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Essais

Les plus mauvaises nuits

Une lettre bouleversante adressée à un être disparu trop tôt. Un texte sur le deuil, l'amour éternel et cette douleur qui transforme chaque respiration en supplice.

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Je me suis approchée de lui et je lui ai souri. Comme ça, sans aucune raison, juste par envie. Juste un désir incontrôlable et irrépressible. Il m'a souri à son tour, pas d'un sourire de politesse, mais plutôt de compréhension, et peut-être aussi de soulagement. Il m'a pris la main, et nous nous sommes éloignés de la masse qui commençait à s'étendre devant nous. Je l'ai regardé. J'ai regardé ce visage qui me manquera toujours. Le visage d'un ange, celui qui me fascine tant et que je ne peux oublier. Alors je l'ai détaillé inlassablement, il ne m'a rien dit, comme s'il n'avait pas senti mes yeux sur lui. Mais je sais qu'il s'en rendait compte, comme je sais beaucoup de choses sur lui maintenant. Maintenant qu'il est parti. Il a resserré l'étreinte de sa main, et nous avons poursuivi notre progression dans cette foule, sans nous retourner. Nous nous sommes enfin arrêtés. Il m'a encore souri, puis a posé un baiser sur mes lèvres, délicatement. J'ai succombé à son charme. Il m'a regardé droit dans les yeux, comme si c'était la dernière fois qu'il me voyait. Nous sommes restés comme ça, inertes, sans bouger durant plusieurs minutes. J'ai respecté son silence, je l'ai laissé faire, je savais. Enfin, il m'a parlé, d'une voix douce, si pénétrante et ensorcelante. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'avait dit, seulement que je n'avais qu'une chose en tête. Lui.

Un ciel d'une tristesse incomparable

Le ciel était nuageux, « d'une tristesse incomparable » comme il disait. Le vent soufflait ce jour-là, s'engouffrait dans nos manteaux, ébouriffant ses cheveux et le rendant encore plus irrésistible. Il aimait ce temps. Il disait qu'il décrivait parfaitement nos deux cœurs. Qu'il montrait nos tourments, nos douleurs et nos désespoirs. Mais ce n'était pas seulement ça. Lui pensait qu'il reflétait nos désirs et nos indécisions. Moi, cela me faisait penser à la première fois que je l'ai vu. C'était le même ciel, cette même douceur, ce même silence avant l'orage. Comme si le temps s'était arrêté.

Notre mardi, notre dernière journée ensemble

Nous sommes restés inséparables ce jour-là. C'était un mardi. Notre mardi. Maintenant ce n'est plus qu'un souvenir, le meilleur que je n'ai jamais eu et le meilleur que je n'aurai plus jamais. Je ne le savais pas, lui non plus. Peut-être était-ce involontaire, inconscient ? Je ne le sais pas. Mais c'était notre dernière journée. Celle que m'ont offertes les dieux pour me souvenir de lui ou juste celle qu'il m'a offerte pour me dire qu'il m'aimait. Mais maintenant je ne le reverrai jamais. J'ai essayé de comprendre, j'ai essayé d'accepter, mais c'est impossible. Chaque jour j'ai l'impression qu'il va surgir devant moi, chaque jour je l'attends, j'entends ses pas, sa voix dans ma tête comme s'il était tout contre moi. Mais il ne revient jamais, comme s'il m'avait complètement oubliée et cela pour l'éternité. Je voudrais mourir, pas seulement pour ne plus vivre, mais aussi pour savoir où il est parti, s'il est bien, s'il pense toujours à moi, s'il me voit. Je pleure souvent pour lui, mon ange, et je rêve de lui car je ne peux plus vivre avec lui le jour. Je ne le vois plus dans la lumière, alors je l'aperçois dans mes nuits. J'ai envie de croire que les rêves nous lient avec les Autres, les En-Allés, qu'avec la nuit tous reviennent dans nos songes, tous sont là pour nous rappeler qu'ils nous ont aimés.

Lui, mon ange

Il était beau, merveilleusement beau. Pas un dieu, mais seulement lui. Et c'était déjà beaucoup. Mon ange... Il s'assumait, comme il assumait sa vie, il s'acceptait comme il refusait son existence. Il se battait toujours pour mieux vivre et pour être bien dans sa peau, dans ses goûts ou dans ses opinions. Il écoutait les autres, il était d'une patience inébranlable et aujourd'hui il n'est plus qu'un souvenir. Il était « spécial », ce seul mot suffisait à le faire sourire. Il détestait la normalité, il voulait que tous les jours soient un perpétuel changement. Il chamboulait tout et voulait souvent virer de bord. Il n'en a pas eu le temps. C'était un romantique qui se complaisait dans la souffrance et en même temps ne pouvait la supporter. Il aimait le noir, la nuit, cet « obscursisme » l'ensorcelait. Cette vision incertaine du monde quand la nuit tombe, cette fatalité qui bloque notre regard, qui cache des mystères et des trésors plus magiques que la vie elle-même. Cette liaison qu'a la nuit avec la mort, je la ressens plus que jamais maintenant qu'il n'est plus là. Ce fanatisme qu'ont les gens en eux, cette violence, cette cruauté, cette décadence, la nuit nous les révèle aussi. C'est pour cela qu'elle est souvent le signe de la mort, de la peur et de la souffrance. Mais si nous regardions les étoiles, si nous les admirions, nous pourrions voir que la nuit est un instant insolite et improbable. J'aime croire que chaque Invisible a son étoile, et qu'ils nous sourient. Comme le Petit Prince, c'est toi qui me souris, mon ange.

Ta dernière lettre

Tu m'avais écrit une lettre. Un petit peu de toi comme tu disais, un brin de toi que je garderai toujours en moi, perdu dans mon cœur. Je ne l'ai pas encore ouverte. Je l'ai laissée sur la table et souvent je la regarde sans comprendre vraiment. Ta dernière lettre, les dernières traces que j'ai de toi. Sur l'enveloppe, mon nom, en noir, écrit de ta main. Une petite écriture droite et fine. La plus belle écriture au monde. Je l'ai souvent admirée en me disant toujours que je l'ouvrirais demain, mais en vain. Je ne sais pas si je l'ouvrirai un jour, je l'ignore. Mais j'ai si peur de ce que je pourrais y trouver. Tout ce que je sais, c'est que je veux te retrouver. Comment, je ne sais pas. La mort est-elle une solution ? Je ne crois pas, mais c'est la seule qui me vienne à l'esprit.

Si je te revois...

J'aurais espéré te voir ce soir. Comme toutes les nuits, je rêve de ton visage, mais ce n'est qu'un mirage. J'ai essayé de comprendre pourquoi tu m'avais laissée si soudainement, pourquoi tu m'avais abandonnée. Je t'assure que j'ai essayé, mais je t'en veux toujours autant. Une rancœur, une amertume, un désespoir si vif et si douloureux. Si seulement tu savais. Si seulement tu savais le mal que ça m'a fait et que ça me fait encore. Heure après heure, jour après jour. Mais si je te revois... Si je te revois, je n'aurai plus aucune lame à te planter. Je n'aurai plus rien à te reprocher. Tu serais là et je serais heureuse. C'est tout et c'est injuste. Pourquoi peux-tu me faire tant de mal en étant aussi loin ? Pourquoi mon ange ?

Tu as quitté un monde qui n'était pas le tien

Je n'arrive pas à croire que tu m'aies abandonnée. Tu as quitté un monde qui n'était pas le tien. Mais l'as-tu trouvé maintenant ? Ton monde ? Est-ce celui où je ne suis pas ? En un sens je t'en veux. En un sens je te comprends. J'avais beau t'aimer, plus que n'aurait pu contenir tous les cœurs du monde, ce n'était pas suffisant. Je savais bien que tu me laisserais. Mais si tôt pourtant... J'aurais aimé vivre avec toi, te voir sourire encore. Mais tout n'est plus qu'un rêve.

Perdue entre deux mondes

Je suis seule, plus encore qu'hier, car hier tu étais là. Aujourd'hui, chaque jour passe dans une infinie tristesse. Je n'arrive plus à pleurer, je n'en ai plus la force. Tu étais tellement tout. Moi sans toi, je ne suis rien. Sans tes yeux je suis aveugle. Sans tes mains je me perds. Et si tu savais comme je le suis, perdue. Hésitante entre deux mondes, sans savoir lequel choisir. Il me faut faire un pas, un seul. Avancer ? Rester là ? Si seulement je pouvais reculer, revenir en arrière...

Les nuits deviennent insupportables

Les nuits deviennent insupportables, comme si j'avais peur de te voir. Pourtant j'en rêve. Je ne te regarde plus en photo, j'ai trop peur de souffrir encore plus. Tu aurais dû m'emmener avec toi, tu aurais vraiment dû. Je serais allée n'importe où pour toi, j'aurais fait n'importe quoi mon ange...

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Il pleut. L'Éternel pleure avec moi, ou est-ce seulement le ciel ? Est-ce que Dieu est capable de compatir à cette douleur ? À cette douleur qui me foudroie le cœur à chaque battement ? À chaque respiration devenant un supplice ? Je ne vis plus sans toi, je dépéris, je ne fais que survivre. Je t'ai tant aimé, je t'aime encore autant et je t'aimerai toujours plus. Mais cela fait maintenant trop longtemps que tu me manques, trop longtemps que je rêve de toi sans te voir. Si seulement Notre mardi ne s'était jamais arrêté...

À toi, mon ange...

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tf2008
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