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Essais

Les Dieux de Nos'gurad

Un orage d'une violence inouïe s'abat sur la taverne de Gorwald quand un judicateur d'Hérodion fait irruption. Que cache la fermeture mystérieuse de la plaine sacrée de Var'Hia ?

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Gorwald avait rarement vu un orage aussi violent. Pourtant, il vivait ici depuis plus de soixante ans, et il se disait que ce n'était pas un mal : grâce à lui, les voleurs ne tenteraient aucune attaque cette nuit. Mais pour la première fois de sa vie, il craignait l'orage. Sa demeure, qui avait pourtant résisté à de nombreuses tempêtes, tremblait pour la première fois. C'était d'autant plus frappant que ses clients, bloqués là par surprise, restaient muets face au cataclysme qui semblait se déchaîner à l'extérieur.

Chaque fois que quelqu'un rompait le silence, il entonnait une prière à son dieu, dans l'espoir d'être épargné. Gorwald avait déjà posé les yeux à plusieurs reprises sur le blason aux dominantes vertes et argent, orné des runes de son dieu, accroché à l'un des murs de sa taverne. Tous étaient persuadés que cet orage était la manifestation de la volonté divine. Tous avaient entendu la rumeur qui courait.

Il y a une décade et trois jours, le Grand Conseil, qui regroupait les guides spirituels de chaque culte, avait décidé d'interdire l'accès à la plaine sacrée de Var'Hia. Ce sanctuaire, le plus grand de tous, était le plus puissant symbole de la présence divine en ce monde. Ce lieu, né du conflit entre les dieux et les puissances du chaos originel, était pour tous une terre de paix et d'harmonie où tout conflit cessait. C'est pour cette raison que chaque traité de paix signé entre les peuples se faisait au pied de la tour marquant le centre de l'immense champ de pierre s'étendant sur plusieurs centaines d'hectares.

Selon la rumeur, le conseil aurait décidé de fermer l'accès à la plaine de Var'Hia car des hérétiques auraient transgressé les règles sacrées de ce lieu. Mais depuis tout ce temps, aucune information concrète n'avait pu filtrer et le secret de la condamnation de l'accès à la plaine semblait être gardé par les plus hautes instances des cultes. De plus en plus de fidèles intrigués se massaient autour de la plaine dans l'espoir d'être informés. Si Gorwald n'avait pas sa taverne à entretenir, il aurait suivi plusieurs de ses amis qui étaient sûrement déjà en train d'attendre.

Il fut tiré de ses pensées par le bruit assourdissant de la porte de son échoppe qui s'ouvrait à la volée. Un homme était entré et refermait la porte avec difficulté, mais très vite il fut assisté par plusieurs clients qui ne voulaient pas tenter Val'héèt. Le nouvel arrivant portait une armure faite de carapaces de divers animaux que l'on trouve dans les montagnes à l'extrême Nord du continent. Aux armoiries gravées sur son armure, Gorwald comprit que cet homme était l'un des vingt-huit judicateurs du culte d'Hérodion, le seigneur de la nature. Ces hommes faisaient partie des plus respectés par les individus de leur peuple, quelle que soit leur confession, car ils étaient l'élite des chasseurs.

Dans la hiérarchie des cultes, les judicateurs, au nombre de cent, étaient le bras armé de leur dieu. Mais les judicateurs d'Hérodion étaient craints par leurs homologues des autres ordres religieux car ils avaient été sélectionnés pour leurs grandes aptitudes de pisteurs et de combattants. Comme il était difficile de trouver des hommes de leur trempe, la caste des judicateurs d'Hérodion n'avait jamais atteint les cinquante personnes.

Sa présence laissait présager une situation vraiment grave. Avec les rumeurs qui circulaient sur Var'Hia, à cinquante lieues de son établissement, l'imagination de Gorwald s'emballait.

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