
Bon, une rencontre par internet, d'accord, c'est pas super. Mais, des fois, ça marche. Ce sont nos blogs qui nous ont rapprochés. J'étais tombée sur le sien, y'avait son MSN... Et voilà... Jamais j'aurais dû le prendre... Si j'avais su.
On se parle sur MSN, et, malheur (bonheur à l'époque), on s'entend à merveille ! Bon, d'accord, il allait avoir 18 ans, j'en avais à peine 15. Mais après tout, l'amour n'a pas d'âge ! On découvre que l'on habite la même ville, et même que l'on habite à 10 minutes à pied l'un de l'autre. Une semaine après notre rencontre internet, il me propose qu'on se voie. Moi, réticente au départ, j'accepte. Après tout, on s'entend bien, il est où le problème ? On s'est donné rendez-vous à 13h. À 15h, il m'a embrassée. J'me sentais tellement bien dans ses bras, j'me sentais en confiance. Nous sommes restés ensemble de 13h à 21h. Il y a eu une énorme tempête dans notre région, on est allés se réfugier sous un pont. Les gens nous observaient avec un petit sourire. J'étais fière, moi minuscule Baba dans les bras d'un teufeur. J'me sentais tellement bien... On n'se lâchait plus.
Quand une rencontre amoureuse tourne au cauchemar
C'était le samedi 9 juillet 2005. Sainte-Amandine. Cela faisait 1 semaine et 3 jours que l'on sortait ensemble, et 2 semaines et 3 jours que l'on se connaissait.
J'avais rendez-vous avec lui, chez lui, pour 13h30. J'étais à l'heure, même un peu en avance ! J'étais tellement pressée d'être avec lui ! Tout se passait bien, il y avait sa mère aussi. On était dans sa « 2ème chambre », là où il y a l'ordinateur. On se faisait des câlins, normal quoi.
Après, sa mère est partie.
Ce n'était pas la première fois que l'on se retrouvait seuls chez lui. On a été dans sa « vraie » chambre, là où il y a son lit. Les volets étaient fermés. On se faisait des câlins, on s'embrassait, mais rien de plus.
On en avait déjà parlé, il savait que moi, il me fallait du temps, étant toujours vierge (contrairement à lui). Mais, il m'a proposé de le faire, tout de suite. Je lui ai dit que non, je n'en avais pas envie. En plus, ça s'prévoit pas comme ça, ça manque de charme !
C'était la 2ème fois que je lui refusais depuis que l'on sortait ensemble. Cela faisait 1 semaine et 3 jours que l'on sortait ensemble (et 2 semaines que l'on se connaissait), cela me semblait rapide. Trop rapide pour moi en tout cas. Lui, habitué à sortir avec des filles de 20 ans, c'était loupé avec moi.
Enfin bref, je lui ai dit non. Il a insisté, mais ma réponse était toujours la même : « NON, j'ai pas envie !! ».
Le harcèlement et la pression d'un petit-ami
Après, il m'a fait culpabiliser : « Prouve-moi que tu m'aimes » ; « Cette semaine, à cause de toi, on a pas pu trop se voir, fais-le pour te faire pardonner »...
Je lui disais que lui, s'il m'aimait, il devait respecter mon choix, me comprendre, et être patient. Il commençait à s'énerver et me disait « j'ai été assez patient jusque-là, j'ai fait des efforts ».
Mais cela ne faisait qu'1 semaine et 3 jours que l'on sortait ensemble, il n'y a pas d'efforts, ils sont où ? Je n'avais que 15 ans, et lui allait en avoir 18...
Bref, il insistait, la réponse était toujours négative de mon côté. Il commençait à m'énerver, mais il a fini par dire « bon okay ». On a continué nos câlins...
Il a commencé à m'enlever mon pantalon. Il sentait que je me « frustrais », alors il m'a dit « t'inquiète, je ne vais pas te violer ». Alors, je me suis retrouvée en boxer et en débardeur sur son lit, enfin, dans son lit, avec lui.
Il m'a refait sa proposition. Ma réponse était toujours la même : « NON, je n'en ai pas envie ». Il insistait, il disait : « Alors si tu ne veux pas, c'est que tu ne m'aimes pas ». Je lui répondais : « T'as tout faux, ça n'a rien à voir !! ».
Quand la pression devient agression sexuelle
Pendant 1h, si ce n'est plus, il a insisté, il me disait : « Je sais qu'au fond de toi, tu en meurs d'envie, tu verras, ça ne peut te faire que du bien ! » Mais moi, je lui répondais : « Mais j'en ai pas envie, pas tout de suite, comprends-moi ! ».
Non, il ne comprenait pas.
Ça a dégénéré quand il a commencé à se mettre sur moi. Il me caressait le corps, et il a commencé à enlever son pantalon, puis son t-shirt. Je ne cessais de lui dire « arrête, j'en ai pas envie » et il ne cessait de me répondre « chut », ou encore « sois sage ».
Il ne m'écoutait pas... Je ne le reconnaissais plus. Je commençais à me débattre vraiment, mais il me serrait tellement fort ! Il commençait à caresser mon sexe, et il serrait tellement fort mes mains que je ne pouvais pas l'arrêter. Je lui disais d'arrêter mais il me disait « chut », « sois sage bébé », « calme-toi, je t'aime ! ».
Quand j'ai réussi à enlever sa main des miennes, je lui ai retiré (avec force) son autre main de mon sexe. (En fait, avec une main, il me tenait les mains, et avec l'autre, il me caressait le sexe, les seins, et les fesses.)
Il n'arrêtait pas de me dire « Arrête, je vais me vénérer », « Si tu m'aimes, fais-le, sinon, on est plus ensemble ». Je lui disais : « Je t'aime mais j'ai PAS envie ». Il me disait que si je ne le faisais pas, il me tromperait...
Il commençait à s'énerver, il devenait agressif... Il était encore sur moi, il m'a repris les mains (avec force), et il a commencé à être agressif, il était excité, il devenait quelqu'un d'autre. Il me pinçait les cuisses, il me faisait vraiment trop mal. Il me caressait encore le sexe.
Je commençais à paniquer, il essayait d'enlever mon boxer ! Je lui disais : « Arrête, j'ai pas envie, fais pas le con ». Il me disait : « Chut ! », il me comprimait, me faisait mal !!! Il me pinçait, et moi je criais !
J'ai pris toute ma force (je ne sais pas où je l'ai trouvée d'ailleurs...) et je l'ai poussé du plus fort que j'ai pu. Il était comme fou, il résistait, mais heureusement, il a fini par lâcher (je venais, sans faire exprès, de le griffer près de l'œil).
Il m'a balancé mon pull par terre pendant que je remettais mon pantalon en vitesse. J'ai été dans son autre chambre récupérer mon sac et mon manteau, il m'a rejoint et m'a dit : « Efface mon numéro, mon adresse MSN, adieu ».
Le traumatisme après une agression
Dès que j'ai quitté son appartement, les larmes commencèrent à couler en énorme quantité. Jusque-là, c'était des larmes coincées dans les yeux... J'ai éclaté en sanglots dans la rue. Je ne savais plus qui j'étais. J'étais « perdue », je ne savais pas quoi faire, ni où aller... Je culpabilisais... Qu'avais-je fait de mal pour qu'il réagisse ainsi ? Pourtant, je ne l'avais pas allumé, je ne lui ai pas donné de faux espoirs...
Merde, je l'aimais encore...
Sur le chemin, il m'a envoyé un SMS disant : « Trouve-toi un mec de ton âge, on a pas la même mentalité, dommage je t'aimais bien. À cause de toi, j'ai une égratignure près de l'œil ».
Quel salaud ! Avant, il me disait qu'il me prenait telle que j'étais, et qu'on prendrait le temps qu'il faudra, qu'il prendrait soin de moi...
J'étais assise dans la rue, je ne savais pas quoi faire. Je pleurais, je pleurais... Je me sentais sale, trahie, trompée... Amoureuse... Les gens passaient dans la rue, et me dévisageaient ! Tu m'étonnes, je suis passée près d'un miroir, et avec difficulté, je me suis regardée : j'avais les cheveux ébouriffés, j'étais toute rouge, j'avais des griffures plein les bras, et les poignets rouge sang.
Il m'a finalement envoyé un autre SMS disant : « Je ne te toucherai plus, promis... On en reparlera ».
Il m'a agressée sexuellement ? Je ne sais même pas ce que signifie ce qu'il m'a fait ! Je n'étais pas consentante et il le savait. Le pire, je crois que vu comme c'était parti, il n'avait pas l'intention d'utiliser de préservatif !! Je ne savais pas quoi faire. Pour lui, nous étions encore ensemble. Moi, je culpabilisais, j'étais encore dingue de lui, et à la fois déçue.
J'ai tellement honte...
48h après, j'ai toujours les marques qu'il m'a faites sur les cuisses... Je suis seule. Je ne repense qu'à ce qu'il m'a fait samedi, ça me hante. Je ne peux pas en parler. Je ne sais même pas définir ce qu'il m'a fait... La nuit, dans mon lit, je le sens encore contre moi, je le sens m'embrasser, je l'entends encore... « Laisse-toi faire » ; « Arrête ! » ; « Sois sage bébé » ; « Calme-toi, je t'aime » ; « Chut ! »...
J'ai honte, j'ai tellement honte...
Sur MSN, il m'a suppliée pour que je reste avec lui, il m'a dit : « Dac, on baisera plus tard, mais chacun fait des efforts » ! J'ai dit : « Tu veux que je fasse quoi comme effort ? », il m'a répondu : « Fais-moi une pipe ». Dég et re-dég. Il est comme ça, on le changera pas. J'lui ai dit, en l'aimant toujours : « Laisse tomber, tu me dégoûtes ».
Un an après : les séquelles d'une agression
Je le vois souvent en ville. On s'aperçoit, on ne se parle pas. Sur MSN, il vient me voir, nos discussions sont brèves. C'est un mec super connu. Raff, un teufeur, c'est sûr... Les marques qu'il m'avait faites sur les cuisses, j'en ai encore des cicatrices.
Mes meilleures amies sont au courant, seulement elles. Mais personne peut vraiment me comprendre, j'ai l'impression. Dans ma famille, rien ne va, j'suis plus la même, j'me sens sale. Je redouble ma seconde. Je fume. J'prends d'la drogue. À un moment, j'me scarifiais. Je suis sortie avec 2 autres garçons depuis. 1 m'a trompé (1 mois ensemble), et l'autre (3 mois ensemble), avec qui j'ai osé plus d'expériences sexuelles (je suis toujours vierge), m'a quitté je ne sais pas trop pourquoi.
Je suis heureuse que lorsque je suis avec des amies. C'est compliqué tout ça... J'me dis que le 9 juillet, à 13h30, j'veux disparaître. Mais, j'ai peur. Et j'veux pas lui faire ce plaisir.
Raff.
J'pense toujours à lui.