
Me redressant, je regardai une nouvelle fois l'angoissant manoir dont j'avais hérité. C'est vrai qu'il était effrayant, mais j'étais heureuse de savoir qu'il avait appartenu à mes grands-parents ainsi qu'à mes arrières grands-parents. Maman, elle, avait passé toute sa modeste vie dans cette vieille demeure. Quant à mon père, il radotait sans cesse que cette maison tombait en ruine. Ah, ces deux-là, ils me manquent terriblement ; parfois j'ai beaucoup de mal à me remémorer leur visage, mais je me fais peu à peu à leur mystérieuse mort.
Le mystère du rôti disparu
Le compas de l'horloge indiquait 19 heures, les invités ne devraient plus tarder, j'étais impatiente de leur faire goûter mon rôti ! Je me dirigeai précipitamment vers le four qui dégageait une fumée noirâtre, l'ouvris et, à ma grande stupeur, je ne trouvai que de la fumée. Cherchant vainement une explication rationnelle à cette disparition, je perçus le bruit que réalisait la cloche d'entrée et, regagnant le vestibule, j'ouvris la porte qui, étrangement, résista. Cette porte qui auparavant me paraissait ordinaire me sembla soudain méconnaissable, laissant naître en moi un certain malaise.
La descente vers les sous-sols
Je m'efforçai de garder le sang froid et j'entrepris de trouver une autre sortie au plus vite. J'errai dans les couloirs sans vraiment savoir où aller quand mon regard se tourna vers un lugubre escalier. Soudain, je fus prise par une subite envie de m'y aventurer, comme si j'en étais obligée. En dépit de ma peur et perplexe à l'idée de ce qui m'y attendait, je descendis. J'aperçus enfin l'aboutissement de cet interminable escalier et je m'arrêtai net, le souffle coupé par ce que je venais d'apercevoir. Je m'attendais à tout... Sauf à ça.
Une réunion macabre
Réunis dans un immense salon, mes invités étaient là. Habillés de noir, ils avaient l'air effondrés et cherchaient du réconfort auprès des autres. Bientôt, je vis mes parents, plus tristes encore. Maman était agenouillée devant un cercueil et répandait toutes les larmes de son corps.
Ne pouvant me contenir, je m'écriai : " Maman !! "
Mais personne ne parut m'entendre. Stupéfaite, je m'avançai vers Papa, qui tentait de prendre Maman entre ses bras, pour que je puisse en faire de même. Je ne fis que passer à travers eux.
Pétrifiée, mes yeux se posèrent sur la plaque mortuaire et je vis inscrit : "".
Sous le choc, je fis quelques pas en arrière. C'était mon nom...