jaune sur le corps, une pomme dans la bouche, et une carotte dans le... la... oublions ! Douglas détacha Ornella et lui retira la pomme de sa bouche. Elle dit :
— Tu peux m'enlever la carotte qu'il y a dans mon... ma... oublions ! Je crois qu'on s'est fait avoir par ce sale Anglais, n'est-ce pas, Elbano Ecco ?
TINTINTINTIN !! TINININ !! ININ ! N
Carson captive chez Swinger
Carson était allongée sur la banquette de la Mini Austin de Swinger, attachée, bâillonnée. Elle criait de toutes ses forces — on ne l'entendait pas, bien sûr — et se débattait.
— Ça sert à rien de te débattre, dit Swinger. Je suis le roi des nœuds, de tous les nœuds... tous. T'as compris la blague ? Tous les nœuds, les NŒUDS... bon, c'est pas grave. Et puis je vois pas pourquoi tu te débats, sérieusement. Je pensais que tu allais me sauter au cou, me couvrir de bisous. Tu n'as pas compris, c'est ça ? Pourtant j'en ai laissé des signes. Ha, on arrive chez moi, je vais pouvoir te détacher.
Swinger gara l'Austin dans son garage et porta Carson jusque dans son appartement. Il la détacha et dit :
— Voilà, je t'ai détachée.
— Vous ne saurez rien ! dit Carson.
— Mais je ne veux rien savoir, Carson.
Swinger la regardait en souriant. Il dit :
— Tu es vraiment belle. Ton père avait raison.
— Qu'est-ce que vous racontez ?
— T'as toujours pas compris ?
— Non, désolée.
— Qu'est-ce que cet andouille de rital t'a raconté ?
— C'est vous le rital.
— Nan, nan, le rital c'est lui. Ce mec-là s'appelle Elbano Ecco (les deux « c » se prononcent « ch »), il travaille pour la mafia. Il doit te soutirer des informations pour détourner le compte de ton père.
— C'est pas ce qu'il m'a dit. Il m'a dit que VOUS étiez l'Italien, que VOUS vouliez me soutirer des informations, et que lui travaillait pour mon père, pour me protéger.
— Ha, ma pauvre fille, comme tu es conne. Je ne travaille pas pour ton père. Je travaille pour le gouvernement britannique.
La vérité sur la mission
— Qu'est-ce que le gouvernement britannique a à voir là-dedans ?
— Ton père n'est pas un vilain qui veut détourner de l'argent. Le gouvernement britannique l'a contacté pour coincer un vilain Suisse qui faisait du méchant détournement d'argent. Ma mission au sein du gouvernement britannique est de vous protéger de ceux qui essaient de détourner le compte de ton père, c'est-à-dire la mafia.
— Il y a quelque chose qui me turlupine...
— Turlu... quoi ?
— Turlupine ! Pourquoi le gouvernement britannique veut capturer ce vilain ?
— Parce que les Français ne sont même pas foutus de s'occuper de leurs problèmes, alors de ceux des autres ; que les Allemands n'ont qu'eux que des problèmes des autres ; les Italiens s'en occupent mais de la mauvaise façon ; les Belges sont trop cons (ben quoi, c'est vrai !) ; le Luxembourg, je savais même pas que c'était un pays ; les Hollandais, ils ont fumé trop d'herbe ; les Espagnols, ils ont trop chaud ; les Américains auraient bombardé la moitié de l'Europe ; et les Japonais, ils n'entendent rien d'autre que leur propre langue. Alors forcément, on fait appel à nous.
— D'accord, mais c'est quand même un hasard si j'adore l'Angleterre et que mon père m'y envoie pour être protégée.
— Hé oui ! Mais moi aussi il y a quelque chose qui me turlubite, dit Swinger. Tu n'as jamais demandé de preuves à ce rital, comme quoi il travaillait bien pour ton père ?
— Heu, non.
— Effectivement, tu es vraiment conne.
— Je t'en demande à toi, par contre.
— Oh, comme c'est intelligent. Tu vas les avoir, je vais appeler ton père.
L'appel téléphonique
Swinger prit son téléphone rouge qui était posé près de son lit, il tapota dessus, mit le combiné à l'oreille et attendit.
— Allô ? M. Leglas ?... Oui, c'est Albans (on ne prononce pas le « s », oui il y aura encore un jeu de mots à la con. D'ailleurs en parlant de ça, j'ai oublié... boh c'est pas grave, j'en trouverai un autre)... (je n'ai pas mis mon prénom car comme par hasard c'est le personnage principal du bouquin, mais c'est parce que c'est le seul prénom que j'ai trouvé)... (Hé oui, Albans est le personnage principal du bouquin)... oui... je suis avec votre fille... oui oui c'est bon, tout est arrangé... vous allez rire... oui... elle croyait que c'était lui qui la protégeait... oui... ha qu'est-ce qu'elle est conne... heu non... non monsieur, je ne me permettrais pas... mais c'est vrai quoi, faut être con pour... comment ?... que j'arrête de... mais... je... c'est que... je vais vous la passer, elle veut des preuves.
Albans (c'est Swinger, mais maintenant on connaît son vrai prénom, il faut suivre sinon on va pas s'en sortir) passa le téléphone à Carson. Il la laissa discuter avec son père et s'approcha de la fenêtre. Sur le trottoir de la rue en bas de son immeuble (Carnaby Street) était garée une Volkswagen bleu ciel avec des fleurs vertes et violettes dessinées dessus, une AC Cobra grise avec deux bandes blanches, une Healey Silverstone verte britannique, une Lotus Super Seven verte et jaune, une MG TC rouge, une Triumph TR 4A noire avec deux bandes blanches, et une sublime Jaguar XKSS verte britannique. (Ça vous étonne, cette fabuleuse culture des voitures, hein ? En fait j'ai des fiches sur Les Voitures Britanniques De Couleur Bleu Ciel Avec Des Fleurs Vertes Et Violettes Et Grises Avec Deux Bandes Blanches Et Vertes Britanniques Et Vertes Et Jaunes Et Rouges Et Noires Avec Deux Bandes Blanches Et Vertes Britanniques Des Anciennes Années.) Toutes ces voitures étaient entreposées devant le Café Des Voitures Britanniques De Couleur Bleu Ciel Avec Des Fleurs Vertes Et Violettes Et Grises Avec Deux Bandes Blanches Et Vertes Britanniques Et Vertes Et Jaunes Et Rouges Et Noires Avec Deux Bandes Blanches Et Vertes Britanniques. Et puis voilà.
Carson s'approcha d'Albans et lui dit :
— C'est bon, je te crois maintenant.
— Ha ! dit Swing... Albans, c'est ce que je voulais entendre.
— Mais alors, dit Carson, qu'est-ce qu'on va faire ?
Albans se retourna vivement vers Carson et la regarda sérieusement. Il la prit par les épaules et lui dit :
— Tu sais ce qu'on va faire à partir de maintenant ? Eh bien il va falloir segre chkresyufidsjuio termoun le hgufks... HA MERDE !!
— Tu viens de gâcher une belle réplique, là.
— Oui je sais. Avant tout, il faut que nous fassions quelque chose de très important. Il faut niquer !!
— Ben tiens !
Une heure passa, et Albans et Carson étaient allongés nus sur le lit. Albans dit :
— Bon ! Quand est-ce qu'on nique ?
— Ha merde, j'avais oublié ! dit Carson.
Carson et Albans niquèrent pendant deux heures comme des calorifères ayant trouvé des joints d'étanchéité de conduit d'évacuation de climatiseurs de morgue.
Chez Elbano Ecco
De son côté, Elbano boudait, pendant qu'Ornella se trémoussait au son de Sookie Sookie de Steppenwolf. Elbano prit son Colt (que je préfère au PPK) et y enfourna un chargeur plein de cartouches. Il arma le pistolet et tira sur la jambe gauche d'Ornella. Celle-ci s'effondra sur le sol en hurlant. Elbano donna un méchant coup de pied dans les dents de la jeune Italienne qui étouffa un beuglement de douleur. Il logea une balle dans sa tête, prit son corps amolli par la mort, l'accrocha à un fil de fer jaune à l'aide de 6783 pinces à linge rouges. Puis il se réveilla en meuglant.
Ornella lui enfonça alors un fer brûlant dans la bouche, puis un couteau dans le ventre, puis un... dans le... (à vous d'imaginer), puis elle se réveilla.
Un chat bleu qui se trouvait rue Rastataloupuduku, Hajharbidstani, Inde, enfonça ses griffes dans une souris orange à pois verts et se réveilla avec un collier d'écrous dorés autour du poignet Nord.
Un « écrivain » du nom d'Albans Bright décida subitement d'arrêter de fumer des touches de piano acoustique d'opéra pakistanais quand il se mit à relire le paragraphe suivant :
La vie est belle, tout est logique, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, 2 plus 2 font 4, je ne vois pas pourquoi j'arrêterais de dire des conneries sous prétexte qu'il existe des juifs antisémites aimant la purée au boudin et exerçant le noble métier de gardes du corps de Dark Vador, et je ne vois pas non plus pourquoi j'arrêterais de fumer des fils électriques d'abat-jour de qualité roses alors que ça s'injecte dans les cheveux, dites-le moi, DITES-LE MOI !, DITES-LE MOI !, DITES-LE MOI !!!!!!!!!!!!!
— Le-moi ! dit Carson.